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Mbappé – Neymar – Messi : Que de regrets

À Clermont, le trio offensif a de nouveau semblé avoir trouvé une certaine complicité, une semaine après celle observée face à Lorient. Dommage que tout cela arrive un peu trop tard dans la saison.

Cet été, c’était le fantasme absolu et tout le monde voulait voir ça. En recrutant Messi, le PSG offrait l’idée de voir une attaque NeymarMessiMbappé, et l’excitation était à son comble. Malheureusement, les circonstances, les blessures et les matchs internationaux n’ont presque jamais permis de peaufiner les automatismes.

Les sud-américains avaient repris la saison très tard, en septembre, et il faut du temps pour installer des relations. Pourtant, il y avait les prémices de quelque chose d’intéressant. On en a aperçu des bribes face à City au match aller (2-0), contre Nantes en première période au Parc, ou sur quelques actions par-ci, par-là. Mais il y a deux éléments qui sont venus contrarier cela.

Tout d’abord, les choix du coach. Régulièrement, en ligue 1, le PSG évoluait avec Di Maria en plus du trio. Les positionnements n’étaient alors pas les mêmes que lorsqu’ils évoluaient à trois et les déplacements étaient différents. Mais comme le coach ne voulait pas perdre Di Maria, il a continué à le titulariser et à déséquilibrer son équipe.

L’autre problème, c’est que Pochettino s’est longtemps entêter à mettre Messi sur le côté droit quand il décidait d’évoluer en 4-3-3. Sauf que l’argentin n’a plus ses jambes de vingt ans et qu’il ne faisait plus de différences, ou trop peu.

L’autre élément déterminant, c’est évidemment la blessure de Neymar à Saint-Étienne. Le brésilien a manqué trois mois de compétition. Impossible de travailler les automatismes de la fameuse MNM.

La tactique et l’état d’esprit

Depuis le retour du brésilien en février, Pochettino a fait évoluer son équipe dans un système hybride entre le 4-3-3 et le 3-4-3. C’est alors Danilo qui faisait office soit de milieu soit de troisième défenseur axial. Et, logiquement ce fut mieux.

Ce fut mieux parce qu’en possession du ballon, les latéraux parisiens étaient situés bien plus haut sur le terrain. Cela a permis à Mbappé, Messi et Di Maria, au début, puis Neymar ensuite, d’être plus à l’intérieur du jeu et surtout plus proches les uns des autres. Ça correspondait aussi davantage aux qualités des joueurs parisiens.

Il restait alors un dernier problème à régler : l’état d’esprit. Pour Mbappé, il n’y a pas grand-chose à dire. Il est devenu plus respectueux du jeu et avec l’objectif de faire mal à chaque fois. Pour Neymar, on le sait, il lui fallait des matchs pour retrouver son meilleur niveau. Quand il est moins en jambe, le brésilien a tendance à se perdre dans des dribbles inutiles, mais il s’énerve aussi beaucoup plus vite et a tendance à sortir de ses matchs. Le Réal est sûrement arrivé trop tôt.

Pour Messi, le problème est ailleurs. C’est la première fois qu’il quittait sa maison barcelonaise. Il lui fallait donc s’adapter à une nouvelle vie, mais aussi et surtout à de nouveaux partenaires et un style de jeu différents. Et même si on peut penser qu’il n’a plus rien à prouver, quand vous êtes Messi, que vous vous entendez dire que vous n’êtes plus décisifs, que vous avez les statistiques d’un joueur lambda, ça joue.

L’argentin s’est alors souvent trompé dans son jeu, forçant des passes, essayant de recréer des situations propres au jeu catalan, comme quand il cherchait désespérément à combiner à l’intérieur du jeu ou quand il se servait des appels de Hakimi pour rentrer et que, à l’opposé, il n’y avait pas Jordi Alba pour plonger dans le dos de la défense.

Ce qui a changé

Sur les deux derniers matchs, des choses ont changé. Biensur, il faut tenir compte de la faiblesse des deux adversaires. Mais depuis septembre, Paris a rencontré des adversaires aussi faibles sans pour autant produire les mêmes prestations.

Ce qui a changé, c’est que Neymar enchaine les matchs et qu’il retrouve des jambes. Automatiquement, il est plus à l’aise, plus juste et plus décisif.

Ce qui a changé, c’est que les latéraux parisiens évoluent désormais systématiquement très haut. Ils permettent donc au trio offensif de se recentrer et d’être plus proche.

Ce qui a changé, c’est qu’avec l’élimination, on a l’impression que Messi ne cherche plus à faire la différence, la saison étant presque terminée, mais qu’il respecte plus le jeu. Ça donne un joueur qui ne cherche pas à tout prix à scorer mais qui joue juste, comme sur cette passe pour Mbappé sur le deuxième but parisien.

Tout cela donne encore plus de regret à la saison parisienne. Ce que produit le PSG depuis deux matchs, ça devrait juste être la norme en ligue 1. Le respect du jeu, c’est ce qui vous rend performant et souvent efficace.

Pour cette saison, il reste un match pour prouver que ce n’est pas seulement contre le dix-septième et le seizième de ligue 1 qu’ils en sont capables. Dimanche, c’est Marseille qui est reparti du Parc avec une victoire lors de sa dernière visite. Il serait bon pour tout le monde, et notamment pour les trois de devant, de fournir une prestation qui atténuera un peu toutes les frustrations.

crédit photo: onzemondial.com

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