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Reportage : Supporter le PSG à Madrid

Comme à leur habitude, les supporters et ultras parisiens ont donné de la voix ce mardi soir, durant toute la journée. La pluie, un parcage mal placé en hauteur, ou encore une piètre prestation des Parisiens pendant 80 minutes, n’ont pas eu raison de leur motivation. Nous avons suivi l’un d’eux, Alexandre, lors de son déplacement à Madrid.

Tout commence la veille avec la préparation des affaires : une écharpe Virage Auteuil et le maillot hechter extérieur du Collectif Ultras Paris.

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Il faut bien veiller à ce que le mot « ultra » n’apparaisse pas sur les vêtements (mesure des autorités espagnoles). Décollage à 8 heures de Roissy avec son frère, qui partage la même passion, c’est leur premier déplacement ensemble. À l’enregistrement, retrouvailles avec des supporters. Après l’atterrissage, il faut directement aller récupérer les places à côté du Bernabéu.

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Dans les rues, les Parisiens sont comme à la maison, certains ont déjà pris le temps de poser quelques sticks dans le quartier du stade.

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Après un court repos à l’hôtel et quelques flâneries dans les rues madrilènes, les Parisiens doivent se retrouver au point de rendez-vous avec les ultras à 16h. L’ambiance commence à monter. Le cortège est prévu à 18h. D’un coup une voix familière résonne sur la place, celle du capo qui donne les consignes avant le départ.

La guardia civile est sur place pour encadrer les supporters. Un Madrilène vocifère de sa fenêtre. Des «puta madrid » sont lancés, l’échange se conclut par des bras d’honneur. Et c’est enfin parti pour le cortège. La voix des Parisiens résonne dans toute la ville, jusqu’au stade.

Beaucoup de Madrilènes filment le cortège, preuve que les supporters parisiens sont maintenant attendus en Europe, leur arrivée fascine comme à Liverpool l’année dernière. Devant l’Estadio, les supporters rentrent et sont fouillés par groupe de 50. Après, c’est l’accès aux tribunes et il faut dire que le parcage perché de Bernabéu n’est vraiment pas terrible. Les groupes, supporters, ultras sont dispatchés de manière aléatoire, ce qui crée quelques tensions. Une fois installés, les Parisiens peuvent retrouver leurs bonnes habitudes et reformer leurs blocs au sein du parcage afin de pouvoir donner un spectacle à la hauteur de leur réputation. À noter que les capos sont habituellement équipés de mégaphones, et là, rien, tout se fait à la voix : mesure des autorités. Difficile de communiquer mais Alexandre et son frère arrivent à suivre les consignes. À 2-0 l’ambiance tombe un peu mais les dix dernières minutes, c’est une ambiance de feu, lorsque Paris revient à 2-1 puis 2-2. La fête se poursuivra ensuite dans les bars et rues de Madrid. Mais c’est l’heure pour Alexandre d’aller débriefer la prestation des joueurs à son hôtel avec son frère. Le lendemain, le revoilà en terres parisiennes.

Des Parisiens seuls ?

Il est vrai que les supporters espagnols ne sont pas connus pour être les plus virulents d’Europe, mais plus comme des spectateurs. Pourquoi ? Tout d’abord le modèle des tribunes espagnoles est basé en général sur le modèle des socios, qui se réveillent le plus souvent que dans les grands matchs, cela se traduit juste par le fait de se lever en tribunes. On trouve donc souvent des socios, des supporters classiques (hinchas) et des ultras, très peu d’ultras. Le mouvement ultra espagnol va se développer dans les années 80 avec l’arrivée des Frente Atletico en 1980 (anciennement Ultras Sur), les Ultras Sur du Real en 1982, ou encore les Ultras Boys de Gijon (regroupant des supporters de la Hinchada Fondo), à la même époque. La politisation des groupes dans les années 1990  (majoritairement d’extrême-droite) va mener à de nombreux incidents. Les autorités vont par la suite les surveiller très attentivement. En 2014, un supporter de la Corogne a été tué après avoir été roué de coups par des ultras de l’Atlético Madrid. Cela va conduire les autorités à prendre des mesures drastiques. Javier Tebas, Président de la ligue, avait affirmé « c’est la fin des ultras nous allons les supprimer ». C’est pourquoi les Parisiens ne pouvaient pas porter des t-shirts estampillés « ultra ».  Barcelone avait deja pris les devant en excluant de ses tribunes les Boixos Nois en 2004. Suivi du real en 2013 qui nettoyait les rangs des Ultras Sur, désirant se séparer de la Madrid City firm d’ El Niño, frange néo-nazie. Autant dire qu’il a été difficile pour la Garda Fans (vêtue de blanc) de se faire entendre seule au Bernabéu hier soir. Les Parisiens n’en ont fait qu’une bouchée. Contrairement aux joueurs, eux, n’ont jamais faibli. 

 

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