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PSG : Entre doutes et espoirs

Le PSG s’est donc imposé face à Bruges (1-0) et s’est du même coup qualifié mathématiquement pour les huitièmes de finale de la Ligue des champions. Pourtant, il reste de nombreux domaines dans lesquels Paris doit encore progresser.

Toujours l’histoire entre l’analyse du résultat et du contenu. En terme de résultats, rien à dire, Paris, après quatre journées, est parfaitement lancé dans sa Ligue des champions. Douze points sur douze, dix buts marqués, zéro encaissé, difficile de faire mieux. Mais pourtant. Sur le match d’hier, on a vu de nouveau des lacunes : manque d’intensité, manque de vitesse dans les  transmissions, difficulté à exister au milieu et trop d’actions individuelles.

Tuchel, adepte du non coaching

Thomas Tuchel a donc décidé cette saison que, quoi qu’il arrive qu’il évoluerait avec un milieu à trois et avec Marquinhos en sentinelle. C’est un problème. On voit bien que le Brésilien est en difficulté dès qu’il a une pression, de la densité autour de lui. Face au Real, il avait été bon mais il faut se rappeler de la prestation des Madrilènes au milieu, qui n’avaient exercé aucun pressing sur les joueurs parisiens. Lors des deux matchs face à Bruges, Marquinhos a eu du mal à être trouvé, à sortir proprement les ballons. Ce sera un problème dans les gros matchs, surtout face à des adversaires d’un autre niveau que les Belges.

L’autre problème, c’est qu’on a l’impression que l’entraîneur allemand n’a aucune emprise sur la motivation et l’implication de ses joueurs. Mercredi soir, Mbappé n’a jamais fait les efforts défensifs. Et ça tranche avec les deux premiers matchs des joueurs parisiens où Sarabia avait fait le travail pour aider son latéral et ne pas se retrouver en infériorité numérique.

Enfin, Thomas Tuchel n’influe jamais sur les rencontres par son coaching, comme s’il n’osait toucher à rien. Face à Bruges, Icardi est sorti parce qu’il était blessé, sinon l’entrée de Cavani aurait été encore plus tardive alors que les Parisiens n’étaient pas bons. Quant aux deux changements, ils ont eu lieu dans les dix dernières minutes, celui de Verratti intervenant même à la 89èmeminute.

Thomas Tuchel est traumatisé par la défaite face à United de la saison dernière. Il ne veut plus prendre de risques, changer des choses en cours de match. Ce match et cette élimination auront eu un impact considérable dans la gestion des gros matchs de l’Allemand.

Tuchel voulait un banc, il l’a mais il n’en fait donc rien. La concurrence n’existe pas, et à force de ne faire entrer les joueurs de manière forcée, il va finir par perdre son groupe. Quand il y aura des blessés ou des suspendus, il ne faudra alors pas s’étonner que les remplaçants ne soient pas au niveau, car l’entraînement ne suffit pas à maintenir un joueur pour le rythme d’un match.

Les joueurs, un problème mental

Evidemment, ils sont les premiers responsables, surtout quand c’est en Ligue des champions et que la soi-disant équipe type est alignée.

Il y a quand même les satisfactions. Navas a montré pourquoi il avait été recruté. Impérial sur sa ligne, il a fait les arrêts qu’il fallait pour permettre à Paris de l’emporter. De plus, il rassure ses défenseurs qui sont donc plus sereins pour se livrer.

Silva, malgré sa très légère faute sur le penalty, a de nouveau montré qu’il était le taulier de la défense. Kimpembe a eu plus de mal, mais il s’est bien repris. Attention quand même à ses erreurs de lecture du jeu qui risquent d’être lourdes de conséquences face à des attaquants d’un autre calibre.

Bernat a été bon. Il est normal qu’il ait été en difficulté défensivement puisqu’il n’a jamais été aidé par Mbappé. Dagba est encore limite pour le très haut niveau, mais au moins, il essaie de respecter les consignes. Trop timide pendant 20 minutes, il est un peu plus monté ensuite après les reproches de Tuchel et est à l’origine du but d’Icardi.

Au milieu, Marquinhos a donc souffert. Mais il n’a pas été aidé par Gueye, complètement transparent, sans impact, sans influence avec le ballon. Le Sénégalais, qui revient de blessure, marque le pas. Mais c’est normal : nouvel environnement, nouveau statut et retour de la CAN avec très peu de vacances. C’était presque prévisible. Heureusement, et même s’il a été moins bon que d’habitude, Verratti a été le meilleur des trois. On en attend toujours plus venant de lui, mais il est indispensable à cette équipe. Mais pour en faire plus, il va falloir aussi qu’autour de lui, ça bouge plus.

Devant, Icardi a encore marqué. Oui, l’Argentin ne touche pas beaucoup de ballons, mais c’est compliqué de toucher plus de ballons quand vous avez, à côté de vous, un joueur qui avait décidé de jouer seul. Parce que Mbappé a été insupportable face à Bruges. Aucun travail défensif, et à chaque ballon qu’il recevait, il jouait seul, tentant des choses improbables, contre-productives.

Pour ceux qui ont rêvé d’une attaque MbappéNeymarDi Maria derrière Icardi, avec Verratti et Gueye ou Herrera au milieu, ce match vient de signer l’arrêt de cette composition. Comment jouer comme cela si Mbappé voire Neymar (quand il sera de retour) ne défendent pas. Impossible. De l’autre côté, Di Maria a joué, tenté, mais il fut moins en réussite que les dernières semaines.

Ne plus minimiser aucun match

On en revient toujours à la même chose : Paris ne doit plus minimiser aucune rencontre. Les joueurs de Tuchel doivent être à fond tout le temps, quelque soit l’adversaire. L’intensité et la motivation, ce n’est que mental. Il faut donc que les hommes de la capitale progressent mentalement pour avoir envie de marcher sur leurs adversaires, pour prendre l’habitude de défendre dès la perte de balle. Ça doit devenir automatique.

On peut toujours minimiser certaines défaites. Mais quand on fait cela, on diminue l’exigence et ce sera un problème. On peut toujours ne retenir que le résultat. Mais si on fait cela, tout autre résultat qu’une victoire en Ligue des champions sera alors un échec.

Malgré tout, il y a de l’espoir. Paris a fait le plein sans être extraordinaire. En progressant, en s’impliquant encore plus, cette équipe doit donc être capable d’être encore meilleure. Il y a de l’espoir parce qu’il manque encore Neymar et Meunier, que Draxler revient à peine de blessure, qu’Herrera est de nouveau blessé et que Cavani n’a pas encore le rythme pour jouer régulièrement. Mais surtout, le PSG a eu l’habitude de faire six premiers mois excellents et de disparaître en février. Alors, finalement, l’espoir est de se dire que cette saison, à l’inverse des années précédentes, Paris va être bon pendant six mois et excellent la deuxième partie de saison. Continuons de rêver.

Paris United

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