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Paris visait la Coupe et boit la tasse…

Alors qu’il menait par deux buts à zéro, le PSG s’est incliné aux tirs au but (2-2 ; 6-5 aux t.a.b) en finale de la Coupe de France. Un nouvel échec dont le club de la capitale va devoir tirer les enseignements. Le premier ? Cette saison est un échec.

La Bretagne, ça nous gagne. Après avoir subi la loi de Guingamp en coupe de la Ligue, les Parisiens ont cette fois chuté face à Rennes (2-2 ; 6-5 aux t.a.b), en finale de la Coupe, samedi soir au Stade de France. Les hommes de Thomas Tuchel avaient pourtant fait le break mais ne sont ni parvenus à conserver leurs deux buts d’avance, ni à se montrer à la hauteur de leurs supporters, qui ont poussé leur équipe pendant plus de deux heures.

Ce sont d’ailleurs les tribunes qui ont lancé le spectacle. Dans un stade plein et festif, supporters rennais et parisiens ont rivalisé chant pour chant avec le trophée de la régularité pour les Rouge et Bleu.

 

Paris fait le break

Sur le terrain, le PSG retrouvait son duo Neymar-Mbappé au coup d’envoi. La première action de la rencontre est d’ailleurs pour le PSG. Sur un centre de Colin Dagba, Neymar est trouvé dans les 6 mètres bretons mais le Brésilien ne peut cadrer sa reprise, qui file à quelques centimètres du poteau de Tomas Koubek (2e).

Le latéral parisien, encore auteur d’un match intéressant, est à l’origine de l’ouverture du score. Son centre-tir force Koubek à claquer la balle en corner. Sur celui-ci, Neymar adresse une merveille de passe tendue en direction de l’entrée de la surface où Dani Alves expédie un missile dans le petit filet rennais (0-1, 13e).

Rennes prend un coup derrière la tête et Paris a l’occasion d’assommer un peu plus son adversaire Kylian Mbappé, décalé à l’entrée de la surface, perd son face-à-face avec Koubek.

Rennes réagit timidement mais se fait punir en contre-attaque. Trouvé dans le rond central, Mbappé amorti la balle pour Ángel Di María. L’Argentin lance Neymar en profondeur qui se retrouve seul face au portier breton. Le Brésilien pique parfaitement son ballon au dessus du portier (0-2, 21e). La voie vers une 13èmeCoupe de France semble tracée.

Le break fait, le PSG gère tranquillement son avance et laisse l’initiative du jeu au hommes de Julien Stéphan. Seulement, Hatem Ben Arfa et ses partenaires peinent à rentrer dans la finale. Ils s’en remettent alors à des exploits individuels. Comme sur cette passe où Clément Grenier trouve Mbaye Niang. L’attaquant rennais s’appuie sur Marquinhos, le contourne, et parvient à prendre sa chance à l’entrée de la surface. Une frappe enroulée qui trouve le poteau d’Areola. Un premier avertissement pour les Parisiens (38e).

 

Première balle dans le pied pour Paris

Sur le contre, Di Maria trouve Neymar qui s’enfonce dans la moitié de terrain rennaise avant de servir Julian Draxler dont le tir est trop écrasé. Dans la continuité de ces deux actions, Hamari Traoré alerte la défense parisienne sur le côté droit. Il efface Juan Bernat d’une feinte avant de centrer. Presnel Kimpembe se détend… et trompe son propre gardien (1-2, 40e).

Sûrement vexés, les Parisiens tentent de réagir avant la pause mais la dernière tentative d’Alves est détournée par Koubek et Rudy Buquet siffle la mi-temps.

 

Paris pas serein

Les joueurs de la capitale reviennent sur la pelouse en tentant de reprendre le contrôle de la rencontre. Ils se portent à l’attaque mais se montrent trop imprécis dans les zones de vérité. De leur côté, les Bretons n’abdiquent pas et jouent leur chance à fond sur chaque opportunité offensive. Sur l’une d’elles, Benjamin Bourigeaud profite d’une balle parisienne trop courte pour partir en contre. Le Rennais s’enfonce dans le camp parisien et déclenche une lourde frappe qui prend la direction de la lucarne du PSG. Heureusement pour les Parisiens, Areola est attentif et détourne en corner (56e). Ca sent le chaos.

Les erreurs techniques se multiplient du côté parisien. Un manque de sérénité dont les Rennais tentent de profiter.  Bourigeaud est à la réception d’un centre de Ben Arfa, prolongé de la tête par Ismaila Sarr, mais Dagba se jette parfaitement pour repousser le danger. Sur le corner, Clément Grenier trouve Mexer qui coupe parfaitement la trajectoire pour l’égalisation de Rennes (2-2, 66e). Paris tente de réagir sur coup de pied arrêté. Plein axe à 25 mètres, Neymar enroule mais son tir passe de peu à côté (67e).

Cinq minutes plus tard, Colin Dagba, esseulé sur le flanc droit, ajuste un centre et trouve Kylian Mbappé dont la reprise n’est pas cadrée. Toujours sur coup-franc, excentré, Neymar trouve la lucarne de Koubek mais sa tentative manque de puissance et le portier rennais intervient (79e). Paris pousse mais ne parvient pas à conclure.

 

Quand le mental fait encore défaut

A l’approche de la fin du temps réglementaire, Marco Verratti trouve Mbappé dans la surface adverse. Le champion du monde prend le meilleur sur la défense et glisse la balle au centre, le cuir traverse les 6 mètres mais personne ne pousse la balle au fond (86e). Un dernier coup franc en faveur des Parisiens dans le temps additionnel qui ne donne rien et Rudy Buquet met fin au temps réglementaire.

Dès la reprise, Edinson Cavani fait son entrée en jeu, à la place de Julian Draxler, pour le plus grand bonheur des supporters parisiens. L’Uruguayen se place en pointe aux côtés du buteur français.

Neymar allume la première mèche. Suite à une combinaison avec Mbappé, le numéro 10 temporise et tente de croiser sa frappe mais elle est trop écrasée pour surprendre Koubek (92e). Le match est décousu et Paris profite d’une contre-attaque menée à grande vitesse par Neymar. L’auriverde perfore la défense rennaise et glisse le ballon vers Mbappé qui ouvre son pied. Le ballon percute le poteau et le suspense reste intacte (99e).

Paris pousse mais ne trouve pas la mire. Les deux équipes ne se départagent pas et la première période de prolongation prend fin. Thomas Tuchel effectue un nouveau changement avec l’entrée de Moussa Diaby à la place de Colin Dagba, une nouvelle fois très intéressant.

Les acteurs reprennent pour la dernière période de jeu. Et ce sont les Rennais qui se procurent la première opportunité. Sur un déboulé d’Ismaila Sarr, Ben Arfa hérite du ballon à l’entrée de la surface. Le meneur envoie un boulet de canon qui passe de peu à côté des cages d’Areola (110e).

Arrive ensuite le « Rudy Buquet Time ». L’arbitre de la rencontre ne sort qu’un jaune pour une grosse semelle de James Lea Siliki sur Neymar et, quelques secondes plus tard, expulse logiquement Kylian Mbappé pour un coup sur le genou de Damien Da Silva (120e). Diaby rentré à la pause de la prolongation, laisse sa place à Christopher Nkunkupour les ultimes secondes de la rencontre. Les Parisiens sont en infériorité numérique et la finale se jouera aux tirs au but.

Les cinq Rennais et les cinq Parisiens marquent. Ismaila Sarr, en 6eposition, prend à contre-pied Areola avant que Christopher Nkunku n’expédie sa tentative dans le ciel parisien… Paris s’incline une nouvelle fois face à un club breton cette saison, toujours face à des joueurs motivés qui résistent encore et toujours à l’ogre parisien.

 

Au Stade de France pour Paris United, Xavier Trèfle 

 

Les notes :

 

Neymar (7,5)  : Maître à jouer de cette équipe parisienne, on a senti le numéro 10 parisien plein d’envie, disponible, heureux de jouer cette finale. Il a été décisif, passeur sur le but d’Alves. Buteur sur le 2ème but parisien sur un lob délicieux. Facilité technique, présence dans les duels, repli défensif et tireur de coups francs, le Brésilien est bien de retour et ce fut un régal !!

Mbappé (3) : On l’a senti sur la réserve, il a eu du mal à se situer devant le but. Il a été bien pris par la défense rennaise et est apparu en manque d’inspiration. Auteur d’un vilain geste sur Da Silva synonyme de rouge, match frustrant pour l’attaquant parisien.

Di María (6) : « El Fideo »a su se montrer utile, passeur décisif sur le but de Neymar. L’Argentin a provoqué subissant beaucoup de fautes. Il a orienté et cherché à jouer vers l’avant. Remplacé par Paredes qui a tenté de faire valoir son jeu de passes parfois avec réussite. Mais il écope d’un jaune suite à une faute grossière sur Ben Arfa.

Verratti(6) : Discret en première période, le « Petit Hibou » a mis du temps à rentrer dans sa finale. Il a connu un déchet inhabituel et moins influent dans le jeu. Il s’est cantonné à participer à la récupération laissant la direction du jeu à Di Maria ou Neymar. Auteur de belles inspirations en profondeur.

Draxler (4) : Le milieu allemand a eu du mal à trouver le bon tempo. Du déchet en début de match dans l’utilisation du ballon, il a su se mettre au diapason des autres milieux parisiens. Placé en relayeur, il a été le moins influent des trois milieux. Remplacé par Cavani lancé au moment des prolongations. L’Uruguayen a été plein de bonne volonté mais maladroit devant le but.

Daniel Alves (6,5) :Le milieu auriverde buteur marque un but magnifique après une belle combinaison sur un corner de Neymar. Il a continué sur sa lancée, distillant de bons ballons. Présent à la récupération, il a fait preuve d’un énorme volume de jeu. Malgré une baisse de régime, Alves est resté combatif.

Dagba (6) : Titulaire en finale de Coupe de France, le « titi » parisien a été juste dans ses interventions, il a toujours cherché à jouer simple et juste. Sérieux défensivement mais peu en vue offensivement, éclipsé par le volume de Dani Alves. Il est remplacé par Diaby, l’autre « titi » de cette finale n’a joué que 13 minutes, trop juste pour faire la différence. Il cède sa place à Nkunku suite à l’expulsion de Mbappé. 

Bernat (6) : L’Espagnol a fait preuve de sérénité, il s’est montré disponible sur son côté proposant toujours des solutions. Juste techniquement, il a retrouvé toute son influence à son poste de latéral gauche.

Marquinhos (5): Le Brésilien était le patron de la défense parisienne. Toujours bien placé, solide dans ses interventions. Patron dans les airs, il n’a rien laissé passer. Moins serein en seconde période et Paris s’est fait rejoindre au score.

Kimpembe (3) : L’international français a été sérieux et costaud dans les duels. Fébrile sur certaines relances,.il est malheureux car son but contre son camp relance Rennes et plombe son bilan.

Aerola (4) : Le portier parisien n’a pas été inquiété pendant 30 minutes, il voit une frappe de Niang finir sa course sur le poteau. Il ne peut rien sur le but contre son camp de Kimpembe. En seconde période, il réalise plusieurs parades mais encaisse un nouveau but. Il ne fait aucune différence lors des tirs au but.

 

Notes par Pierre Gousseau, rédacteur en chef de Paris United