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Angel Di Maria : «En raison de mon affection pour le PSG et ses supporters, remporter la C1 ce serait magnifique.»

En 2015, à l’âge de 27 ans, Angel Di Maria signe au Paris Saint-Germain auréolé de son statut de vainqueur de la ligue des Champions (2014) et de finaliste de la dernière coupe du Monde. Rien que ça. Cinq saisons plus tard, l’aillier argentin est toujours parmi les meilleurs passeurs européens, et il clame son amour pour le club de la capitale.

Entre timidité et humilité, dans cette ville qu’il aime tant : Paris

Les admirateurs de celui qui porte le n° 11 au PSG depuis cinq ans le savent bien, c’est sur le terrain que Angel Di Maria s’exprime le mieux. « El Fideo » n’est pas un adepte du micro qu’on lui tend ni des interviews, mais en cette période inédite il s’est confié pour le quotidien sportif L’EQUIPE : « Vous le savez, ce n’est pas trop mon truc. Vous ne me voyez jamais en conférence de presse ou en zone mixte. »

Face à la crise sanitaire, l’Argentin est resté confiné à Paris, tout naturellement : « Pour être honnête, je nous sentais en sécurité dans ma maison, moi et ma famille. Je savais que si j’avais le moindre problème, j’appelais le club et, en dix minutes, on trouvait une solution. Si on avait un souci, il y avait le médecin, l’hôpital. Ma fille aînée est allergique au lactose, en Argentine, on ne trouve pas partout les produits adaptés. Quand tu as de jeunes enfants, dans ma ville (Rosario), ça peut être compliqué si tu dois aller à l’hôpital. Ma tranquillité passe avant tout par le bien-être des miens. Et puis, Paris, c’est ma ville aujourd’hui alors c’était naturel de traverser cette période ici. »

A Paris, Angel Di Maria est chez lui, et il insiste sur son bien-être : « La vie de footballeur peut vous isoler, surtout dans un tel club. Je me sens très bien à Paris. Dès que je suis arrivé, je me sentais chez moi. Honnêtement, je ne suis pas si coupé des gens. De toute façon, quand tu as deux filles, tu dois avoir une vie normale. J’aime bien aller faire des courses, je vais au parc avec elles, je fais des trucs normaux quoi. Le respect des gens en France m’a beaucoup surpris. Quand je suis dans la rue avec mes filles, on ne vient jamais me déranger pour une photo. Ça arrive quand je suis seul, mais ça se passe toujours bien. »

A quelques jours de la reprise de l’entraînement fixée au 22 juin, « ADM » revient sur un isolement qu’il a mal vécu : « C’était difficile, pour tout un tas de raisons. Ne pas pouvoir voir la famille (en Argentine), ne pas sortir de la maison. Il faut dire qu’on a respecté le confinement à 100 %. En deux mois, je n’ai dû sortir qu’une ou deux fois pour aller faire des courses. Depuis quelques jours, je suis avec mes proches dans une maison du sud de la France. Ça fait trois mois qu’on était enfermés à Paris, on avait envie de se vider la tête et de penser à autre chose. »

Son avis sur l’arrêt de la Ligue 1

Suite aux décisions prises en France par les instances du football professionnel et notamment la suspension définitive du championnat de France, Angel Di Maria se range du côté de ceux qui regrettent ces décisions prématurées, mais reconnaît que la santé de tous reste la priorité : «  Comme beaucoup, je pense qu’on s’est précipité pour prendre une telle décision. La France est aujourd’hui un des pays où la situation sanitaire est la plus favorable et, pourtant, on a tout arrêté définitivement. Ce sont des affaires de politiques, de médecins. Nous, on aurait aimé terminer le Championnat, mais des décisions ont été prises et il faut les accepter. S’ils ont fait ce choix, c’est parce qu’ils ont d’abord pensé à la santé et au bien-être des gens, alors ça me va. »

Le public du Parc des princes

Régulièrement dans cette interview, Angel Di Maria insiste sur la ferveur des supporters parisiens et leur soutien inconditionnel. En cinq saisons, le prodige argentin sait de quoi il parle, et il évoque forcément la soirée inoubliable du 11 mars dernier lors de la qualification en Ligue des Champions face au Borussia Dortmund : « Je n’ai pas de mots pour dire ma gratitude aux ultras. C’est la première fois que je vivais un truc comme ça. Grâce à ce qu’ils nous ont transmis les trois ou quatre heures avant le match, ils nous ont fait sentir qu’on était un grand club, une grande équipe, et c’est ce qu’on a montré sur le terrain. On s’est battus quand il fallait se battre, on a fait du jeu quand il fallait faire du jeu, on a couru quand il fallait courir. On a senti les supporters à l’extérieur du stade pendant les quatre-vingt-dix minutes. Cela a été un plus extraordinaire. Et ce sont les dernières images de sport qu’on a, c’est la victoire face à Dortmund en huitièmes de finale retour de la Ligue des champions. »

L’ambiance et le collectif parisien

Après la défaite au match aller à Dortmund, les joueurs parisiens ont été critiqués pour une soirée d’anniversaire malvenue, Angel Di Maria s’en explique et s’excuse à nouveau : « Oui, c’est vrai que ce n’était pas le moment. On s’est excusés auprès du club, auprès des supporters. On venait de s’incliner à Dortmund, mais tout était organisé, et on ne pouvait pas annuler à cause d’un match. Nous sommes des footballeurs mais aussi des humains, on a une vie. Parce que tu as raté un truc dans ton travail, tu ne fêtes pas ton anniversaire ? Au final, je crois que tout ce qui s’est dit là-dessus, qu’on n’avait pas respecté le club, etc., on y a répondu au match retour. On a montré que l’équipe était soudée, que le club nous tenait à cœur et qu’on allait tout donner pour passer. On ne perd pas un match à cause d’un anniversaire mais parce qu’on n’est pas au niveau. Le football fait beaucoup parler et, à l’extérieur, on accorde parfois trop d’importance à certaines choses. A tous ceux qui nous ont critiqué à tort, nous avons su leur montré que l’équipe était plus unie que jamais. »

Angel Di Maria a connu le vestiaire du Real Madrid, puis celui de Manchester United. Peu importe, le joueur parisien s’appuie sur des vérités qui sont valables partout : « La clé d’une équipe, c’est que chacun sache quel est son rôle et celui de ses partenaires, et s’y tienne. C’est le fondement du respect entre les uns et les autres. Prenez notre équipe : tu sais que Kylian et Ney sont les deux joueurs les plus importants et qu’après, il y a les autres. Tu peux penser ce que tu veux, mais c’est la réalité. C’est comme ça dans le foot : tu as les meilleurs, ceux qui ne sont pas loin, et ceux qui accompagnent derrière. Pour autant, au fil des ans passés ici, j’ai toujours senti le respect entre les joueurs

A Paris comme dans toutes les équipes où il a évolué, le stratège argentin fait partie des individualités qui comptent. Mais pour lui, l’important est ailleurs, c’est la force du collectif qui prime : « On est quatre, cinq, six, sept joueurs sur lesquels l’entraîneur compte principalement. Un coup il va miser plutôt sur certains, un coup sur d’autres, mais il y a un noyau qu’il fait jouer la plupart du temps. Là-dedans, tu as deux joueurs indiscutables à chaque match, Kylian et Ney, mais ils ne peuvent pas tout jouer. Ça permet au coach de faire en sorte que tout le monde se sente impliqué. Parfois certains sont contents, d’autres non, c’est normal. Mais il a donné à chacun d’entre nous l’opportunité de se montrer. »

Parc des Princes

 L’objectif Ligue des Champions 

Pour Angel Di Maria, la qualification face à Dortmund est une étape importante, qui permet au Paris Saint-Germain de retrouver les quarts de finale, mais le chemin est encore long. Cependant, il confirme également l’excellent état d’esprit et la force collective du groupe parisien : « Depuis le début de la saison, on se sentait tous dans de bonnes dispositions. On a une équipe exceptionnelle, avec de supers individualités. Quand chacun fait ce qu’il a à faire, quand on tire tous dans le même sens et qu’on se démène les uns pour les autres comme on le fait depuis un an, je crois qu’on est très difficiles à battre. Être un collectif, c’est indispensable et je crois que l’équipe l’a compris. »

Quand il évoque la Ligue des champions, Angel Di Maria semble avoir les yeux qui brillent, et il revient sur sa relation avec les supporters parisiens : « La remporter avec Paris, ce serait magnifique. Pas seulement de gagner l’épreuve mais en raison de l’affection que j’ai pour le club et pour ses ultras. J’ai le sentiment que ces deux dernières saisons, j’ai gagné le respect des supporters. Ça m’a donné beaucoup de force, j’essaie de les remercier par ce que je fais sur le terrain. Si je pouvais leur apporter la C1 avant de partir, ce serait parfait pour refermer notre histoire. »

Après ces mots-là, pas facile d’enchaîner. Pourtant, ce joueur pas comme les autres qu’est Angel Di Maria, conclut sur le ton de ses convictions avec tout le respect qu’il a pour son club et ses supporters : « Terminer ma carrière en Europe avec le PSG est la seule chose que je souhaite et que j’ai en tête. Je suis heureux ici, ma famille aussi. Quant à la suite, je n’en sais rien pour l’instant. On na entamé aucune discussion et ce n’est pas mon intention pour le moment. Je veux me concentrer sur le terrain, le reste viendra plus tard. »

L’interview de Angel Di Maria est à retrouver en intégralité dans le journal L’Equipe.

 

Crédits : psg.fr , lequipe.fr

Rédaction pour Paris United, Fredi

Paris United

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