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Real v PSG : Plus important qu’on ne le pense

Ce soir, à Madrid, le PSG joue un match important. Pas forcément au niveau du résultat, mais plutôt sur l’état d’esprit et ce que pourrait être la suite de saison. Et Thomas Tuchel va devoir faire des choix.

Evidemment, on peut toujours minimiser l’impact d’un match. Le PSG, qui se rend au Santiago Bernabeu ce soir, ne joue pas son avenir en Ligue des champions. Déjà qualifié, le club de la capitale est même presque assuré de finir en tête de sa poule, même en cas de défaite ce soir. Pourtant, Tuchel et certains joueurs jouent gros.

Thomas Tuchel, en première ligne

La première composition de l’entraîneur parisien avec tous les joueurs offensifs disponibles va être scrutée. Comment va-t-il gérer cela ? Va-t-il modifier son système ? Va-t-il sacrifier un joueur ?

S’il décide de rester fidèle à son 4-3-3, il existe deux solutions: mettre Di Maria au milieu ou sacrifier un joueur parmi Di Maria, Icardi, Neymar et Mbappé. S’il choisit la première option, cela impliquerait alors de sacrifier Gueye ou Verratti, ou alors de faire redescendre Marquinhos en défense centrale.

Le Brésilien a été en difficulté cette saison lorsque les équipes ont mis de l’intensité, de la densité. Et finalement, pour voir ce qu’il vaut à ce poste dans un gros match, il ne reste que celui de ce soir. Sacrifier Verratti reviendrait à se priver du joueur le plus à-même de faire la liaison entre la défense et l’attaque, mais aussi du seul joueur capable de sortir du pressing adverse avec un minimum de déchets. Enfin, se priver de Gueye ce serait avoir moins de volume de course au milieu. Mais pour le Sénégalais, c’est aussi un test. Excellent à l’aller, il avait malgré tout profité de l’apathie du milieu de terrain madrilène. Et pour lui aussi, il y a toujours le doute sur sa capacité à réaliser de grands matchs dans un contexte de très haut niveau.

Si le coach parisien décidait finalement de jouer en 4-2-3-1, l’enjeu serait de savoir si deux milieux défensifs cela suffit à ce niveau, mais aussi d’obliger les joueurs offensifs à travailler défensivement. Dans ce système, Neymar et Mbappé ne pourront pas être dispensés du travail de repli, de harcèlement à la perte de balle, sous peine de mettre le collectif en danger.

Mais finalement, si Tuchel a en tête de jouer comme cela un jour, il ne lui reste que le match de ce soir pour le tester face à un adversaire « Ligue des champions ». Le mettre en place à Dijon, à Brest voire même contre l’OL, ça n’aurait aucune valeur significative.

Tuchel, face à un vrai dilemme

Quelque soit le système et les joueurs, Thomas Tuchel est face à son premier casse-tête. Un problème de riche, ok, mais problème quand même. S’il sacrifie un joueur offensif et qu’il perd en 4-3-3, il sera fragilisé, tout en récupérant un joueur qui sera sûrement très énervé.

Alors, oui, les joueurs sont à la disposition du coach et doivent accepter les décisions. Mais ça, ce serait dans un monde idéal. Donc, malheureusement, on sait tous que ça ne se passera pas comme ça. En revanche, s’il gagne, il aura raison, mais le problème restera le même. Parce que cela signifierait que dans les matchs couperets de la fin d’hiver, un joueur offensif sera sacrifié.

S’il change de système, d’autres problèmes se poseront. S’il gagne, personne ne comprendrait un retour au 4-3-3 en février. S’il perd, il en sera définitivement terminé du rêve de voir Neymar-Di Maria-Mbappé-Icardi évolués ensemble.

D’ailleurs, s’il choisissait le 4-2-3-1, sa faculté à motiver ses joueurs et à les forcer à travailler défensivement seraient également scrutés. Et s’il se plante, c’est son travail de coach qui serait alors remis en cause.

Les joueurs jouent gros également

Comme on l’a souvent répété, La ligue 1 ne peut pas servir de valeur étalon au PSG. C’est donc en Ligue des champions que les joueurs sont jugés. Et ce soir, c’est le dernier gros match avant les huitièmes de finale.

Si les quatre offensifs veulent avoir une chance de jouer les gros matchs ensemble, ils devront travailler, courir, harceler, en plus de trouver des cheminements offensifs. Si les quatre jouent et que le contenu et l’état d’esprit ne sont pas bons, ils savent que ce sera la dernière fois qu’ils évolueront tous les quatre.

Alors, Mbappé est-il capable de travailler ? Neymar est-il capable de se fondre dans le collectif ? Les deux milieux défensifs choisis ont-ils le coffre pour compenser les déséquilibres ? Parce qu’en vérité, l’avenir du quatuor ne dépend que d’eux et de leur faculté à avoir le bon état d’esprit.

En dehors des choix offensifs, il reste d’autres éléments importants. Si Marquinhos redescend en défense central, quelle sera la réaction de Kimpembe ? A droite, alors qu’on sait que le PSG cherche un latéral, Meunier joue aussi une partie de son avenir, lui qui n’est déjà pas forcément apprécié par Tuchel. Une saison c’est long et ça se gère. Il faut tenir compte de la confiance, des égos, de la forme physique. Chaque choix peut avoir un impact. Et ce soir encore plus que les autres.

Ce Real-PSG ne revêt pas une importance extrême au niveau comptable. En revanche, en terme de contenu, d’état d’esprit, de prestation collective, il donnera des indications sur ce que pourrait être la deuxième partie de saison du PSG. Et s’il était plus qu’un simple match de poules ?

Crédit photo : @Flo_Pernet

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