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Paris peut y croire, mais…

Paris a donc perdu ce match aller 2-1. Au-delà du contenu, ce sont les choix qui interrogent et le non-coaching de Tuchel. Il y a un vrai problème de gestion de l’évènement.

La déception est à la hauteur de l’attente. Avec l’ennui de la Ligue 1, le seul match qui compte, c’est le huitième de finale de la Ligue des champions. Et mercredi soir, dès l’annonce de la composition, on a compris que la psychose était bien là.

Alors qu’il avait utilisé le 4-3-3 et le 4-4-2, surprise, Thomas Tuchel innove avec un 3-4-3. Pas de Bernat, pas d’Icardi et pas de Sarabia. Mais pourquoi ? Le message envoyé est d’une négativité extrême : « Je renforce notre défense et j’enlève un attaquant ». Si vous voulez envoyer le doute dans la tête de vos joueurs, vous ne vous y prenez pas autrement.

De plus, alors qu’on avait dit que ce n’était plus le moment de tester des choses, voilà que le coach parisien nous sort un système jamais testé. C’est à n’y rien comprendre.

Durant la première période, le PSG n’est pas bien, mais Dortmund n’est pas dangereux. Comme prévu, les Allemands se projettent moins, se livrent moins. Voyant que le PSG n’y arrive pas, les jaunes et noirs prennent confiance et le dernier quart d’heure, on sent que ça commence à pousser. A la pause, le score est de 0-0.

Pas de coaching, comme d’habitude

Au retour des vestiaires, alors qu’on attend du changement, en tout cas dans le système, rien du tout, Tuchel ne touche à rien. Et les actions allemandes sont de plus en plus tranchantes. Paris est dépassé sur l’ouverture du score, sur une action très bien construite, proprement.

Pars va trouver le moyen d’égaliser sur une percussion de Mbappé, un beau raté de Zagadou et la finition de Neymar. Mais comme Paris n’y est pas, Haaland va être trouvé plein axe alors que Paris défend à trois contre un. Personne ne sort dessus et le Norvégien ne se fait pas prier pour envoyer un missile dans la lucarne de Navas.

Alors, même si Paris a failli miraculeusement égaliser sur corner en fin de match, le PSG s’en sort bien avec un seul but de retard et un but inscrit à l’extérieur.

Thomas Tuchel a donc failli. Il faisait le mec tranquille, serein mais il avait la pression et ne savait pas où il allait. Ce système sorti de nulle part en est la preuve. Il n’y avait aucun automatisme, personne ne savait ce qu’il devait faire. Qui pour sortir sur Haaland ? Qui pour couvrir les latéraux ? Comment jouer à la récupération ?

Le coach allemand n’a pas cessé de réclamer un banc la saison dernière. Cette saison, il en a un mais pour quoi faire ? Un seul changement alors que ton équipe souffre ? Pourquoi avoir laissé Mbappé seul devant alors que ce n’est pas son poste et qu’il était transparent ? Enfin, Neymar n’avait pas de jambes ce soir. Mais c’est normal, deux semaines sans jouer pour être surprotégé, ça se paye. Même si une catastrophe devait arriver, le Brésilien doit enchainer jusqu’au match retour pour retrouver du rythme. Et puis s’il doit se blesser, c’est que c’était écrit et puis c’est tout.

Meunier et Verratti suspendus

Concernant les joueurs, Navas a de nouveau répondu présent. Il ne peut rien sur les deux buts d’Haaland, mais il a permis au PSG de ne pas prendre plus de buts et d’être encore en course pour la qualification.

Derrière, Silva a encore montré ses lacunes dans les gros matchs. Alors il n’a pas été catastrophique, et même plutôt bon dans les duels aériens. Mais comme d’habitude, il recule quand ça se complique. Plusieurs fois, quand Paris se dégageait, il ne faisait pas remonter sa défense et restait collé à sa surface. C’est un vrai problème. A ses côtés, Kimpembe a été sérieux et il a évité les prises de risque. Quant à Marquinhos, il a sûrement été le meilleur des trois. Je pense qu’il doit devenir le patron de la défense car lui, contrairement à son compatriote, sait défendre en avançant et il n’a pas peur de le faire.

Dans les couloirs, Kurzawa fut la bonne surprise. Une première période intéressante où il a sauvé quelques situations dangereuses par de bons retours. Plus en difficulté après quand Hakimi a passé la vitesse supérieure. Mais au moins, il s’est battu. A droite, Meunier, suspendu au retour, n’a pas été gêné défensivement mais il n’a pas assez apporté offensivement alors qu’il avait des couvertures dans son dos.

Un trio offensif inoffensif

Au milieu, Gueye a été dépassé. Alors oui, il est généreux, il court, mais on ne peut prétendre jouer en Ligue des champions avec autant de déchets techniques. Avec lui, Verratti aura été le meilleur parisien. Défensivement, il a été énorme, récupérant des ballons, mais surtout sauvant trois situations dans sa propre surface. Et avec le ballon, il fut le seul parisien à essayer de trouver des passes vers l’avant. Malheureusement, avec les fantômes offensifs, ce fut dur. Et malheureusement, parce qu’il est incorrigible, il manquera le match retour pour un carton jaune reçu sur une contestation.

Et puis, il y a les trois de devant. Neymar a marqué mais son match fut une addition de mauvais choix. Normal, quand on passe deux semaines à seulement s’entrainer, il ne faut pas s’étonner de manquer de rythme et de jambes dans une rencontre de ce niveau. Avec lui, Di Maria a traversé le match, sans influence. Habitué à trouver des appuis profonds quand il y avait deux attaquants, il a semblé chercher des solutions sans jamais les trouver.

Et puis, il y a Mbappé. Il voulait des responsabilités, et on a vu. En pointe du système, il a surtout prouvé qu’il n’était pas un vrai 9 et qu’il lui fallait un jouer à ses côtés pour exister. Et que dire de son attitude ? Des gestes inutiles, aucun repli défensif. Franchement, il va être attendu au retour pour enfin qualifier le PSG. En est-il capable ?

Au-delà de tout ça, on a encore vu une équipe sans réaction, sans leader, sans patron et avec un coach qui subit les évènements. Mais il y a des raisons d’y croire.

Paris n’a qu’un but à remonter. Dortmund est bien moins bon à l’extérieur. Même en étant plus que moyen, Paris a marqué et s’en sort bien. Mais Tuchel va devoir trouver le bon système et faire de vrais choix pour amener ses troupes vers les quarts de finale. Dans trois semaines, on saura si ce PSG a de la ressource ou si le grand ménage d’été peut débuter.

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