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Carlo Ancelotti : un protagoniste d’une nouvelle ère

Arrivé le 22 décembre 2011 après des remerciements expéditifs pour Antoine Kombouaré et officialisé le 30 décembre 2011, Carlo Ancelotti symbolise le « renouveau » du club de la capitale. Les riches investisseurs de QSI injectent des fonds considérables et Ancelotti est désigné pour mener à bien le navire parisien.

Un profil et une renommée mondiale

Dès leur arrivée, les Qataris ont voulu frapper un grand coup. C’est ce qui explique en partie le limogeage de Kombouaré, entraîneur très compétent mais dont le nom ne faisait pas écho en Europe. Dans l’optique de faire du Paris Saint-Germain, un club candidat à l’obtention de la Ligue des Champions, le dévolu des propriétaires de QSI s’est jeté sur le coach transalpin, Carlo Ancelotti.

Fort d’une expérience dans les plus grands clubs et muni d’un palmarès impressionnant avec entres autres deux coupes aux grandes oreilles glanées avec le Milan AC, l’expérience de l’Italien colle parfaitement avec les nouvelles ambitions du club de la capitale. De plus, la capacité d’Ancelotti à concerner des joueurs avec de gros égos semble être une qualité fondamentale pour un groupe qui vise les meilleurs performances européennes chaque année.

Débarqué lors de la trêve hivernale en 2011, Ancelotti compte apposer sa patte le plus vite possible, au sein d’un effectif en pleine reconstruction avec notamment les arrivées de joueurs comme Salvatore Sirigu, Javier Pastore ou encore Thiago Motta. Des joueurs voulus par le directeur sportif de l’époque, Leonardo, qui connaissent parfaitement la culture du football italien. Bâtir un groupe autour d’hommes d’expérience est la pierre angulaire du projet de jeu qui va être mis en place par Ancelotti.

Opposé à son ancien club milanais lors d’une rencontre amicale à Dubai, l’entraîneur italien impose son dispositif en 4-3-2-1 en « sapin de Noël », et compte prouver à ses dirigeants que le prochain mercato de 2012 doit permettre à son onze titulaire de devenir l’un des plus performants d’Europe.

La première « saison » du nouveau coach parisien est assez réussie avec un total de points impressionnant (79 points) et un bilan de 23 victoires, 10 matches nuls et 5 défaites. Toutefois, les différents accrochages survenus à l’extérieur, notamment àNancy ou Caen, ont permis à Montpellier de conforter leur première place au classement et donc de devenir champion de France en 2011-2012 avec 3 points d’avance sur ce nouveau Paris Saint-Germain.

Conscient de certaines lacunes de son effectif, Ancelotti compte bien prouver et s’affirmer la saison suivante. Cela passe en premier lieu par un mercato estival réussi.

 

Une identité et un jeu inspiré du Calcio 

Les relations de Leonardo et la connaissance du jeu de transition d’Ancelotti encadrent très nettement les transferts de l’été 2012. Un joueur par ligne, dont la majorité issue du championnat italien. Zlatan Ibrahimović, Thiago Silva, Ezequiel Lavezzi et Marco Verratti débarquent dans la capitale pour des sommes records à cette époque.

Pas à pas, Ancelotti dessine les traits d’une nouvelle tactique et d’un nouveau dispositif permettant à sa formation d’alterner les phases de contrôle du jeu et de contres. En effet, durant cette saison 2012, le PSG a alterné entre le 4-3-2-1 qui a fait la renommée de l’ancien coach du Milan AC et un 4-3-3, plus adapté aux profils présents dans l’effectif.

Inspiré du « Catenaccio » visant à asseoir la domination par une solide base défensive, Ancelotti établit une défense assez hermétique avec une charnière 100 % brésilienne, solide et douée dans les relances rapides. Thiago Silva, Alex et parfois Mamadou Sakho pondèrent un jeu parfois hésitant, face à des adversaires effectuant un pressing constant. C’est notamment le cas en Ligue des Champions.

L’un des premiers échecs retentissant de l’entraîneur italien avec le PSG résulte d’un match très décevant face au FC Porto. Le 3 octobre 2012, les Parisiens se déplacent dans la péninsule lusitanienne afin de confirmer leur large victoire à domicile face au Dynamo Kiev sur le score de 4 buts à 1. Cette rencontre a représenté un véritable tournant mentale et tactique dans l’esprit d’Ancelotti. Alignant d’entrée son classique 4-3-2-1, modulable pendant le match en 4-3-1-2, les joueurs du PSG n’ont jamais pu exister durant ce match et ont été surclassés par des Portugais intraitables lors de leurs attaques placées. Le principal problème qui est ressorti de cette rencontre est le peu de liant qui a subsisté pendant 90 minutes entre la ligne défensive et le milieu de terrain. Souvent esseulé à un poste de sentinelle, Marco Verratti a dû passer son match à compenser les maigres efforts de replis défensifs de ses coéquipiers offensifs, ouvrant de larges brèches dans les 30 derniers mètres du Paris Saint-Germain. Cette défaite tactique d’Ancelotti s’est traduite en défaite « médiatique », les différents médias généralistes ont largement pointé, à raison, le manque d’investissement des onze hommes présents sur le pré lors de cette soirée.

Pour Ancelotti, le plus important était de trouver une harmonie sur le plan tactique, le passage prochain en 4-3-3 était une évidence. Le système, qui a subsisté sous l’ère Laurent Blanc, devient la principale arme du club parisien.

 

Le déclic en Ligue des Champions

Le 4 décembre 2012, au Parc des Princes, a clairement permis au club parisien de prendre une autre dimension. Après la défaite du mois d’octobre à l’Estádio do Dragão, cette même équipe de Porto arrive dans la capitale française déterminée et sûre de ses forces. Cette rencontre est très importante dans la suite de l’histoire commune entre Ancelotti et le PSG, la défaite est interdite.

Premier changement par rapport au match aller, le système tactique, le 4-3-3 est choisi dès le coup d’envoi. La charnière auriverde est alignée, Blaise Matuidi remplace Verratti en tant que sentinelle. L’international français est entouré de Clément Chantôme et Javier Pastore. La ligne d’attaque est quant à elle composée de Jérémy Menez, Ezequiel Lavezzi et Zlatan Ibrahimović.

La rencontre est très disputée, les Parisiens sont très disciplinés et ouvrent le score à la 30ème minute de jeu sur un coup-franc parfaitement botté par Maxwell, Thiago Silva s’élève dans les airs et assène un coup de tête rageur dans la lucarne du portier portugais. Les minutes suivantes raniment les vieux démons du match aller, le déficit d’engagement va permettre aux joueurs de Porto de recoller au score, 1-1.

La causerie de la mi-temps a sûrement été un élément déclencheur de la suite des événements. En effet, dès leur retour sur la pelouse, les hommes de Carlo Ancelotti se montrent conquérants et impressionnants dans le jeu sans ballon. Les consignes du coach ont été parfaitement entendues, la patte italienne se fait ressentir.

La défense est imprenable, les attaquants adverses se heurtant continuellement à une ligne de 4 très disciplinée et solidaire dans les efforts. Le point d’orgue de la soirée interviendra à l’heure de jeu après une frappe de Lavezzi mal négociée par Helton, 2-1. Le Paris Saint-Germain tient ici, la victoire fondatrice de sa saison. Ancelotti a réussi son pari, sa nouvelle tactique correspond parfaitement à l’effectif.

La suite du parcours européen du club de la capitale se fait sans accroc, Ancelotti mène le navire et le hisse jusqu’aux quarts de finale de la plus belle des compétitions. Malgré un tirage compliqué avec le grand FC Barcelone à la clef, l’ancien entraîneur de Chelsea ne se démonte pas et compte bien prendre le Barça à son propre jeu.

Après un match aller spectaculaire et l’égalisation dans les ultimes minutes de Matuidi (2-2), les Parisiens se rendent en Catalogne, persuadés de pouvoir réaliser l’exploit. Ancelotti aligne un 4-3-3 d’entrée qui évolue sans cesse au cours de la rencontre, aboutissant à un 4-4-2 après l’ouverture du score de Javier Pastore.

Le coach italien veut tenir ce score et verrouiller son entrejeu. Malheureusement, le mental de certains joueurs plombe la leçon tactique infligée par Ancelotti à son homologue espagnol, Villanova.

Sans perdre lors de ses deux confrontations, Carlo Ancelotti sort par la grande porte et nourrit énormément d’espoirs pour la suite de l’histoire entre le Paris Saint-Germain et la Ligue des Champions.

 

Le titre de Ligue 1 et l’échec en Coupe de France

Si la déception est grande, le PSG se remobilise rapidement sur un autre objectif important de cette saison 2012-2013, le championnat de France. Défaits à seulement 5 reprises en 38 journées, les Parisiens ont un rythme de croisière impressionnant. Les valeurs inculquées par Ancelotti semblent faire mouche après l’« échec » de l’an passé face au Montpellier de René Girard. La victoire, le 12 mai 2013, à Gerland face au dauphin rhodanien, officialise le titre de champion de France du PSG et de leur coach, Carlo Ancelotti. Après le dernier titre glanéen 1994, l’entraineur transalpin est parvenu, par son expérience et sa connaissance du jeu, à redonner la suprématie nationale au club de la capitale. Les propriétaires qataris, à peine deux années après leur arrivée, tiennent ici leur premier grand succès.

Cette saison assez réussie, comporte tout de même un gros point noir, l’élimination face à Evian Thonon-Gaillard en quart de finale de Coupe de France. Cette rencontre a clairement mis en lumière les carences mentales de certains joueurs parisiens.

En effet, le plan des joueurs savoyards était clair, faire sortir les hommes d’Ancelotti de leur match. Au terme d’une rencontre hachée, le PSG se verra éliminé après la séance des tirs au but (4-3).

Malgré cet échec cuisant, les supporters parisiens ont principalement retenu l’incroyable parcours en Ligue des Champions et le titre de champion de France. Carlo Ancelotti a su raviver la passion parisienne.

 

La postérité dun homme décisif

L’histoire d’amour entre Ancelotti et le Paris Saint-Germain connaissait un épanouissement quasi-total lorsque le 19 mai 2013, une semaine après le titre de champion de France, une réunion entre Nasser Al-Khelaïfi et le coach italien aboutit à une séparation en bons termes entre les deux hommes. Touché par les critiques de certains journalistes à son encontre et conscient de l’énorme opportunité d’aller entraîner le Real Madrid, Ancelotti a rapidement pris sa décision. La suite de son parcours personnel appartient à l’histoire avec la « décima » offerte au club madrilène en 2014.

Dans l’histoire contemporaine du PSG, Carlo Ancelotti a parfaitement symbolisé les nouvelles ambitions amenées par QSI, la venue d’un tel coach dans une équipe en pleine reconstruction témoigne du potentiel énorme inhérent au club de la capitale.

Toutefois, les départs successifs d’Ancelotti et du directeur sportif, Leonardo, durant l’année 2013 seront un véritable coup dur pour l’organigramme du PSG. Les années postérieures à la venue du coach italien ont également mis l’accent sur les principales carences de ce Paris Saint-Germain, qui subsisteront sous l’ère du futur entraîneur français, Laurent Blanc.

Valentin pour Paris United

affiche en-tête : Floriangzd1

Paris United

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