à la uneArticleLe ClubLes anciens du PSG

Entrainer le PSG, c’est si compliqué ?

Thomas Tuchel et Unaï Emery ont remporté les deux coupes d’Europe cette saison. Il faut les féliciter mais surtout ne pas tomber dans le piège et tomber sur le PSG. En revanche, il y a peut-être des questions à se poser.

Le raccourci était prévisible et tellement facile, mais on n’y a pas échappé. En remportant les deux coupes d’Europe cette saison, la ligue des champions pour Tuchel, l’Europa League pour Emery, les deux derniers entraineurs du PSG ont permis aux détracteurs du club de se faire plaisir. Mais soyons honnêtes, pour les deux entraineurs, leur aventure dans la capitale arrivait au bout.

Qui était le coach du PSG lors du 6-1 à Barcelone ? Unaï Emery. Qui n’a pas remporté le titre de champion de France en 2017 ? Unaï Emery ? Qui n’a remporté qu’un seul titre en 2019 ? Thomas Tuchel. Qui a perdu le plus de matchs sur le banc parisien ? Thomas Tuchel. Qui a décidé, dans une sorte de combat, de continuer à aligner Marquinhos au milieu et Danilo en défense, en signe de protestation, au lieu de faire son travail de façon professionnelle ? Thomas Tuchel. On pourrait continuer comme ça longtemps.

Pour être juste, il faut aussi rappeler qu’Emery était aussi sur le banc lors d’une des plus belles démonstrations du PSG en coupe d’Europe, le 4-0 face au Barça. Comme Tuchel fut celui qui a emmené le club de la capitale à sa première finale de ligue des champions, et peu importe le format. Sans oublier ses sept premiers mois, dont on a souvent répété qu’ils avaient été de très haut niveau, comme cette série de 14 victoires sur les 14 premières rencontres.

En revanche, comme on l’a souvent répété, les échecs de l’allemand et de l’espagnol ne peuvent leur être totalement imputés. Il y a plusieurs raisons qui expliquent tout cela.

L’instabilité en est une. Quand Emery arrive au PSG, c’est Olivier Létang qui occupe le poste de directeur sportif, et Kluivert le poste de directeur du football. Un an plus tard, les deux sont déjà partis et c’est Antero Henrique qui prend la place en 2017. Un an après, exit Emery et arrivée de Tuchel sous Henrique, en 2018. Un an plus tard, le portugais est déjà parti et Leonardo est de retour. Pour donner une ligne directrice cohérente et à moyen terme, on a connu meilleure stratégie.

Analyser les raisons pour avancer

Leonardo veut alors nommer son entraineur mais les résultats plaident en faveur de l’allemand. En amenant son équipe en finale de la C1, il oblige le brésilien à le garder. Malheureusement, le lien n’existe plus et les deux vont s’écharper par médias interposés jusqu’à fin décembre 2020 quand Tuchel est licencié.

Les deux derniers entraineurs parisiens sont des hommes de terrain. Ils aiment avoir les mains libres pour faire leurs choix. Le problème, c’est qu’au PSG, ils ne les auront pas et ne seront jamais soutenus par leur direction. On se rappelle l’idée d’Emery de faire évoluer l’équipe différemment qui se heurtera à la volonté du vestiaire. Il abdiquera devant le manque de soutien de ses dirigeants.

Pour l’allemand, on se souvient, par exemple, du remplacement de Mbappé dans un match déjà plié face à Montpellier. Le français montrera ostensiblement et publiquement son mécontentement. Aucune réaction des dirigeants. Tuchel avait compris que, désormais, sauf décision du joueur, il devrait jouer tous les matchs et en entier.

L’histoire du football est faite de séparation. Personne ne peut affirmer que si Tuchel était resté, le PSG serait aujourd’hui champion d’Europe. Quand Mourinho est viré de Chelsea, il va à l’Inter et remporte la ligue des champions. On n’a pas entendu que le portugais s’était vengé du club, qu’il avait fermé des bouches.

Pour réussir dans un club, il faut un contexte et un environnement qui vous conviennent. Emery les a eus à Villaréal mais rappelons-nous aussi qu’après le PSG, son passage à Arsenal n’a pas laissé un souvenir impérissable. Quant à Tuchel, il les a à Chelsea, mais là aussi, à la 60ème minute de la dernière journée de premier league, il était 5ème du classement et en passe de ne pas se qualifier pour la ligue des champions. Qu’aurions-nous entendu alors ?

Carlo Ancelotti avait quitté le club parce qu’il n’avait pas apprécié la pression reçue après une défaite à Reims en ligue 1 (1-0). Ses relations avec Leonardo s’était détériorée après cette épisode alors que le projet prenait forme et que le PSG était en quart de finale de la ligue des champions. Et pourtant, l’entraineur italien est un politique, qui sait arrondir les angles, qui comprend les enjeux de ce type de club. Mais même lui avait senti que ça n’allait pas. Presque dix ans plus tard, les mêmes problème sont toujours présents.

Le football n’est pas une science. Et même si ces deux coachs n’ont pas tout bien fait à Paris, il serait temps, pour le club de la capitale, de s’interroger sur les raisons de ces échecs, d’écouter les critiques émises par ces entraineurs après leur départ plutôt que de ne les voir que sous le prisme de l’aigreur, et bien réfléchir au fonctionnement général du club.

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