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Bilan: Offensivement, des individualités sans collectif

Alors que la saison vient de se terminer, c’est le moment de faire le bilan des joueurs. Après les gardiens et défenseurs puis les milieux, suite de notre série avec les joueurs offensifs.

Offensivement, le PSG possède, sur le papier, de grandes qualités et d’un potentiel énorme. Le problème, c’est qu’il faut de la régularité, des relations, mais aussi un minimum de travail et de pensées collectifs. Ce fut trop rarement le cas. De plus, on a bien vu, au cours de la saison, l’évolution vers un jeu de transition avec un bloc plus bas qui correspond plus aux qualités de certains joueurs.

Les satisfactions

Comment ne pas commencer par Kylian Mbappé au rayon des réussites ? Il est vrai que le français a démarré la saison sans préparation mais surtout en sortant d’un final 8 qu’il a joué amoindri par une blessure à la cheville suite au tacle de Perrin en finale de la coupe de France. Si on y ajoute le covid, ça faisait un cocktail explosif.

Il a donc traversé la première partie de saison, réussissant quelques exploits mais sans continuité. De plus, son jeu était pollué par des gestes inutiles et un comportement très discutable. Puis, il y a eu le tournant face à Nantes.

Alors qu’il avait réussi un magnifique match aller à Barcelone (trois buts) puis un match retour plus quelconque, le français offrait le but de la victoire aux nantais au Parc des Princes après une perte de balle qui résumait alors son comportement : contrôle de la semelle, nonchalance, passe en retrait mal assuré. Et on a eu l’impression que ce fut un déclic.

A partir de cette erreur, le champion du monde a semblé se transformer, gommant toutes les futilités de son jeu et se tournant vers l’efficacité. Et on a vu la différence. Malheureusement, après avoir été très bon face au Bayern, il jouera le match aller face à City fatigué, finira par se blesser et manquera le match retour. Mais avec 42 buts en 47 matchs, il fut l’arme offensive numéro 1 du PSG.

Angel Di Maria est aussi à placer dans les satisfactions, surtout parce qu’il a bien fini la saison. Moins en jambe que les saisons précédentes, pour les raisons qu’on connait, l’argentin a même fini par être mis sur le banc par Thomas Tuchel. Avec Pochettino, il a enchainé et même s’il a eu du mal au début, il a été de mieux en mieux. Il a continué de distiller des passes décisives, mais a surtout été très intéressant dans le travail défensif sur les gros matchs. En temps normal, on aurait été plus dur mais avec le contexte, et comparé aux autres, sa saison reste globalement positive.

Enfin, Moïse Kean fut la belle surprise. Prêté par Everton, l’italien a marqué, travaillé, avec, en point d’orgue, son match aller à Barcelone. Dommage qu’il ait attrapé le covid en sélection et qu’il a semblé souffrir pour s’en remettre, incapable, d’après le staff, de jouer les gros matchs.

Les déceptions

Malheureusement, elles sont trop nombreuses, avec, au premier rang, Neymar. On ne va pas revenir sur le talent du brésilien, mais on en attend autre chose.

Trop souvent blessé et suspendu, il manqué beaucoup trop de matchs. C’est un problème parce que Paris ne peut pas compter sur lui, mais c’est aussi à cause de cela qu’il n’a jamais trouvé le rythme. Le brésilien a besoin d’enchainer pour être compétitif et on a vu qu’il lui manquait des jambes. Quand il est moins bien, au lieu de simplifier son jeu, il abuse des actions individuelles, sans compter sa propension à tomber dans tous les pièges de la provocation.

Il a manqué la double confrontation face au Barça, a réussi deux bons matchs face au Bayern, où il ne lui aura manqué que la finition au retour, mais aura sombré face à City. A bientôt 30 ans, la saison prochaine s’annonce comme un virage : soit il se remet en question et il emmène le PSG le plus haut possible, soit rien ne change et il restera comme une frustration, l’idée qu’il aurait dû apporter beaucoup plus.

Photo : EFE

Mauro Icardi figure également au rang des déceptions. Jamais en jambe, il a attaqué la saison avec des kilos en trop et des blessures, n’étant pratiquement jamais disponible jusqu’au départ de Tuchel. On a cru voir du mieux à l’arrivée de Pochettino, mais ce fut trop rarement. Après avoir brillé lors des premiers mois de son prêt en 2019-2020, il n’a jamais confirmé.

Julian Draxler est également une déception. Qu’il est loin le joueur élégant et décisif des six premiers mois quand il est arrivé de Wolfsburg. A chaque match, il y a une ou deux actions où on se dit qu’il a du talent, que c’est dommage de ne pas lui donner plus de temps de jeu. Mais dans la même rencontre, on se dit également qu’il n’a pas la bonne attitude, qu’il n’a pas envie de se faire mal et de donner plus. En fin de contrat et alors qu’il semblait sur le départ, le club l’a prolongé pour les trois prochaines saisons. Comme pour Neymar, c’est la dernière chance de ne pas passer à côté d’une carrière plus grande.

Enfin, reste le cas Sarabia. Depuis l’arrêt de la saison dernière, il n’a jamais retrouvé son niveau des sept premiers mois. Emprunté, manquant de rythme, il a semblé subir le changement de stratégie de l’équipe. L’espagnol ne possède pas de qualités athlétiques importantes et, pour être bien, il a besoin d’un jeu construit, où ce sont les mouvements et les déplacements qui font la différence plus que les exploits individuels. Avec l’évolution du jeu du PSG, il a semblé errer sur le terrain, cherchant sa place et subissant l’abus d’actions individuelles de certains joueurs.  Après deux ans, il semble résigné à quitter le club et Paris ne le retiendra pas s’il y trouve son compte.

Il ne suffit pas d’avoir des joueurs offensifs de talent et de les empiler pour être compétitif. Alors oui, le contexte et le manque de préparation sont des éléments à prendre en compte. Malgré tout, il y a eu trop de manques cette saison et le club de la capitale va devoir travailler à un mercato basé sur les complémentarités plus que sur le talent individuel.

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