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Paul Le Guen, portrait d’un entraineur contrasté ?

Ancien joueur du Paris Saint-Germain de 1991 à 1998, Paul Le Guen devient entraineur au Stade Rennais juste après sa carrière de footballeur professionnel. Il entrainera ensuite l’Olympique Lyonnais et les Glasgow Rangers avant de débarquer sur le banc du club de la capitale le 15 janvier 2007, pour succéder à Guy Lacombe.

 

Très souvent décrit comme quelqu’un de froid, réservé, peu souriant, pourtant Paul Le Guen ne laisse pas indifférent ses interlocuteurs : « Un homme de convictions » disait Michel Denisot, « il reste lui-même en toutes circonstances »racontait Alain Cayzac (président du PSG de 2006 à2008).

Paul Le Guen est perçu comme le maître du silence, et il en est coutumier. Très posé, il a toujours réussi à cacher son stress et réfléchit énormément avant de parler, afin de peser chacun de ses mots.

L’entraineur breton n’est certainement pas un bon client pour la presse, il est complaisant, représente le profil type de l’anti-star et il ne cherche pas à améliorer sa réputation. Ce qui lui donne cette image différente des autres.

Paul a été programmé pour être manager, pour diriger et c’est dans le club de la capitale que le breton a développé son charisme naturel et réussi à impressionner ses collègues ainsi que beaucoup d’employés du club. « C’est un meneur d’hommes », souligne Alain Cayzac.

2007 – 2008: des débuts compliqués au PSG

Il vit une première saison compliquée au PSG, qui tourne au calvaire, l’équipe se maintient in extremis lors d’un déplacement à Sochaux où Amara Diané sauve le club parisien et lui permet de rester dans l’élite. Revenons sur les évènements qui ont manqué la première saison de Paul Le Guen à Paris.

Tout d’abord, un premier mercato raté, il ne recrute que des éléments défensifs (Bourillon, Ceara, Camara et Digard). Seul Camara donnera satisfaction lors de cette première saison au sein du PSG, le club parisien manquera de solutions offensives tout au long de l’année, un problème que n’avait pas anticipé le technicien breton ?

Le jeu de l’équipe est critiqué, hormis quelques matchs au Parc des Princes, (le 4 à0 contre Valenciennes en Coupe de la Ligue ou le 3 à0 contre Lens), l’équipe parisienne ne produit rien et on ne comprend pas comment joue cette équipe…La seule satisfaction lors de cette saison 2007-2008 pour Paul Le Guen est que Paris défend assez bien et commet très peu de fautes.

La gestion de son groupe a été un vrai problème, il a eu beaucoup de difficultés à manager  ses joueurs cadres en ne mettant pas tout le monde sur le même pied d’égalité. La preuve avec Mickael Landreau et Pedro Miguel Pauleta, le gardien français auteur de mauvaises performances n’a jamais été relégué sur le banc alors que l’un des plus grands buteurs de l’histoire du club n’était titulaire qu’une fois sur trois, parce qu’il était sur le déclin ? On ne le saura jamais.

Paul n’a pas su s’appuyer sur les jeunes joueurs issus du centre de formation, alors que c’est l’une de ses forces habituellement. On se souvient de ce match avec une composition surprenante le 20 octobre 2007 àValenciennes lorsqu’il décide de titulariser pour la première fois cinq jeunes joueurs du centre de formation (Mamadou Sakho, Granddi Ngoyi, Loris Arnaud, Younousse Sankharé et David Ngog). Il lance ces jeunes joueurs pour « vexer »les titulaires et cadres habituels mais malheureusement il ne fait que les griller puisqu’après ce match-là, ils ne sont réapparus qu’épisodiquement dans l’équipe, ce qui est très compliqué à gérer pour un jeune joueur au tout début de sa carrière professionnelle.

Il cultive également une non-communication contre-productive. Nous connaissons la communication minimaliste du breton vis-à-vis de l’extérieur. C’est souvent en mettant publiquement ses peurs, ses doutes, ses états d’âme sur la table que le débat avançait. Cependant, cette absence de communication est un problème. Marcelo Gallardo a été le seul joueur à stigmatiser le silence de son entraîneur. En privé, on apprend que plusieurs joueurs en souffrent. Il y a ainsi comme une fissure pour ne pas dire une cassure au sein du vestiaire, une majorité des joueurs influents du PSG se posent désormais des questions sur leur entraîneur et sa capacité à les diriger.

2008 – 2009 : saison du renouveau pour le Paris Saint-Germain

La saison commence avec l’arrivée à la présidence du club de Charles Villeneuve, qui remplace Alain Cayzac. Malgré le fait que son activité de manager soit mise entre parenthèses, il est à l’origine dun mercato ciblé et des arrivées de Stéphane Sessegnon et Guillaume Hoarau dans la capitale. Lors de cette période estivale, il souhaite recruter des joueurs rentables à moyen terme. Cependant, il n’aura pas eu la mainmise sur le recrutement puisqu’on lui imposera l’arrivée de Mateja Kezman dans l’urgence.

En ce début de deuxième saison sur le banc du club parisien, Paul Le Guen n’hésite pas à faire jouer la concurrence. Il décide alors de moins faire jouer des joueurs qu’il avait lui-même choisi, comme Grégory Bourillon et Peguy Luyindula. Il s’appuie alors sur des joueurs dont il n’avait pas initié la venue, comme Claude Makélélé qui joue tous les matchs et qui devient le capitaine de l’équipe. Même Mateja Kezman a le droit à du temps de jeu en ce début de saison, preuve que Paul Le Guen n’attribue de passe-droit à quiconque et ne met aucun joueur au placard.

Une des forces de l’entraineur est qu’il se fie avant tout à son opinion et ne se laisse impressionner par personne, que ce soit au sein du club ou même des critiques extérieures. D’ailleurs, beaucoup de ses choix sont critiqués au début de saison.

Malgré cela, Paul Le Guen s’appuie sur plusieurs matchs pour façonner sa tactique et après un début de saison moyen, il réussit à trouver son équipe-type lors du match contre Lille (victoire 1 à 0 des parisiens). Il décide de mettre Stéphane Sessegnon sur le côté droit de l’attaque parisienne alors que tout le monde le lui déconseille. Un choix qui s’avèrera payant puisque l’équilibre tactique est trouvé et l’équipe enchaîne les bons résultats. En plus de tout cela, l’équilibre est également trouvé en coulisses puisque le coach breton avoue lui-même qu’après une période d’observation, l’entente avec son président est très bonne et que tout fonctionne à merveille entre les deux hommes.

Le PSG enchaine les très bons résultats jusqu’au mois de mars et Le Guen réussit à maintenir le cap malgré toutes les critiques dans la presse et les rumeurs qui envoient Didier Deschamps à sa place. Il hisse le PSG sur le podium pendant sept journées consécutives, ce qui est impressionnant pour une équipe qui s’est maintenue àla dernière journée lors de l’exercice précédent. Le tacticien utilise alors une communication lucide, quand certains parlent d’un manque d’ambition puisqu’il déclarera que « la marge de manœuvre est faible compte tenu de l’effectif ». Il a même déclaré que son effectif était inférieur à celui de cinq ou six autres équipes du championnat.

C’est à partir de la mi-mars que les résultats chutent, l’équipe parisienne commence à être moins bien physiquement et cela se ressent. Le club parisien est le dernier club français encore présent dans une compétition européenne et le fait de jouer tous les trois jours devient difficile.

Le responsable de ces défaites est toujours le même … Il s’agit bien de Paul Le Guen, peut-être par son refus de communiquer en dehors des points presse avant et après chaque match. Même si en parlant plus à la presse, cela n’aurait sans doute pas changé grand-chose. Suite à toutes ces critiques et après certaines fuites dans la presse, il se dit à quatre journées de la fin du championnat que le PSG ne reconduira pas le contrat du coach pour la saison prochaine, malgré son beau parcours européen puisqu’il hisse le club jusqu’en quarts de finale de la Coupe UEFA (élimination par le Dynamo Kiev (0-0 au Parc et défaire 3-0 en Ukraine). C’est le meilleur résultat pour le club parisien depuis 1997. La saison devient ingérable pour le coach breton et les résultats empirent, le PSG finit 6ème du championnat et ne jouera donc pas de Coupe d’Europe lors de la saison 2009-2010. La faute à un goal-average défavorable par rapport àLille et des éliminations en 8èmes de finale de Coupe de France (contre Rodez 3-1 a.p) et en demi-finale de Coupe de la ligue contre Bordeaux (0-3).

Paul Le Guen quitte alors le club de la capitale sur ces dernières semaines décevantes au regard des espoirs déçus des supporters, mais également des dirigeants. Il a cependant le mérite de laisser le club dans une situation bien meilleure que lorsqu’il est arrivé, car n’oublions pas que sa principale mission était d’éviter une relégation en Ligue 2. Le natif de Pencran a su tenir le cap dans les périodes difficiles, c’est à souligner quand on connait la pression que peut avoir un entraineur avec des résultats en dents de scie dans le monde du football, et encore moins au Paris Saint-Germain.

Lors de cette deuxième saison, il a su faire du PSG une des deux ou trois équipes à avoir développé le meilleur football du championnat alors que le jeu de l’équipe était remis en cause lors de sa première saison. Nous nous souviendrons longtemps de ce fameux PSG-Twente avec un scénario complètement fou et une qualification inespérée en 16ème de finale de la Coupe de l’UEFA.

Une chose très honorable qu’a réussi à faire Paul Le Guen est qu’il a essayé d’appliquer une politique à laquelle il est toujours resté fidèle, chose très difficile à faire lorsque l’on est sans cesse critiquer et remis en cause. Tout d’abord, miser sur des joueurs pouvant être revendus avec une plus-value, comme Guillaume Hoarau ou Stéphane Sessegnon. C’est une petite nouveauté instaurée par l’entraineur breton puisque le PSG avait pris l’habitude de revendre à perte jusqu’en 2006. Enfin, Le Guen aura promu énormément de joueurs du centre de formation, avec déjà une certaine expérience du haut niveau pour certains.

Même avec une communication qui fait débat, il a toujours défendu et protégé ses joueurs. Dans sa dernière interview, au journal l’Equipe, il n’adresse des reproches qu’à ses dirigeants (Roche, Bazin et Skropeta), pas à son équipe.

Malgré quelques erreurs commises durant ses deux ans et demi passées dans la capitale, Le Guen a comme mérite d’avoir apporté certaines bases au club mais également des principes, qui serviront à ses successeurs.

« J’aurais adoré faire dix ans au PSG, c’est mon club. C’est dur de quitter Paris, bien sûr. J’aimerai toujours Paris. »
Paul Le Guen, entraineur du PSG (2007-2009)

Sources: La Croix, Psg Mag

Rédaction : Yann Pougeux 

 

Résumé PSG – Lens 2007-2008, Ligue 1, 20ème journée : 3-0 

 

Résumé PSG – Valenciennes 2007-2008, Coupe de la Ligue : 4-0