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Real Madrid v PSG : Optimisme ou pessimisme ?

Le match du PSG à Madrid, mardi soir, est difficile à lire. Suivant qu’on soit optimiste ou pessimiste, on peut le voir différemment. La seule certitude, c’est que le PSG peine à gagner chez un cador européen.

Il y a plusieurs façons d’analyser le match : le résultat, le contenu, le scénario, le coaching. En plus de tout cela, il y a également la projection et la fameuse question : Paris a-t-il le mental pour aller loin en Ligue des champions cette saison ?

Tactiquement

Tuchel avait donc décidé de maintenir son 4-3-3 avec Marquinhos en sentinelle. Et c’est Neymar qui a fait les frais du choix du trio offensif. Le Brésilien revenant de blessure, la décision de Tuchel ne choque pas. S’il l’avait mis d’entrée et que le Brésilien s’était blessé, tout le monde serait tombé sur l’Allemand, surtout dans un match où l’enjeu comptable était très faible pour les Franciliens.

En difficulté à Bruges et contre les Belges au Parc des Princes, on a eu la confirmation que ce milieu à trois n’était pas fiable. Verratti a eu du mal à trouver le rythme après deux semaines sans jouer à cause d’une légère blessure au genou, et Gueye a semblé perdu. Mais le vrai problème, c’est Marquinhos.

Le Brésilien est généreux, combatif, et même propre avec le ballon quand il n’y a pas de densité. Dès qu’il se retrouve en face de joueurs agressifs, qui mettent de la densité et de l’intensité, son manque de maitrise du poste est trop flagrant.

Le problème, c’est que lorsqu’il est en difficulté, il recule et vient s’écraser sur sa ligne de défense. Il est donc trop bas pour sortir presser, et le PSG joue alors avec deux milieux relayeurs et sans numéro 6. Entre eux et la défense, il y a alors un gouffre dans lequel Isco, Kroos ou Valverde se sont baladés.

Au fur et à mesure, comme Marquinhos avait reculé, Gueye et Verratti ont été obligés de reculer également. Le PSG s’est donc retrouvé avec 7 joueurs les uns sur les autres. Tous ces mauvais placements aboutissent au premier but où personne ne sait vraiment où il doit être, où personne n’avance sur le porteur de balle, et avec un Benzema qui termine l’action seul à. 7 joueurs pour deux attaquants et c’est le Madrilène qui récupère le ballon.

Paris n’a donc jamais trouvé le moyen de sortir du pressing du Real pour respirer. Mais en plus, quand les Parisiens ont attaqué, souvent par Mbappé, le Français n’a rien trouvé de mieux que de jouer seul. D’ailleurs, depuis quelques matchs, Icardi commence à montrer des signes d’énervement devant le manque de passes du numéro 7 parisien.

Toujours pas de cohérence collective

Contre le Real à l’aller et à Galatasaray, sans Mbappé et Neymar, on avait vu des joueurs offensifs parisiens travailler défensivement, mais aussi échanger offensivement.

Quand il y a le Français et/ou le Brésilien, les actions sont beaucoup moins collectives et le travail défensif n’existe plus. L’animation offensive repose sur les exploits des uns et des autres plus que sur des combinaisons.

Le problème du manque de repli des attaquants, c’est que sur les côtés, les latéraux se retrouvent en deux contre 1. Il faut alors qu’un milieu vienne compenser. Mais s’il compense, il y a alors, dans l’axe, des espaces trop grands à combler. C’est ce qui s’est passé hier pendant 75 minutes.

On peut, par exemple, dire qu’Icardi a fait un mauvais match. Mais si on va plus loin, il faut regarder le nombre de fois où il est démarqué, où il peut servir de relais, et où on ne le cherche pas. Parce qu’un match, ce n’est pas que des stats.

Comme l’a dit Leonardo, le bling-bling c’est fini, ce sera dans la souffrance. « Il faut peut-être changer notre nature ». Et la souffrance, ce sont les efforts, les courses, l’intensité mais tout ça, ensemble, collectivement.

Pour les optimistes

Faire 2-2 au Real, c’est un bon résultat. Faire 2-2 en étant mené 2-0 à dix minutes de la fin, c’est un très bon résultat. Faire 2-2 en ayant été autant dominé, et sans se créer une occasion avant la 80èmeminute, c’est un miracle.

Le côté positif, c’est donc la réaction. Paris a été mangé pendant plus d’une heure mais a obtenu un résultat dans un match qu’il aurait sûrement perdu les années précédentes.

Pour le reste, Paris a donc désormais un grand gardien, et ça va compter. Sans Navas hier soir, pas de miracle, le score aurait sûrement été de 4 ou 5-0 à la 75ème. Le gardien parisien a réalisé 10 arrêts, un record pour un gardien du PSG en Ligue des champions depuis 2004. C’est dire. Paris a également un banc et deux des trois entrants ont apporté, alors qu’ils n’ont pas bénéficié d’un temps de jeu conséquent.

Pour les pessimistes

Mais évidemment, on peut voir les choses autrement. Que le PSG a été dominé comme rarement. Que Tuchel n’a pas fait de coaching volontaire mais plutôt un coaching désespéré, un peu à la manière d’un « je tente ça, il reste quinze minutes, on verra ».

Paris n’a donc pas gagné à Madrid comme il n’a pas gagné à Liverpool, à Arsenal, à Naples, à Barcelone, à Munich, à City.

Enfin, il y a ce problème de mental et d’intensité. Tuchel n’arrive pas à donner à son équipe cette envie de tout donner, de courir. A force de jouer les matchs de Ligue 1 en marchant, voilà ce que ça donne. Il a lui-même parlé de courage à améliorer.

Di Maria est sûrement le meilleur joueur du début de saison. Mais l’Argentin passe également au travers dans certaines rencontres importantes. Contre United au Parc, il n’avait pas été bon. Contre Naples au Parc, il avait sauvé son match et la qualification du PSG grâce à son but à la 92ème, mais il avait à peu près tout raté avant.

Mbappé veut montrer qu’il a le niveau, qu’il est au-dessus. Contre Bruges au Parc et à Madrid, il a fait son match seul, comme un joueur qui veut dire « regardez, je gagne le match seul ». Ca ne marchera jamais.

Neymar était remplaçant. Le message à son entrée était clair : je suis fâché donc je fais ce que je veux. On ne peut pas avoir ce comportement quand on est soi-disant un grand joueur.

Tuchel est en train de perdre Cavani. Alors ok, Paris est revenu au score sans l’Uruguayen. Mais comment vit-il ce manque de considération ?

Paris n’a désormais plus de gros matchs pour se tester. On ne saura donc jamais si aligner les quatre devant ça peut marcher. On ne saura donc jamais si Marquinhos en défense et un milieu VerrattiGueyeHerrera, ça peut fonctionner. Et surtout, on ne sait toujours pas si le PSG est capable de mettre de l’intensité, de faire les efforts dans un match qui compte.

Paris se retrouve donc dans la même configuration que les saisons précédentes à un peu plus de deux mois des huitièmes de finale. Il n’y a plus qu’à espérer qu’enfin, ce ne soit pas le même scénario qui se réécrive à l’infini.

Paris United

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