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Une défaite en forme d’avertissement

Après une première période très intéressante mais mal récompensée, le PSG s’est liquéfié. La faute à des placements compliqués, à un manque de leaders, mais aussi à des choix de coaching incompréhensif.

Paris s’est donc incliné à Leipzig (2-1). Pourtant, les parisiens ont réalisé une première période intéressante et cohérente, à défaut d’être géniale. Le pressing était bon, les joueurs jouaient simple et respectaient le jeu. Respecter le jeu, ça veut dire faire la passe au joueur démarqué qui demande le ballon. Sans Mbappé et Neymar, c’est souvent comme ça. Ce n’est pas une critique mais un constat. D’ailleurs, ça l’est dans presque toutes les équipes qui possèdent des individualités de ce type comme Messi ou Ronaldo.

En première période, Di Maria, en manquant son penalty, a surtout manqué de donner un bel avantage à son équipe qui aurait pu mener 0-2 après à peine un quart d’heure de jeu. Évidemment, personne ne sait ce qui se serait passé ensuite. Mais en menant de deux buts, face à un Leipzig alors à l’agonie et en grande difficulté défensive, il y avait sûrement plus de chance d’aggraver le score que de se faire rejoindre.

Puis, sur le seul temps fort des allemands, Paris va reculer, un peu trop, jusqu’à retrouver Marquinhos sur la même ligne que Danilo et Kimpembe. Nkunku va alors être trouvé et avoir tout le temps de contrôler, d’armer et de tromper Navas, le ballon étant même légèrement dévié par le talon du brésilien sorti en retard.

Un coaching tardif et incompréhensif

Le problème, c’est que ce but a semblé mettre un coup de massue aux parisiens. Revenus sur la pelouse, ils furent alors mangés par Leipzig, incapables de sortir les ballons. Les lacunes et les limites des choix de Tuchel sont alors apparues au grand jour. Après le positionnement de Marquinhos, ce fut celui de Danilo qui posa problème.

Une première fois quand, face à Forsberg, il recula, recula encore, puis fut enrhumé par le dribble du suédois. Avertissement sans frais puisque ce dernier frappa largement au-dessus. Mais le deuxième fut fatal. Sur un long ballon, Danilo n’était pas aligné. C’est lui qui remit alors Forsberg en jeu. Surpris, Kimpembe fit alors l’erreur d’un geste du bras pour contrôler le ballon. Après visionnage du VAR, penalty, transformé par le suédois. Paris était mené mais il restait alors plus de trente minutes à jouer.

Mais comme d’habitude, Thomas Tuchel tarda à effectuer des changements. Gueye, Herrera, Sarabia ou encore Di Maria étaient pourtant en grande souffrance. Mais il tarda tellement que Gueye, très sévèrement, eut le temps de prendre un deuxième carton jaune synonyme d’expulsion. Paris allait finir à 10. Alors que plusieurs joueurs s’échauffaient, il passa alors quatre minutes avant de voir les premiers changements, à un quart d’heure seulement de la fin du match. Et là, alors qu’n se disait qu’il allait faire entrer un joueur pour redonner du liant, un joueur capable de trouver des passes vers l’avant, l’entraineur allemand fit entrer Kehrer et Bakker pour remplacer Sarabia et Kurzawa.

En plus de ces changements étranges, un flottement apparut avec des joueurs qui ne savaient pas où se positionner. On a cru que Florenzi passait attaquant côté droit, mais ce fut finalement milieu axial droit, Tuchel décidant de jouer en 4-3-2.

Incapable de tenir le ballon ni de trouver les joueurs offensifs, le coach parisien fit entrer Rafinha à la place de Flroenzi à la 84ème minute. Inutile. Pourquoi ne pas avoir sorti Danilo pour faire redescendre Marquinhos et faire entrer Paredes ? Pourquoi ne pas avoir sorti Herrera pour un Fadiga ? Je veux bien qu’on ait des doutes sur les jeunes, mais s’il n’est pas capable d’entrer en jeu quinze minutes face à ce Leipzig, pourquoi est-il là ?

Paris s’incline donc 2-1 et ne possède que trois points sur neuf au classement. C’est son plus mauvais bilan depuis que QSI est arrivé.

Marquinhos énervé comme rarement

Ce qui inquiète, c’est la façon dont ce PSG s’est liquéfié après l’égalisation allemande. Ce qui inquiète, mais inquiétait déjà avant, c’est la lecture des matchs de Thomas Tuchel et son coaching. Son milieu à trois, dans cette configuration, est un milieu de travailleurs. Ça tient la route tant qu’ils sont capables de courir et quand l’équipe adverse ne trouve pas de solution. Mais c’est en difficulté dès que l’adversaire a compris et, surtout, avec le ballon, ça ne peut rien proposer du tout.

Mais ce qui inquiète vraiment, ce sont les réactions de Marquinhos et Danilo en fin de match. Quand il lui a été demandé de réagir à son positionnement, il a déclaré qu’on connaissait son meilleur poste et qu’il s’adaptait à ce que l’entraineur lui demandait. Il a ajouté qu’il n’en rajouterait pas pour ne pas qu’on puisse dire qu’il y avait un problème.

Quant au portugais, il a déclaré qu’il était un milieu de terrain, mais que, lui aussi, s’adaptait aux choix du coach. Il a terminé en disant qu’il avait les compétences basiques du poste de défenseur central et que ses coéquipiers l’aidaient beaucoup pour progresser.

Thomas Tuchel voudrait mettre son équipe en difficulté qu’il ne s’y prendrait pas autrement. Mais il souhaiterait se mettre en difficulté qu’il ne ferait pas d’autres choix. On ne peut pas croire qu’il n’y a pas eu discussion avec les joueurs avant de les inverser de poste. Alors, soit les deux joueurs n’ont rien dit et ils sont coupables des erreurs commises sur le terrain à cause de leur positionnement, soit Tuchel a été contre leur avis et il est coupable de la situation.

Enfin, on ne peut pas mettre de côté le carton rouge de Kimpembe. Ca fait plusieurs mois que le défenseur parisien est très bon voire excellent. Mercredi soir, il a craqué et ça peut s’expliquer. Mais il ne doit pas. Oui, il se punit lui-même puisqu’il sera suspendu au moins une rencontre, mais il punit aussi son équipe qui va devoir se passer de lui pour le match retour. C’est dommage.

Ce PSG a trois semaines pour se remettre en selle et attaquer les trois matchs retour dans les meilleures dispositions, avec Tuchel ou un autre entraineur. Avec les pertes estimées pour cette saison (autour de 200M€), une non-qualification pour les huitièmes de finale viendrait alourdir la facture. Chacun va devoir prendre ses responsabilités et vite. Il ne va de la saison parisienne mais aussi de son avenir. En difficulté pour recruter cette année, imaginez le mercato 2021 avec encore moins de moyens que cette saison. Il est temps que le PSG fasse sienne la devise de la ville de Paris : Fluctuat nec mergitur (Il est battu par les flots, mais ne sombre pas).

Crédit photo: 20minutes.fr

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