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Tuchel a-t-il fait taire les critiques ?

C’est fait, Thomas Tuchel et ses hommes ont enfin franchi le cap des huitièmes de finale. Même si la suite de la compétition est fortement compromise, quelles conclusions peut-on tirer des choix du technicien allemands ? A-t-il fait taire toutes les critiques dont il était la cible ?

La bataille tactique

Parc des Princes
C’est clair et net, au match aller, le combat tactique avait clairement tourné à l’avantage de Lucien Favre. En tentant une composition plus que douteuse et en négligeant son point fort, l’attaque, Thomas Tuchel s’était tiré une balle dans le pied tout seul. Mercredi soir, en choisissant un 4-2-3-1 ou un 4-4-2 selon les phases de jeu, deux dispositifs  beaucoup plus offensifs, il a évidemment causé énormément de problèmes aux Allemands. Ce qui a forcé Dortmund à défendre, une chose que cette équipe n’aime pas faire. Les pistons que sont Guerreiro et Hakimi n’ont pas pu exprimer leur talent offensif car les Parisiens avaient pris possession des cotés autant sur le pressing défensif  que sur les phases d’attaque. On peut donc dire que le coach parisien a remporté la bataille d’avant-match. Seulement, on se demande encore pourquoi ne pas l’avoir fait directement au match aller ? Surtout que ce système marchait depuis deux mois, et que les joueurs avaient trouvé leurs automatismes. Il ne faut pas non plus croire que c’est la trouvaille du siècle.

Une charnière centrale ultra efficace

crédit photo voixdunord

Autre grosse satisfaction de ce huitième de finale retour, c’est la charnière centrale Marquinhos – Presnel Kimpembe. Les deux jeunes parisiens ont littéralement mangé le géant norvégien Erling Haaland. La défense Parisienne a enfin joué haut car le jeune Brésilien n’a eu de cesse d’hurler sur ses coéquipiers pour faire remonter le bloc, pour créer le moins d’espaces possibles entre les lignes et par conséquent offrir plus de solutions lors des phases de possession et d’étouffer les Allemands sur les phases défensives. Presnel Kimpembe en a même profité pour effectuer plusieurs interceptions très hautes, des jaillissements qui ne sont pas sans rappeler son match face à Barcelone en 2017. Alors on pourrait dire bravo à Thomas Tuchel, après tout c’est sa « compo ». Mais il l’a dit et répété, pour lui Marquinhos doit jouer en milieu défensif pour le moment. Quelle aurait été la charnière centrale si Thiago Silva n’avais pas déclaré forfait le matin de la rencontre ? Il y a fort à parier que le brassard n’aurais pas été autour du bras de « Marqui » et qu’il aurait sûrement évolué plus haut sur le terrain. Ce qui aurait causé un autre problème.

La guerre du milieu de terrain

Une des causes du naufrage collectif du match aller, c’est le manque d’agressivité et d’intensité au milieu du terrain. Emre Can et Alex Witsel s’étaient baladés toute la rencontre et avaient distribué des tampons en toute impunité. L’effectif parisien est très garni mais les joueurs vicieux manquent cruellement. Mais au retour, avec la suspension de Marco Verratti et la blessure de Thiago Silva, Thomas Tuchel n’a eu d’autres choix que de titulariser Leandro Paredes. Un joueur qu’il avait laissé à la maison trois semaines plus tôt pour des raisons extra sportives. Et l’Argentin a apporté ce qu’il manque le plus à l’équipe parisienne : de la « grinta » . Et il avait annoncé la couleur : « Moi je m’occupe de Can d’entrée. » Ce sont ses mots. Et il ne s’est pas fait prier. Dès l’entame de la rencontre il a harcelé l’Allemand n’hésitant pas à placer quelques béquilles sans que l’arbitre ne voit quoi que ce soit. Soyons clairs, ce n’est pas du beau football, mais c’est nécessaire dans ce genre de rencontre. Si tu ne manges pas ton adversaire, c’est lui qui le fera. Emre Can ira même jusqu’à ce faire expulser en fin de rencontre en perdant ses nerfs. Mais Paredes ce n’est pas que ça , sa qualité de jeu long, sa capacité à casser les lignes sur une simple passe dans l’intervalle. Il a beaucoup apporté à tous les niveaux. Sans oublier Idrissa Gueye qui a ratissé un nombre incalculable de ballons, dommage que le Sénégalais ne soit pas aussi régulier que son acolyte du soir.

Oui Thomas Tuchel a remporté cette double confrontation, oui les choix qu’il a faits se sont révélés payants. Le seul problème est que tous ces choix semblent être des choix par défaut. Taper sur le coach allemand n’est pas le but de cet article. Mais il faut analyser froidement les choses. Si l’on tient compte de ses déclarations, de son comportement avec certains joueurs et de la gestion du temps de jeu, tout porte à croire qu’il n’aurait pas fait ces choix là s’il avait eu son effectif au complet.

 

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