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L’histoire du PSG 1998-2006 : Déclin et fin de l’ère Canal +

Après avoir étoffé son palmarès, avec en point d’orgue un titre européen, le PSG stagne puis régresse. L’instabilité institutionnelle se répercute sur les résultats sportifs. La fin de l’ère Canal + approche et la chute n’est pas finie.

Le départ de Michel Denisot en mai 1998 est un tournant. En sept années passées sous sa présidence, le PSG remporte huit titres dont un sacre européen. Capitaine Rai quitte également le club de la capitale pour finir sa carrière chez lui au Brésil. L’ère victorieuse du Paris-Saint-Germain laisse place à celle de l’instabilité.

 

Le fiasco Biétry

Jusqu’à la cession du club par Canal +, en 2006, le PSG connaîtra pas moins de quatre présidents, huit entraîneurs et des tensions croissantes en tribune. C’est dans un contexte de fin de cycle et de renouveau que Charles Biétry arrive au pouvoir.

Le nouveau président-délégué prend ses fonctions en juillet 1998 et doit porter le poids du passage réussi de Michel Denisot. Lors de la saison précédente, Paris a réalisé le doublé Coupe de France-Coupe de la Ligue mais n’a terminé qu’à la 8place. Charles Biétry recrute Alain Giresse comme entraîneur et annonce le titre de champion de France et la Ligue des Champions comme objectifs du club. Le PSG décide de frapper fort en utilisant un tiers de son budget (300 millions de francs, environ 45 millions d’euros) pour faire signer Jay-Jay Okocha.

Malgré cette recrue phare, le début de mandat de Biétry est catastrophique. Dès l’été, un clash éclate avec son joueur vedette, Marco Simone, qui souhaite voir son contrat revaloriser et menace de quitter le club. Le président trouve un accord avec le buteur italien mais ce dernier se blesse et le PSG réalise une mauvaise entame de championnat. Giresse est renvoyé après onze matches et Artur Jorge revient entraîner Paris. Biétry démissionne fin décembre soit environ cinq mois après sa prise de fonction et Laurent Perpère le remplace.

 

Perpère stoppe l’hémorragie

La saison du PSG est gâchée et le nouvel homme fort du club de la capitale remplace Artur Jorge par Philippe Bergeroo, adjoint d’Alain Giresse en début de saison. L’ancien gardien de but parvient à redresser la barre et les Parisiens terminent l’exercice à la neuvième place. En récompense, il garde les rênes de l’équipe et mène ses hommes à une belle deuxième place lors de la saison 1999-2000 même si la défaite en finale de la Coupe de la Ligue face à Gueugnon (2-0), alors en D2, passe mal.  Le Brésilien Christian termine meilleur réalisateur du club avec 19 buts.

Pour l’exercice 2000-2001, les dirigeants sont motivés par la perspective de jouer la Ligue des champions et investissent massivement sur le marché des transferts. Le board parisien frappe fort avec le retour de Nicolas Anelka pour la somme de 34,5 millions d’euros, un montant pharaonique pour l’époque. L’ancien Gunner vient en compagnie de Peter Luccin et Stéphane Dalmat, Frédéric Déhu, Lionel Létizi, Bernard Mendy ou encore Sylvain Distin.

Malgré cet effectif prometteur et une place de leader au bout de la 12journée, la machine s’enraye et Bergeroo est débarqué en décembre après un passage à vide de sept rencontres sans victoire. Cette fois c’est au tour de Luis Fernandez d’effectuer son retour. Mais le come-back du coach vainqueur de la Coupe des Coupes 1996 n’empêche pas le PSG de finir à un rang indigne des sommes mises en jeu (9e) et surtout de subir une humiliation lors d’un match couperet du 2tour de la Ligue des Champions. Une « remontada » en un seul match sur le terrain du Deportivo La Corogne.

Paris doit l’emporter pour espérer se qualifier lors de la dernière journée. A la mi-temps, la soirée semble parfaite et Laurent Leroy et ses partenaires mènent même par trois buts à zéro à la 55minute et s’acheminent vers un beau succès chez le champion d’Espagne en titre. Là, tout bascule. Une mise à mort dont le bourreau se nomme Walter Pandiani, auteur d’un triplé. L’improbable se produit et le Deportivo s’impose quatre à trois.

 

L’éclaircie Ronaldinho

Une saison à oublier. Et pour cela, les dirigeants effectuent un grand ménage à l’intersaison 2001-2002 et recrutent beaucoup de joueurs. Parmi eux, Ronaldinho et Gabriel Heinze. Les vidéos des exploits techniques du Brésilien tournent en boucle et il règne une certaine impatience de le voir évoluer avec la tunique parisienne. Cependant, des problèmes administratifs avec son ancien club, le Gremio Porto Alegre, l’empêchent dès son arrivée au club en avril 2001. Anelka profite quant à lui du mercato hivernal pour prendre la direction de Liverpool. Le PSG se classe 4du championnat.

L’exercice 2002-2003 est compliqué et Paris se contente de coups d’éclats, comme ce 9 mars 2003 et le show Ronnie au Vélodrome. Le premier succès à Marseille depuis 15 ans. Cette victoire ne masque pas un parcours en championnat de nouveau décevant (11e).

A l’aube de la saison 2003-2004, la star Auriverde met les voiles pour Barcelone et Canal + ambitionne de remettre le PSG sur les rails en misant sur un duo qui a fait les beaux jours de Lille : la paire Francis GrailleVahid Halilhodzic … Le buteur vedette de Bordeaux, Pedro Miguel Pauleta pose également ses valises à Paris, accompagné de Juan Pablo Sorin prêté par Cruzeiro (Brésil). L’Argentin ne connaîtra pas une seule fois la défaite. Paris termine à la deuxième place et remporte la Coupe de France face à Châteauroux (1-0) grâce à un but de Pauleta.

 

Canal + passe la main à Colony Capital

De cette finale, l’image des larmes du capitaine Frédéric Déhu, sifflé par les supporters, restera gravée. Son départ pour le rival marseillais avait fuité quelques jours auparavant. Une trahison difficile à accepter pour les fans parisiens.

La seconde année du duo lillois est plus décevante. Même si le recrutement semble cohérent (Jérôme Rothen, Sylvain Armand, Mario Yepes), les résultats ne suivent pas. Halilhodzic est renvoyé et Laurent Fournier prend sa place sur le banc. Paris stagne dans le ventre mou du championnat (9e). Le président Graille cède sa place à Pierre Blayau.

La saison 2005-2006 est la dernière de l’ère Canal +. L’attaquant d’Auxerre, Bonaventure Kalou est recruté pour épauler Pauleta. Au milieu, le club mise sur l’expérience en signant Vikash Dhorasoo. Le Tchèque David Rozenhal vient renforcer la défense. Sixième au classement, à seulement deux points du podium, Laurent Fournier est débarqué à la mi-saison. L’ancien coach de Guingamp, Guy Lacombe, prend les commandes pour les deux saisons les plus éprouvantes (lamentables ?) du PSG dans l’élite du football hexagonal. L’équipe francilienne termine de nouveau à la 9place mais sauve les apparences en remportant la Coupe de France face à l’OM (1-2) grâce notamment à une frappe lointaine surprise de Vikash Dhorasoo.

Une fois l’exercice terminé, le 12 mai 2006, Canal + vend le PSG à Colony Capital, associé au fonds d’investissement Butler Capital Partners et à Morgan Stanley pour une somme avoisinant les 40 millions d’euros (presque deux Kurzawa). Alain Cayzac est nommé président. Les propriétaires américains sont plus intéressés par l’acquisition des droits d’exploitation du Parc que par l’équipe. Les dirigeants ne sont pas aussi généreux que Canal + sur le plan financier et le recrutement s’en ressent. Dans les tribunes et aux abords du Parc, une violence croissante et des conflits (combats) se font réguliers. Le point de non retour sera atteint le avec la mort de Julien Quemener, un supporter parisien tué par un policier qui voulait défendre un autre fan du PSG, le 23 novembre 2006.

 

Palmarès du PSG de 1998 à 2006 

Coupe de France : 1998, 2004, 2006 Finaliste en 2003

Coupe de la Ligue : 1998, 2008 finaliste en 2000

Trophée des Champions : 1998

Vainqueur Coupe Intertoto : 2001-2002

Vice-champion de France : 2000, 2004

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