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Kouassi, Aouchiche : Comme des symboles

Tanguy Kouassi, Adil Aouchiche ou encore Pierre Kalulu ne souhaitent pas signer leur premier contrat professionnel dans leur club formateur. Ces départs avant signature peuvent-ils remettre en cause le système de formation français ?

Après avoir joué 13 matchs cette saison, dont deux rencontres de Ligue des champions alors qu’il n’était pas encore professionnel et qu’il était en fin de contrat stagiaire, tout était réuni pour que Tanguy Kouassi signe son premier contrat dans son club formateur, le PSG. Mais ça ne sera pas le cas sauf retournement de situation.

Ça a l’air de déranger beaucoup de monde. Il parait que c’est une honte que le jeune parisien ne signe pas dans son club formateur, surtout après avoir beaucoup joué pour une première intégration dans le groupe, de plus Tuchel l’apprécie et le club lui a fait une belle proposition.

Le revers de la médaille

Avant d’aller plus loin, est-ce qu’on regarde tous les joueurs qui sont dégagés des clubs chaque fin de saison sans scrupule et sans ménagement ? Est-ce qu’on trouve inadmissible qu’on vire des joueurs et qu’on les abandonne à leur sort sans les aider ?

Pour en revenir aux joueurs, de plus en plus de jeunes joueurs formés en France, s’en vont gratuitement, à la fin de leurs contrats stagiaires, et très souvent pour l’étranger. Parfois par conviction, mais très souvent sous l’influence d’un entourage qui sait qu’il grattera plus d’argent à l’étranger.

Parce qu’à la décharge des clubs français, il y a deux éléments qui les mettent en difficulté. Le premier, c’est le contrat. Un jeune formé en France qui signe dans son club ne pourra obtenir qu’un contrat de trois ans. A l’étranger, il pourra aller jusqu’à 5 ans, et c’est un élément important car ils cherchent avant tout la sécurité.

Le second problème est économique. Pour être concret, à 100 000€ de salaire par mois, le club français, avec les charges, paiera environ 200 000€ quand le club allemand paiera 110 000€. Les clubs français ne peuvent donc pas s’aligner sur les salaires proposés, et encore moins sur les primes à la signature. Malgré tout, il y a des moyens de ne pas se retrouver dans cette situation.

Il faut absolument une Ligue 1 plus forte. Tant que le championnat ne sera pas spectaculaire, que le public ne sera pas présent partout (et pas seulement dans 5 stades), tant que les matchs seront d’un niveau technique affligeant, ça ne changera pas.

Pour avoir un championnat français plus attractif, il faut que les présidents travaillent ensemble et dans le même sens, au lieu de se tirer dessus en permanence. Oui, dans les autres pays, les clubs sont en concurrence au niveau sportif. Mais quand il faut s’unir pour la répartition des droits tv, la compétition et tout ce qui concerne l’intérêt commun, les divergences s’effacent au profit du bien commun.

Il faut ensuite que les clubs donnent leurs chances aux jeunes, qu’ils arrêtent d’avoir peur de les faire jouer, mais aussi qu’ils arrêtent d’aller chercher des joueurs étrangers très moyens.

Le club français ne doit plus être un simple tremplin

Par exemple, au lieu de mettre 15M€ sur 50% de Mitroglou, l’OM aurait mieux fait de promouvoir un jeune du centre qui n’aurait pas fait pire. Quand le PSG achète Krychowiak pour 28M€, il a peut-être un ou deux jeunes à qui on peut proposer un bon salaire et une intégration au groupe pro. Des exemples comme cela, il y en a plein les clubs français.

Les clubs vont alors vivre le revers de la médaille de ce football business. A force de croire qu’on pouvait dégager salement les jeunes joueurs sans scrupule, les clubs subissent l’effet inverse : la formation et de la notoriété du club servent de tremplin, puis départ gratuitement avec une prime à la clé.

Désormais, les clubs vont tout faire pour faire signer les jeunes de plus en plus tôt pour ne pas se les faire piquer. Sauf qu’ils devront leur donner des salaires avec encore moins de certitudes de réussite. Mais comme beaucoup ne joueront pas, tout cela ne durera qu’un temps, jusqu’à ce que les joueurs de 16 ans comprennent que c’est juste pour qu’ils n’aillent pas signer ailleurs.

Le football français doit revoir son jeu, son spectacle, mais aussi l’identification à un club. Le football français doit trouver le moyen de mettre ses clubs au-dessus des joueurs. Enfin, comme l’a dit Leonardo, quand un joueur est dans sa dernière année de contrat et qu’il tarde à signer, il ne joue pas.

C’était déjà compliqué, mais de plus en plus, en France, les fans vont devoir supporter leur club, et non plus des joueurs. Les clubs français vont également arrêter de montrer cette image de tremplin. Il faut que les joueurs arrêtent de se dire « mon club n’est qu’une étape. Quoi qu’il arrive, j’irai à l’étranger ». Mais pour tout ça, il faut une révolution globale, de la FFF à la LFP, un peu à l’image de la révolution Premier League en Angleterre en 1992. Quand on voit ce qu’est devenu le championnat anglais, ça vaut le coût d’essayer.

Crédit photo : psg.fr

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