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Les options du PSG face à ManU : Que faire face à Manchester ?

Une avalanche de blessures, un jeu collectif en régression, des états de formes disparates et douteux, cette année encore le Paris Saint-Germain ne s’avance pas vers son huitième de finale de Ligue des champions dans des conditions optimales. Mais l’heure n’est déjà plus aux regrets ou aux doutes. Les options de Thomas Tuchel se sont considérablement réduites ces derniers jours, mais sa créativité tactique et les atouts qu’il pourra opposer à Manchester United, mardi soir (21h00), sur la pelouse d’Old Trafford, peuvent nous redonner confiance.

Un groupe prêt à tout

Deux éléments ont surtout marqué la rupture entre Thomas Tuchel et ses prédécesseurs : son goût pour le turn-over, qui n’aura donc pas suffit à éviter les blessures, et son inventivité tactique. Cette dernière pourrait lui sauver la mise à l’heure où l’équipe parisienne devra composer avec les absences de deux joueurs majeurs, Neymar et Cavani, en plus de celle du latéral belge Thomas Meunier.

Habitués depuis le début de saison à jongler entre les systèmes (4-3-3, 3-5-2, 3-4-3 ou encore 4-2-4 amovible) les parisiens alignés devant Buffon, certainement titulaire, devront montrer que ce travail n’était pas vain et qu’il porte des fruits qui résistent au rude climat britannique.

Marquinhos en monsieur plus ?

L’absence de Meunier, qui passe la plus grande partie de sa saison sur le banc, ne va pas modifier considérablement les plans de Thomas Tuchel. A première vue les deux possibilités qui se dégagent sont la classique défense à quatre composée de Bernat – Thiago Silva – Kimpembe – Kehrer ou, comme souvent cette saison, à cinq. Le renfort de Dani Alves à droite poussant ainsi le jeune défenseur allemand dans l’axe. La défense à cinq a l’avantage d’offrir aux latéraux parisiens une sécurité supplémentaire s’ils sont mis sur le reculoir par leur adversaire direct.

Et Marquinhos me direz-vous ? C’est là que ca se complique. S’il est aligné au milieu, ce qui est probable, alors il ne fera théoriquement pas partie de la ligne défensive. Sauf si le coach allemand décide de lui confier un rôle hybride similaire à celui qui avait été le sien face à Liverpool au Parc des Princes, le 27 novembre dernier. Lors de ce match, une référence cette saison, Marquinhos avait maintenu l’équilibre et assuré la supériorité numérique de son équipe en glissant, selon les situations, du milieu à la défense.  Cette possibilité n’est pas à exclure car, si Manchester presse haut et fort, sortir le ballon peut s’avérer difficile pour un duo de défenseurs centraux. Sans oublier que le brésilien aura aussi probablement pour mission de contrôler les montées d’un Paul Pogba éblouissant depuis le départ de José Mourinho en l’accompagnant jusque dans sa surface, jouant ainsi de fait le rôle d’un cinquième défenseur.

Un milieu à trois…

Le choix d’une défense à quatre offrirait la possibilité de jouer à trois au milieu en gardant trois joueurs à vocation offensive. Mais Tuchel en a t-il vraiment les moyens ? La réponse dépend de la capacité de Paredes à tenir la longueur physiquement et tactiquement dans un match de haute intensité avec des coéquipiers qu’il découvre encore… Dans le cas assez improbable où il serait aligné d’entrée, le PSG pourrait alors se retrouver dans un 4-3-3 qui lui est familier avec Mbappé, Di Maria et Draxler devant un entrejeu composé du trio VerrattiMarquinhosParedes.

Mais le manque de rythme de Paredes rend cette option très hypothétique, d’autant que l’entraineur parisien peut être tenté de faire un calcul assez simple : garder l’Argentin sur le banc pour qu’il prenne le relais de Verratti à l’heure de jeu. Ce qui permettrait, espérons-le, de garder une bonne tenue de balle dans le dernier tiers du match. Subir la fin de match comme contre Liverpool ou Naples pourrait cette fois s’avérer fatal.

Ou à quatre ?

Avec cinq défenseurs l’option la plus plausible serait un milieu à quatre avec Di Maria à droite, Draxler à gauche et un duo Verratti – Marquinhos. Souvenons-nous que ces deux joueurs avaient fait montre d’une belle complémentarité avant la blessure de l’Italien.  En phase défensive ce schéma permettrait de mieux couvrir la largeur et rien n’empêche d’imaginer Di Maria ou Draxler revenir parfois dans l’axe quand Paris passe à l’attaque, tout en restant une menace pour les latéraux mancuniens. Ce système a le désavantage de donner, en phase défensive au moins, une supériorité numérique au cœur du jeu au trio Herrera – Matic – Pogba. Cela peut être compensé par l’agressivité et les anticipations des défenseurs centraux parisiens et par une ligne de quatre milieux particulièrement resserrée.

Un milieu en losange avec Di Maria en soutien de Mbappé est aussi une possibilité mais elle ne semble pas privilégiée par Tuchel cette saison. Ce système a en outre l’inconvénient de dépeupler les côtés  ce qui peut être dangereux face à MartialLingard ou Sanchez.

Comment attaquer 

Sauf surprise (difficile en effet d’imaginer Choupo-Moting titulaire) le rôle de 9 semble promis à Mbappé. Ce qui, en songeant à la relative lenteur des défenseurs mancuniens, peut nous laisser avec un vague sourire aux lèvres. Verratti puis Paredes se succéderaient pour alimenter Mbappé dans la profondeur dans un rôle de « quaterback » qu’ils  peuvent, grâce à la qualité de leur jeu long, tous deux remplir à merveille. Il faudra cependant que Di Maria et Draxler multiplient les efforts pour aider leurs latéraux, profiter des brèches ouvertes par le jeune avant-centre français et offrir des solutions alternatives en attaque. Car ne doutons pas que Sloskjear, le coach de Manchester, tentera de trouver une parade à la vitesse de Mbappé.  Le placement de l’Argentin et de l’Allemand en phase offensive va donc être une des curiosités tactiques de ce match. Faut-il écarter les trois attaquants pour exploiter la largeur ou au contraire jouer un éventuel surnombre dans l’axe ? Pour tenir le ballon au milieu, le PSG aura sans doute besoin que l’un et autre viennent parfois participer à la construction du jeu en aidant le duo Verratti – Marquinhos.

 

Don’t hopecope !*

Le Paris Saint-Germain peut donc, malgré les absences, répondre aux Anglais partout sur le terrain. Les possibilités restent multiples pour Thomas Tuchel et la nécessité de mettre en place une composition d’équipe inédite rend Paris encore plus imprévisible pour son adversaire. Avec calme et confiance, Paris aura sans doute l’occasion d’exploiter les failles d’une équipe qui n’a pas de référence face à une opposition de ce calibre et de montrer enfin que le temps de l’espoir est révolu. Place aux actes !

« N’espère pas, agis ! », une maxime empruntée au dessinateur Tomi Ungerer. 

 Lawrence

visuel en tête : Florian GZD