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4-3-3, 4-4-2 ? Faites vos jeux

Thomas Tuchel a donc fait évoluer son équipe en 4-4-2 face à Galatasaray. Un système qui présente des avantages et qui mérite d’être revu. Alors, 4-4-2 ou 4-3-3 ?

La saison dernière, jusqu’à février, Thomas Tuchel n’hésitait pas à changer de système régulièrement et parfois même dans un même match plusieurs. Marqué par l’élimination face à United, le technicien allemand avait décidé de sécuriser son équipe dans un 4-3-3 utilisé par tous les gros clubs actuellement et en positionnant Marquinhos devant la défense.

A cause (ou grâce ?) aux absences, le coach parisien a donc évolué en 4-4-2 à Montpellier puis face à Galatasaray. Après un match dans l’Hérault compliqué, Paris a fait exploser Galatasaray 5-0 dans ce système. Est-ce une nouvelle option pour le club de la capitale ?

Le 4-3-3, trop prévisible ?

Le système préférentiel de Tuchel depuis le début de saison l’était pour deux raisons majeures: la sécurité défensive avec un milieu renforcé et l’absence de nombreux joueurs dont Neymar et Mbappé. Le 4-3-3 offre donc un milieu fourni, travailleur. Les entraineurs ont tendance à dire que le match se gagne ici, dans le cœur du jeu.

Dans ce système, les Parisiens présentent pourtant quelques carences, notamment quand il y a de l’agressivité et de la densité au milieu. Marquinhos est alors utilisé à un poste où il peut dépanner mais dans lequel il montre ses lacunes quand il n’a pas le temps pour jouer. Et quand il est au milieu, il n’est pas derrière, là où il est le meilleur et là où il forme, avec Silva, l’une des meilleures paires de défenseurs axiaux au monde.

L’autre problème de ce système, c’est qu’il bride Neymar et Mbappé. Le Brésilien est plus prévisible quand il joue sur un côté, abusant des un contre un. Pour Mbappé, c’est pareil, ses appels sont trop stéréotypés et bien trop lisibles pour des défenseurs expérimentés. Dans ce système, Tuchel doit également se priver d’un de ces joueurs offensifs et on peut fortement parier que ce sera plus Icardi ou Di Maria qui sera sacrifié.

Alors évidemment, c’est le système utilisé par tous les derniers vainqueurs de la Ligue des champions. Pas de problème. Mais le football a connu des périodes d’évolution des systèmes. Le 4-2-4, le 4-4-2, le 3-5-2, le 4-2-3-1, le 4-3-3. Alors oui, il y a souvent une période de domination d’un système mais il n’y a pas de certitude qu’un autre système ne puisse pas gagner. Et le 4-3-3 va lui aussi vivre sa petite mort à un moment donné.

Si Paris devait rester dans ce système, il faut absolument que Marquinhos n’y soit plus utilisé au milieu mais derrière. Avec un milieu composé de trois joueurs parmi Gueye, Verratti, Herrera, Paredes, Draxler et Sarabia, voire Kouassi, Paris possède des joueurs avec des profils très différents qui peuvent être intéressants suivant le contexte et l’évolution du match.

Le 4-4-2, rationnel et mobile ?

En 2012 – 2013, Carlo Ancelotti est en difficulté au PSG après une défaite à Nice. Trois jours plus tard, son équipe reçoit Porto en Ligue des champions pour un match décisif pour la qualification. L’entraineur italien décide de changer son système et d’évoluer en 4-4-2 avec Pastore et Lavezzi sur les côtés et Menez avec Zlatan devant. Paris s’impose et se qualifie.

Ancelotti ne va plus changer de système et en quarts de finale, va passer tout près d’éliminer le Barça, après avoir fait match nul 2-2 au Parc. Au retour, Paris va mener 0-1 et toucher du doigt la qualification. Mais l’entrée de Messi et l’égalisation de Pedro vont doucher les espoirs du PSG. C’est le moment où le PSG de QSI aura été le plus près d’une demi-finale.

Contre Galatasaray, le système de Tuchel ressemblait à cela, même si le match était sans enjeu. Et franchement, on a envie de le revoir dans des matchs plus compliqués.

Le 4-4-2, c’est un système rationnel qui permet de bien occuper le terrain en phase défensive. Mais il permet aussi une certaine liberté pour les joueurs offensifs de couloir pour rentrer dans le cœur du jeu mais aussi pour libérer les couloirs pour les latéraux.

Dans ce système, Marquinhos redeviendrait un défenseur central puisqu’il n’y aurait plus besoin que de deux milieux. Mais surtout, il permet d’utiliser quatre joueurs offensifs. Il permet aussi d’utiliser Mbappé dans le système qui lui a permis d’exploser à Monaco.

Le problème de ce système, c’est qu’il demande des efforts de concentration plus importants pour les deux milieux défensifs. Mais surtout, il demande que les lignes, en phase défensive, évolue très près les une des autres. Ce qui implique que les défenseurs centraux n’hésitent pas à jouer très haut et très près de leur milieu de terrain. En jouant haut, ça évitera aussi que les offensifs de couloir se tapent des courses de 60m pour attaquer.

A domicile, à l’extérieur, par rapport au contexte

Evidemment, la base, quelque soit le système, ce sera l’implication des joueurs dans le travail défensif notamment, mais aussi leur faculté à jouer ensemble. Mais il y a d’autres éléments pour choisir le système.

Thomas Tuchel va pouvoir décider d’utiliser l’un ou l’autre système suivant qu’il joue à domicile ou à l’extérieur, mais aussi en fonction de l’objectif du match. Un match aller à l’extérieur avec un 4-3-3 pour être plus solide et le 4-4-2 au retour au Parc pour faire exploser l’équipe adverse. Mais il peut aussi faire l’inverse pour marquer à l’extérieur et suivant le score utiliser le 4-3-3 à domicile pour contenir l’équipe adverse. Même si on n’a pas de certitude aujourd’hui sur ces deux systèmes dans un gros match à enjeu, Thomas Tuchel sait qu’ils existent et que les deux ont fonctionné.

L’entraineur allemand voulait des joueurs, il les a. Il voulait un banc de touche, lui qui s’est plaint d’avoir un groupe trop limité la saison dernière. Il l’a. Il aime avoir plusieurs systèmes à utiliser. Il peut et il a les joueurs pour le faire. Il a donc tout ce qu’il faut et tout ce qu’il voulait. A lui, désormais, de nous faire rêver en grand… Et en vrai.

Paris United

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