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La confiance, élément indispensable à la performance

La confiance est un élément déterminant dans le football. Celle qu’on a en soi, mais aussi envers ses coéquipiers. Le problème, c’est qu’on a l’impression que certains joueurs au PSG en manquent cruellement.

La confiance, c’est ce qui permet à un joueur de tenter des choses, de ne pas être bridé, timoré. Cette confiance, elle vient de ce que vous savez faire, mais aussi du regard des autres, de vos coéquipiers et de votre entraineur.

La saison dernière, alors que le PSG était privé de Neymar et Mbappé, Sarabia avait débuté la saison. Face au Real Madrid, il avait été très bon. Il avait enchainé, répondant présent dans la majorité des matchs. Puis, plus rien. Depuis l’arrêt à cause de la crise sanitaire, il n’y arrive plus. Évidemment, le problème vient de lui mais pas seulement. Le fait que son entraineur compte très peu sur lui, sauf quand il y a hécatombe, ça joue sur ses performances.

On l’a souvent dit, mais Thomas Tuchel ne s’occupe, en priorité, que des titulaires, et il a très peu de considération pour les remplaçants. Ce n’est pas une critique mais un constat qui était déjà fait depuis ses débuts à Mayence.

Confiance, les uns envers les autres

À son arrivée au PSG, beaucoup d’observateurs avaient remarqué un changement d’attitude. Plus proche de ses joueurs, il faisait beaucoup tourner en donnant sa chance à de nombreux joueurs et même des jeunes issus du centre de formation. Après la fameuse défaite face à United en 2019, il a commencé à changer. Le problème, c’est que ce PSG est composé en majorité de joueurs latins (Italie, Brésil, Espagne, Argentine) et que ces joueurs fonctionnent beaucoup à l’affectif.

Quand Sarabia a débuté la saison dernière, Tuchel avait besoin de lui. Ajouté à cela que l’espagnol devait prouver qu’il n’était pas là par hasard, ça a donné les bons premiers mois. Puis, quand tout le monde était disponible, le jeu a été exclusivement tourné vers Mbappé et Neymar. Il n’est pas anodin que Di Maria, quand les deux joueurs sont sur le terrain, soit moins performant. Il se sent moins utile, comme si on lui avait fait comprendre que le destin du match ne dépendait que du français et du brésilien.

Il a souvent été dit, par exemple, que lorsque Zlatan était sur le terrain, certains joueurs étaient inhibés. Le suédois est tellement exigeant, qu’il en arrive à en bloquer certains qui, en son absence, se libèrent et deviennent plus performants.

Ce PSG a trop de joueurs en manque de confiance, même si les limites de certains ne peuvent pas être ignorées. Quand Dagba ne tente jamais une passe vers l’avant, c’est aussi un problème de confiance. Quand Diallo marche sur le ballon à Monaco, c’est aussi un problème de confiance. Quand Draxler ne met pas un pied devant l’autre alors qu’en sélection il réalise de belles prestations, c’est aussi un problème de confiance.

Si je n’ai pas confiance en mon partenaire, je ne lui donne pas le ballon pour un une-deux et j’y vais seul. Le problème, c’est que ce partenaire le ressent et lorsque je vais lui donner le ballon, il aura la pression de se dire « il me donne parce qu’il n’a pas le choix, je dois lui montrer ». Vous n’êtes donc plus libérés mais sous pression.

Un attaquant en confiance, ça réussit (presque) tout

La confiance, c’est aussi quand Kimpembe joue avec Marquinhos ou Silva. Avec eux, il ne craque pas. Mais quand Tuchel décide de l’aligner avec Danilo, le français est plus nerveux, comme s’il savait la charnière moins performante. Son craquage à Leipzig, même s’il ne doit pas avoir cette réaction, c’est une conséquence des choix du coach mais aussi du comportement de ses partenaires en seconde période.

On a pour habitude de dire qu’un attaquant en confiance réussit tout ce qu’il tente. C’est vrai. Cette confiance, c’est celle en ses qualités de buteur, c’est aussi celle qu’il sent de ses partenaires qui lui donnent le ballon pour marquer, et c’est aussi celle de l’entraineur qui ne le mettra pas sur le banc au moindre raté.

Quand on regarde certains gros matchs, on a l’impression d’un PSG en manque de confiance parce que pas de repères dans le jeu, parce que certains n’ont pas confiance en leurs partenaires, mais aussi parce que certains n’ont pas la confiance de leur entraineur, comme s’ils sentaient qu’ils étaient des choix par défaut.

Pour terminer, on peut y ajouter la confiance des supporters. Quand un joueur est dans le doute, qu’il rate ses matchs, il est souvent sifflé et ça n’arrange, très souvent, pas ses performances. Malgré tout, il existe quelques exceptions de joueurs qui se nourrissent de cette adversité, mais ils sont très rares.

Évidemment, la confiance ne fait pas tout, mais elle est un élément indispensable à la performance d’un joueur et d’un collectif. Le Real Madrid n’a pas réalisé des matchs exceptionnels lorsqu’il a remporté trois Ligues des champions avec Zinedine Zidane. Mais les joueurs étaient unanimes : « le coach a confiance en nous. On irait à la guerre pour lui ». Tout est dit.

Pourtant, si le PSG veut atteindre les huitièmes de finale de la Ligue des champions cette saison, il va falloir retrouver confiance en son jeu, en ses qualités, se dire qu’ils vont le faire parce qu’ils ont confiance en eux. La première des trois étapes se joue mardi soir. Alors, doit-on leur faire confiance ?

Paris United

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