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Dijon v PSG : Une défaite qui pose problème

Paris s’est donc incliné chez le dernier de Ligue 1, Dijon. Un match dans lequel les Parisiens n’auront joué qu’une trentaine de minutes et les choix de Tuchel interrogent.

Avant le match, on avait dit qu’un Paris sérieux s’imposerait. Mais on avait aussi dit que c’était typiquement le genre de match que Paris déteste : le dernier de ligue 1, dans un stade complet mais silencieux, après le match face à l’OM et avant la Ligue des champions. On ne s’est pas trompé. Quand on ne respecte pas le football, on est puni, même face à Dijon.

Tuchel, des choix étranges

Thomas Tuchel devait composer sans NeymarKehrer, Meunier, mais surtout Silva et Verratti. Contre Reims, Silva n’était pas là. A Nice, Silva était là lors de la très bonne première période avant d’être remplacé par Marquinhos. Il n’était donc pas là lors de la mauvaise passe parisienne en seconde période.

Le coach parisien a donc décidé de faire redescendre Marquinhos en défense centrale. Pourquoi ne pas avoir mis Diallo et Kimpembe ? Sûrement parce que les entraîneurs n’aiment pas aligner deux gauchers dans l’axe. Mais pour ceux qui connaissent l’histoire du PSG, la paire Armand-Sakho (une autre époque), deux gauchers, cela avait très bien fonctionné.

Au milieu, c’est Paredes qui a occupé le poste de numéro 6, entouré par Gueye, qui revenait de blessure, et Bernat. On peut toujours se dire que balader Marquinhos entre le poste de numéro 6 et de défenseur central, ce n’est pas aidé le Brésilien. Paredes, quand il n’est pas entouré de vrais spécialistes à ses côtés, c’est compliqué. Gueye était à court de rythme et Bernat n’est pas bon à ce poste du milieu. Tuchel a donc mis l’Argentin en difficulté.

Devant, on attendait Cavani. Ce fut Icardi. Le message est de plus en plus clair pour l’Uruguayen. D’ailleurs, son entrée en jeu s’est faite après celle de Kurzawa, encore un choix étrange.

D’ailleurs, le coaching de Tuchel fut très bizarre. Pas de changement à la mi-temps pour relancer son équipe. Le premier remplaçant était Kurzawa. L’ancien monégasque enchaîne les prestations catastrophiques, il disparaît du groupe et quand il y revient, il entre le premier. Bizarre.

Alors oui, une défaite à Dijon, ce n’est pas un drame. Mais c’est quand même la troisième de la saison en seulement douze journées. Oui, Paris a eu les occasions pour revenir et même gagner le match. Mais le manque criant d’efficacité en attaque couplé à une fébrilité défensive surprenante face à la pire attaque de ligue 1 et Paris sort de ce match avec une défaite.

Tuchel ne peut pas être épargné par la critique. Les blessures à répétition, les choix étranges, le coaching, mais surtout la mainmise sur son groupe. Il n’a pas été écouté contre Reims. Il n’a pas été écouté sur la deuxième période face à l’OM. Et il n’a pas été écouté à Dijon.

L’Allemand est donc l’entraîneur qui a remporté le moins de titres au PSG depuis l’arrivée d’Ancelotti. Ainsi, il est celui qui a connu le plus la défaite depuis 2012. Il est le premier à connaître la défaite trois fois en douze journées seulement.

On a l’habitude de dire que dans les gros matchs, pas besoin de motiver les joueurs, ça vient tout seul. Le travail de l’entraîneur, en plus de la tactique, est d’être exigeant avec ses joueurs pour qu’ils soient mentalement prêts à jouer même les petits matchs. Force est de constater que L’ancien coach de Dortmund n’y arrive pas.

L’an dernier, il n’a fait que se plaindre de la profondeur de son banc, du manque de milieu. Cette saison, il a tout ce qui lui faut. A lui de trouver le bon dosage dans la rotation pour continuer de gagner même quand il y a des absents. Enfin, pourquoi Sarrabia a disparu alors qu’il commençait vraiment à être bon ?

Les joueurs, premiers responsables

Evidemment, ce sont ceux qui sont sur le terrain les premiers coupables du non-match contre Dijon.

Même s’il est baladé, une fois milieu, une fois défenseur axial, et même une mi-temps latéral droit, Marquinhos a réalisé un de ses pires matchs avec le PSG. Dépassé dans les duels, dans la vitesse, le deuxième but de Dijon en est le symbole. Avec lui, Kimpembe a fait un match digne de sa saison dernière. Pas de vitesse, une lecture du jeu défaillante, des interventions en retard. Quand vous avez votre charnière, avec deux cadres, qui passent au travers comme cela, c’est difficile pour les autres d’être au niveau.

Le positionnement de Diallo à gauche a-t-il eu une influence sur Kimpembe ? Sûrement puisque le Français commence à avoir ses automatismes avec Bernat et que Diallo est un défenseur axial qui dépanne à gauche. Compliqué. A droite, Dagba a rattrapé une ou deux erreurs grâce à sa vitesse, mais il apporte trop peu de garantie défensive et n’apportant rien du tout offensivement.

Au milieu donc, Paredes a refait du Paredes, mais celui de la saison passée. Lent, peu inspiré, du déchet technique, dépassé. Du très mauvais Paredes. Gueye, qui l’accompagnait au milieu a été transparent. Perdu dans ses courses, peu de récupération de balle, dépassé par la vitesse dijonnaise. Un match à vite oublier. Le troisième milieu était Bernat, comme face à Reims. Oui, l’Espagnol est un bon joueur techniquement. Oui, il a sûrement été le moins mauvais des trois milieux en première période. Mais ce n’est pas son poste et il faut arrêter avec cette innovation.

En attaque, pas de Cavani mais avec un Icardi en forme et buteur contre Marseille et Bruges, il y a 10 jours. Mais est-ce que lancer Cavani une soixantaine de minutes et faire entrer Icardi trente minutes aurait été un drame ? Heureusement que Edinson Cavani possède un état d’esprit irréprochable, pour l’instant.

Icardi s’est créé beaucoup d’occasions à Dijon. Mais il n’a pas marqué. Di Maria a beaucoup raté lui aussi, manquant de précision sur des passes qu’il réussit habituellement. Mbappé a marqué et a pratiquement été à l’origine de toutes les actions dangereuses parisiennes. Si Icardi avait été efficace, l’international français aurait terminé la rencontre avec un but et trois passes décisives.

Les absents n’ont pas toujours tort

Les joueurs parisiens ont abordé le match comme un match amical. Même s’ils se sont réveillés la dernière demi-heure, ce n’est pas normal d’aller jouer une rencontre de Ligue 1 avec aussi peu d’envie, même chez le dernier, même dans un stade sans ambiance.

On a alors pu constater, même si on le savait déjà, les absences préjudiciables de Silva et Verratti. Le Brésilien est le vrai patron de la défense. Il rassure les autres, s’impose dans les duels, compense les erreurs et permet au bloc d’être plus haut sur le terrain. C’est le vrai capitaine de cette équipe.

Pour Verratti, quand il n’est pas là, ça se sent. Les liaisons ne sont pas faites, le milieu ne réussit pas à garder le ballon et les défenseurs n’ont pas cette solution pour sortir le ballon. Et dire qu’il y en a encore des gens pour dire que le PSG serait meilleur sans le petit italien.

Cette défaite n’est pas un drame. Mais elle relance les interrogations sur le niveau de certains joueurs, les manques à certains postes, mais surtout sur l’influence de Tuchel sur son équipe.

 

Crédit photo : psg.fr

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