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Verratti : L’indispensable maître à jouer

Marco Verratti entame sa huitième saison au PSG. Orphelin de Thiago Motta, il reste un élément essentiel et indispensable du milieu de terrain parisien. Pourtant, ses prestations font encore débat.

Marco Verratti est un magnifique joueur qui suscite chaque année des débats enflammés. Ses blessures, son comportement envers les arbitres, sa progression, ses prises de risque, tout est prétexte à remettre en cause son niveau.

Verratti-Motta, un duo fait pour s’entendre

Quand le petit italien est arrivé en provenance de Pescara, tout le monde y est allé de son petit mot. Eric Mombaerts, ancien sélectionneur de l’équipe de France espoir nous a expliqué que des « Verratti, il y en avait plein les centres de formation en France« . Je ne vois pas où ils sont. Le Président rennais, Frédéric de Saint-Sernin, nous a expliqué que 11M€ sur ce joueur c’était n’importe quoi, que Belhanda avait plus prouvé et que le Parisien ne serait que rarement dans les dix-huit. On a vu le résultat.

Associé à Motta dans l’entrejeu parisien, il avait trouvé son binôme parfait. Les deux parlaient le même football, fait de passes courtes redoublées pour sortir du pressing, de déplacements coordonnés, tout fonctionnait parfaitement. Accompagné de Matuidi, les trois joueurs formaient un trio complémentaire dans la récupération et l’utilisation du ballon.

Jusqu’à la saison 2015-2016, Verratti a constamment progressé. Plus en jambes, capable d’aller chasser dans les trente mètres adverses, il permettait également au PSG de sortir le ballon proprement.

Certains expliqueront que ces dribbles dans la surface sont des prises de risque inutiles. Evidemment, ce sont les mêmes qui taperont sur un joueur qui ne fait que dégager le ballon loin devant ou en tribunes. D’ailleurs, combien de buts ses dribbles risqués ont-ils couté au PSG ? Zéro.

En Ligue des champions, puisque c’est le baromètre, « Petit Hibou » était très bon dans les phases de poules. Mais il fut aussi, très bon lors du quart de finale face au Barça en 2013 (2-2, 1-1). Il fut excellent face à Chelsea en 2014 au Parc des Princes (3-1), tout comme face au club anglais la saison suivante (1-1 et 2-2) alors que le PSG était à 10 au match retour suite à l’expulsion d’Ibrahimovic.

2015-2018, trois saisons compliquées

La dernière année de Laurent blanc et la première d’Emery furent compliquées pour Verratti. Gêné par une pubalgie, il n’a pas joué toute la saison, étant absent du quart de finale face à Manchester City (2-2, 1-0).

De plus, il était orphelin de Motta qui jouait de moins en moins. Il s’entendait plutôt bien avec Matuidi et Rabiot, mais il y n’avait plus cette fluidité dans son jeu. Quand il recevait le ballon, il n’avait plus l’Italo-brésilien pour lui offrir des solutions et multiplier les passes. Alors, c’est vrai, parfois, il a un peu trop porté le ballon. Ca lui sera souvent reproché par les observateurs.

Verratti est un milieu de terrain. Il a donc besoin de mouvement, d’appels autour de lui pour donner les ballons. Pourtant, c’est à lui qu’on va reprocher le manque de jeu du PSG.

Pourtant, un soir de février 2017, le PSG va battre le Barça 4-0 et il va être excellent. A la récupération, à la passe, il va réaliser une très grosse partie. Coïncidence (ou pas ?), dans cette rencontre, Rabiot va être utilisé dans le même rôle que Motta. Le problème, c’est que le Français ne veut pas être installé à ce poste. Pourtant, c’est là qu’il excelle, et c’est quand il est dans ce rôle que le PSG est bon.

Malheureusement, le match retour sera un cauchemar et, de nouveau, on va nous expliquer que Marco n’est pas présent dans les gros matchs, qu’il n’est pas capable de répéter les grandes performances.

La dernière année avec Emery sera meilleure. A l’aller, face au Real, pendant 70 minutes, le numéro 6 parisien va donner la leçon au milieu de terrain madrilène. Mais voilà, encore une fois le PSG craque et s’incline 3-1. Au match retour, Paris ne se révolte pas et est éliminé. Mais ce qu’on va retenir, c’est que Verratti va être expulsé pour contestation. Du pain béni pour ses détracteurs.

Les années Tuchel

Depuis que l’Allemand est arrivé, ça va mieux. Il a retrouvé des jambes, n’est plus gêné par les blessures. L’an dernier, il avait été essentiel lors de la phase de poules, notamment à Naples et face à Liverpool.

Au match aller à United, il avait également réalisé une grosse prestation. Le repositionnement de Marquinhos au milieu, et l’impact qu’il a apporté, permettait à l’Italien de poche d’être aidé dans les tâches défensives et d’être un peu plus libre pour construire le jeu. Mais encore une fois, le PSG va craquer au retour. Les observateurs vont alors lui tomber dessus une nouvelle fois, considérant que quand le PSG a besoin de lui, Verratti ne répond pas.

Cette saison, le positionnement de Marquinhos et l’arrivée de Gueye vont lui faire du bien. Il ne sera plus celui qui doit tout faire. Gueye apporte son activité, son impact et sa qualité technique. Les autres saisons, tout passait par Verratti. Il suffisait alors de lui mettre deux ou trois joueurs au pressing pour bloquer le jeu du PSG. Là, il va avoir plus de liberté puisqu’il faudra aussi surveiller le Sénégalais.

Les comparaisons, les critiques

Dans de nombreux grands matchs, Marco Verratti a très souvent été bon. Et quand Verratti est bon, le PSG est bon. Le problème, c’est que son comportement irrite et qu’on ne retient souvent que cela pour justifier les contre-performances. On oublie aussi qu’à son poste, il est dépendant de ce qui se passe autour.

Quand vous êtes défenseurs, vous gagnez vos duels, votre adversaire ne marque pas, vous avez fait votre match. Quand vous êtes attaquants, et même si vous êtes dépendants des autres, si vous avez une occasion, que vous marquez, vous avez fait votre match.

Au milieu, c’est différent. Si derrière vous, vos défenseurs dégagent le ballon, vous ne le touchez pas. Et si devant, vos attaquants ne se déplacent pas comme il faut, vous ne pouvez pas leur donner le ballon.

C’est ce qui s’est passé avec Verratti. Quand il recevait le ballon, il n’avait pas ces solutions de jeu court au milieu pour sortir du pressing, mais il n’avait pas forcément de solutions dans le jeu long, Di Maria préférant recevoir le ballon dans les pieds. Alors, pour ne pas perdre le ballon, il le gardait essayant de trouver une solution. Il était donc le coupable du ralentissement du jeu du PSG. Raccourci un peu trop simpliste, évidemment.

Chez ses détracteurs, on aime également le comparer. Il paraît que Kroos et Modric ont montré beaucoup plus que Verratti. Pourquoi pas. Mais aujourd’hui qu’ils sont moins bons, on explique cela par le fait que le Real est moins bon, qu’il n’y a plus Cristiano Ronaldo devant. Ces deux grands joueurs sont donc dépendants des performances de leur équipe ? Donc, ce qui est valable pour eux, ne l’est pas pour Verratti ?

On nous parle également de statistiques, comme quoi il ne marque pas assez, il ne fait pas assez de passes décisives. Le grand Xavi a marqué en moyenne, dans sa carrière, 5 buts par saison. Toni Kroos, qui, paraît-il, est une référence, marque 4 buts de moyenne par an. Verratti, au PSG, c’est un but par an. Franchement, la différence est vraiment significative ?

Verratti, c’est le joueur de l’avant dernière passe, des décalages. Très souvent, lors des offensives parisiennes, il permet de créer des espaces en fixant son adversaire avant de donner le ballon. Tout cela, ce n’est pas dans les statistiques, mais c’est d’une extrême importance. Encore une fois, ce qui est amusant, c’est de voir que pour un Busquets, on nous explique que son rôle et son jeu de passes sont déterminants dans le jeu du Barça et la sélection, même sans statistiques, mais quand c’est Verratti, ça ne suffit plus.

Le seul vrai point négatif, ce sont ses contestations incessantes qui lui valent régulièrement des cartons, et donc des suspensions. Mais comme il l’a souvent expliqué, il vit certaines décisions comme des injustices. Si on changeait son caractère, serait-il le même joueur ?

Alors oui, peut-être qu’il pourrait, parfois, prendre sa chance plutôt que de chercher une passe. Peut-être que, parfois, il devrait jouer plus haut sur le terrain. Mais finalement, est-ce que ce serait Toujours Verratti ?

Pogba a de meilleures stats, mais est-ce que j’échangerais Verratti contre l’international français ? Pour rien au monde.

@Yacine Hamened pour Paris United 

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