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L’histoire sans fin

C’est une nouvelle nuit cauchemardesque qu’a vécu le PSG. Alors que tout allait bien, il a fallu un demi-grain de sable pour que tout dérape. Mais tout cela est loin d’être juste un accident.

Ce matin, les supporters parisiens se réveillent avec une nouvelle gueule de bois. De celle dont on se dit qu’on arrête de regarder son club parce qu’on souffre trop. De celle qu’on a vécu une fois, qu’on pense ne plus revivre mais qui revient, saison après saison.

Pairs a donc maîtrisé son match et même plus. Pendant près de cent-quarante minutes, les parisiens ont éteint les madrilènes. Puis, tout seul, sans l’aide de personne, ils ont donné à leur adversaire une pincée d’espoir et tout s’est effondré.

Vous croyez que c’est un accident, un hasard, la faute à pas de chance ? Pas du tout, c’était presque trop écrit.

Quand tout va bien, le PSG est capable de marcher sur tout le monde, Bayern ou Liverpool compris. Mais à la moindre contrariété, tout s’effondre et là, le club de la capitale peut se faire marcher dessus par n’importe qui et en un temps record. Les trois buts du Real dont deux en moins de deux minutes, on pouvait presque les prévoir.

Les Ricardo, Kombouaré, Lama, c’était un autre d’état d’esprit

Le PSG a martyrisé le Barça, l’an dernier, au match aller. Pourtant, au match retour, Paris est à un arrêt de Navas sur penalty de rentrer aux vestiaires avec un but de retard et de sombrer. L’an dernier, le PSG a marché sur City pendant quarante-cinq minutes menant 1-0 à la pause. Extinction des feux à la pause et De Bruyne puis Mahrez vont sceller le match en six minutes. À Madrid, en 2018, Paris marche sur le Real de Zidane pendant soixante-dix minutes. Deux changements plus tard, et en vingt minutes, Paris va exploser et s’incliner 3-1.

Cette saison, le club de la capitale a pris ses distances en championnat, sans rien proposer. Pas de jeu, pas de collectif, ou très rarement. Aucune certitude dans le jeu mais une équipe à réaction, capable d’aller arracher une victoire face à Leipzig, ou un nul à Lorient et Lens.

Présent au club depuis plus d’un an, Mauricio Pochettino n’a donc rien travaillé. Des mois qu’il s’obstine à faire jouer Hakimi et Mendes dans une défense à quatre. Des mois qu’il s’obstine à faire jouer Messi sur le côté droit. Des mois qu’il balade Verratti en sentinelle, en relayeur, en numéro dix.

Vous pensez que c’est l’ADN du PSG ? Lors de la saison 1992-1993, le PSG est allé à Anderlecht après avoir fait 0-0 au Parc. Après avoir dominé, il a encaissé un but et était donc éliminé. Vous croyez qu’ils se sont écroulés ? Kombouaré a surgi pour égaliser et qualifier le club. Trois mois plus tard, après avoir perdu 3-1 à Madrid, le PSG mène 3-0 au Parc. À l’entrée du temps additionnel, Zamorano réduit le score et égalise sur l’ensemble des deux matchs. Bernard Lama remobilise tout le monde, le PSG repart à l’attaque et Ginola obtient un coup franc. Qui surgit pour mettre sa tête et qualifier le PSG ? Antoine Kombouaré.

Cette génération, de 1991 à 1997, ce n’était peut-être pas des stars, mais c’est cinq demi-finales de coupe d’Europe d’affilée dont deux finales.

La Ligue 1 est un problème parait-il ? Non, c’est le club et sa mentalité le problème. Le Bayern marche sur la Bundesliga, ça l’empêche d’être toujours présent ? Le Real est vieillissant et leader de la pire Liga des quinze dernières années, ça ne l’empêche pas d’atteindre les demi-finales la saison dernière et d’éliminer le PSG cette saison. L’Ajax joue avec des gamins, dans un championnat de seconde zone (parait-il) et pourtant ils posent des problèmes à tout le monde.

Pochettino n’a rien préparé en seize mois sur le banc

Pochettino n’a rien préparé, rien préparé de la saison. Puis, en février, il décide à placer Messi en faux numéro 9 et à installer un système hybride avec trois axiaux en phase de possession pour les libérer les latéraux face au Real au match aller. Pendant les trois matchs qui ont suivi, il est revenu à son bon vieux 4-3-3, seulement modifier en 3-4-3 par les joueurs eux-mêmes après trente minutes pitoyables face à Saint-Étienne.

Les certitudes, le banc, c’est ce qui te permet de t’en sortir quand ça va mal. Entre l’aller et le retour, Ancelotti a relancé Camavinga et Rodrygo. C’est sûrement un hasard si l’entrée de ces deux joueurs ont redynamisé le jeu du Real à leur entrée face au PSG. Pendant ce temps, le coach parisien a effectué un seul changement, Gueye pour Paredes.

À force de ne vendre que le résultat, de ne jamais écouter les critiques sur les prestations, l’entraîneur argentin s’est voilé la face. Mais surtout, à force de laisser les joueurs se moquer du jeu, des adversaires, il n’a rien créé en termes d’état d’esprit, de collectif et de certitudes.

Encore une fois, le grain de sable (la mauvaise relance de Donnarumma) est venu anéantir cent-quarante minutes de bonne prestation. Encore une fois, un entraîneur du PSG n’a pas trouvé les mots et les changements pour remettre son équipe sur les rails. Et encore une fois, aucun joueur sur le terrain n’a montré du caractère pour remobiliser tout le monde et ne pas sombrer.

Quand Donnarumma fait son erreur, le score est de un partout et le PSG est encore qualifié.  À 2-1, le PSG est encore en vie et peut encore aller en prolongations. Pourtant, sur l’engagement, ils vont perdre le ballon et ça va se terminer sur le troisième but de Benzema.

La politique non-sportive du club a une nouvelle fois montré ses limites. Oui, ce PSG peut gagner la Ligue des champions si les planètes sont parfaitement alignées et que personne ni rien ne vient en décaler une. Tant que le club pensera que les joueurs sont au-dessus de tout, qu’ils peuvent tout se permettre, et notamment de jouer quand ils veulent, et que les entraîneurs accepteront cela juste pour toucher leur gros chèque en fin de saison, rien ne changera.

On a le droit de continuer à rêver, mais on en a marre que chaque mois de mars, ou presque, on soit réveillé par des nuits de cauchemar.

Paris United

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