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Tuchel a repris la main

Thomas Tuchel a gagné la bataille tactique, mercredi soir, à Manchester. Au-delà de cette victoire, il y a un changement de comportement et de discours chez l’entraineur parisien depuis une semaine.

Depuis plusieurs mois, on a souvent répété que Thomas Tuchel ne lisait plus les matchs, que son idée se limitait aux exploits de Mbappé et Neymar, qu’il n’innovait plus. Même dans ses conférences de presse, on le sentait tendu, en guerre contre trop de choses. Le problème, c’est que quand on entre dans ce style de combat, on perd souvent en analyse, en lucidité.

Quand, après les défaites à Leipzig, ou Monaco, et même la victoire face aux allemands au Parc des Princes, l’entraineur allemand nous sert une conférence de presse agressive, pendant laquelle il ne parle pas de jeu mais juste d’excuses sur la fatigue, sur le calendrier, il y a un problème.

Il suffit de se rappeler comment il était à son arrivée. Souriant, pédagogue, il n’avait aucun souci pour parler de tactique, de système. Puis, il y a eu cette fameuse défaite face à United, en 2019, au Parc des Princes avec l’élimination au bout. Depuis ce jour, il a changé, comme s’il avait intégré le fait que, quoi qu’il arrive, peu importe ce qu’il mettrait en place, il ne serait jugé que sur les seuls résultats. Nouveau problème.

Trop en conflit pour être lucide

Quand le résultat devient votre seul objectif, le but n’est plus de se demander comment l’atteindre, mais seulement l’atteindre. Il n’y a plus de réflexion sur le jeu, sur les solutions à apporter, mais juste le faire, peu importe la manière. Même si le PSG a atteint la finale de la Ligue des champions lors du Final 8 de Lisbonne, Tuchel est trop intelligent pour ne pas avoir analysé l’adversité, mais aussi qu’en quart de finale, à trois minutes près, l’aventure était finie.

En début de saison, il est resté dans cette posture du seul contre tous, y ajoutant un conflit avec Leonardo sur le recrutement, le discours, la prise de pouvoir. Il s’est alors perdu dans ses compos, dans son coaching, préférant aligner certains joueurs malgré leurs performances, mais aussi en aligner d’autres à des postes qui n’étaient pas les leurs comme pour dire « vous ne m’avez pas écouté ».

Puis, face à Bordeaux, changement de ton et de discours. L’allemand a cessé de soutenir ses joueurs envers et contre tous et a décidé de les mettre devant leurs responsabilités. Tout cela, en expliquant ce qui n’avait pas été pendant le match. Et ça change tout.

Quand vous expliquez les choses qui ont été mal faites, vous coupez l’herbe sous le pied des médias. Vous reconnaissez vos erreurs, ils n’ont donc plus rien à dire, ni même vous critiquez en disant que « vous ne voyez rien aux problèmes de votre équipe ». En résumé, on passe à autre chose, et vite.

De même, quand vous mettez les joueurs devant leurs responsabilités, vous les réveillez. C’est fini de « vous défendre quoi qu’il arrive, maintenant, va falloir mériter ». C’est toujours à double tranchant, mais quand ça paye, c’est parfait.

Tuchel prend, enfin, des décisions

On peut ajouter à ces changements, le fait que Tuchel, habituellement expansif sur le bord du terrain, semblait subir les évènements, sans réagir. On ne le voyait même plus s’énerver après ses joueurs. Depuis deux matchs, il bouge et parle de nouveau et ça change tout. Les joueurs ne peuvent plus se dire « si le coach s’en fout, nous aussi on s’en fout ». Ce n’est pas anodin s’il a remis Marquinhos derrière. Ce n’est pas anodin s’il a aligné Diallo au poste de latéral gauche. Et ce n ‘est surtout pas anodin si Di Maria est sur le banc depuis deux matchs, alors qu’il en avait toujours parlé en terme élogieux. L’allemand a repris les choses en main. En redevenant entraineur et en se concentrant sur le jeu, comme par hasard, il a pris des décisions et a réussi à bien lire le match à Manchester.

Peut-être a-t-il pris conscience qu’être en conflit permanent était contre-productif pour lui et son équipe ? Peut-être aussi qu’il s’est dit que le mieux, pour lui, son image et son futur, il valait mieux finir du mieux possible ? Quelles que soient les raisons, c’est un plus pour lui et pour le PSG.

Mais le football demande une perpétuelle remise en question. Tout peut exploser dès le match face à Basaksehir parce que le PSG n’est pas encore officiellement qualifié. Mais on préfère, de loin, ce Thomas Tuchel que celui qui a officié de mars 2019 à novembre 2020.

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