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Paris en retard sur les grandes équipes

Le PSG est donc qualifié pour les huitièmes de finale de la ligue des champions et leader de la ligue 1. Malgré cela, l’équipe de Pochettino est en retard collectivement, ne dégageant aucune identité.

La défaite en elle-même, à Manchester City (2-1), n’est pas un drame. De nombreuses équipes ont perdu à l’Etihad et ont souffert dans le jeu. Le problème du PSG, c’est que ce scénario se reproduit trop souvent dans le contenu, même si les exploits individuels sauvent parfois les apparences.

Parce que le problème est là. Le PSG n’a pas de structure collective, pas d’idée de jeu définie et ne s’en remet qu’aux exploits individuels de ses joueurs, notamment les offensifs.

Mercredi soir, on a vu ce qu’était une équipe avec des principes de jeu. Pressing haut, un bloc équipe compact, des joueurs proches les uns des autres. Avec le ballon, suivant le joueur qui reçoit et la zone qu’il occupe, les autres savent exactement les courses à faire pour offrir les solutions.

Le PSG en 7-0-3

En face, le PSG s’est présenté avec un bloc de sept joueurs très bas, un no man’s land, puis trois joueurs offensifs. A la récupération du ballon, sauf à de très rares reprises, aucun des trois n’est venu proposer une solution. Comme le trio du milieu était composé de Paredes, joueur à la qualité de passe intéressante mais incapable d’exister sous pression, Herrera, aucune prise de risque, et Gueye, dont la qualité de passe n’est pas la qualité première, impossible de jouer avec les trois de devant.

A City, on connait le rôle des latéraux quand l’équipe a le ballon. Ils rentrent souvent à l’intérieur pour apporter du surnombre. À Liverpool, on connait le rôle des latéraux également : ils apportent du dédoublement ou du renversement de jeu, principalement d’AlexanderArnold vers Robertson. Au PSG, on ne sait pas. Il semble qu’ils doivent d’abord défendre et ne monter qu’exceptionnellement.

Il faut dire qu’avec trois offensifs qui ne courent pas, ou presque, si les deux latéraux montaient, et alors qu’il n’y a que deux défenseurs centraux, ça pourrait vite exploser. Alors, plutôt que de demander aux offensifs de participer à la récupération du ballon, de venir aider le bloc équipe, on préfère demander aux latéraux de ne pas monter. Il est étrange de constater pourtant que Hakimi a obtenu un penalty face à Leipzig, que son appel a permis à Messi de marquer contre City (à l’aller) et contre Nantes, ou encore que Mendès est à l’origine de l’action qui amène le but de Mbappé à City.

De Bruyne : « Avec Guardiola, si tu ne cours pas, tu ne joues pas »

Depuis onze mois, Pochettino n’a rien mis en place. On ne sait pas si le PSG est une équipe de possession, de contre-pressing, de contre-attaque. Depuis quatre mois, on ne voit pas Pochettino utiliser les joueurs dans leur meilleur rôle. Depuis quatre mois, à part la première période contre Nantes, toutes les autres rencontres n’ont pas été maitrisées et ne doivent d’avoir été remportés que sur le talent, l’éclair d’un des joueurs.

L’entraineur est coupable de laisser-faire. Mais les joueurs ne peuvent également être exonérés de reproches. Dans France Football, Kevin De Bruyne déclarait « qu’avec Guardiola, si tu ne cours pas, tu ne joues pas« . L’entraineur est donc responsable de l’attitude ses joueurs.

Malgré tout, on a quand même le droit d’attendre d’un trio offensif qui pèse environ 80M€ de salaire par an, de courir, de faire des efforts, de harceler à la récupération du ballon, d’aider les latéraux en cas de besoin… On a le droit d’attendre d’un Paredes, acheté 45M€, qu’il soit capable de faire des passes contre des équipes plus fortes que Nantes. On a droit d’attendre que le PSG, avec l’investissement réalisé, soit capable d’imposer un style de jeu plus que de subir et s’adapter à l’adversaire. Bref, on a droit d’attendre d’avoir un club de football de haut niveau plus qu’une mentalité niveau district où l’entraineur fait ce qu’il peut et où les joueurs ne jouent que quand ils ont le ballon ?

Aujourd’hui, City, Liverpool, Chelsea, le Bayern, voire l’Ajax, ont dix fois plus de certitudes dans le jeu que le PSG. Le club de la capitale peut gagner la ligue des champions, dans l’absolu, tout est possible. Mais il y a quand même un peu plus de chances de remporter cette compétition avec des certitudes, un collectif, qu’en espérant que Navas ou Donnarumma fasse des miracles, que Marquinhos pare à toutes les attaques, que Verratti soit disponible et que l’un des trois offensifs soit dans un bon jour pour marquer sur les seules occasions que Paris aura. Il n’y a plus qu’à rêver à une prise de conscience de tous.

Crédit photo : onzemondial.com

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