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Y’a-t-il un problème Tuchel ?

Après six mois plus qu’intéressants, Thomas Tuchel alterne le bon et le mauvais avec son équipe. Certains choix interrogent et les résultats ne sont pas aussi bons que lors des premières saisons de QSI. Est-ce le responsable ?

Quatorze victoires d’affilée, invaincu jusqu’au match de Lyon, sorti premier d’un groupe avec Naples et Liverpool. La saison 2018-2019 avait bien démarré pour Thomas Tuchel et le PSG. Puis, la blessure de Neymar est venue semer le doute. La piteuse élimination contre United terminera le travail. S’en est suivie une fin de saison plus que moyenne dans laquelle le PSG va connaître la défaite à plusieurs reprises.

A Dortmund, un autre football

A Mayence puis à Dortmund, le coach allemand faisait pratiquer à son équipe un autre football, basé sur la transition et le contre, avec la projection de parfois six joueurs. Ses équipes encaissaient des buts mais par rapport à l’adversité qu’il y a en championnat d’Allemagne et le football pratiqué, c’était normal.

Le problème pour Tuchel, c’est qu’au PSG, il ne peut pas pratiquer ce type de football. En Allemagne, les équipes, pour la plupart et quelque soit leur classement, ne viennent que très rarement jouer un match pour seulement défendre. Ca permettait à Dortmund de partir de plus bas et de profiter de la vitesse de ses attaquants pour pratiquer à merveille le jeu de contre.

En France, le PSG a la possession à tous les matchs (ou presque) et affronte des équipes qui restent derrière et qui essaient de tenir le 0-0 le plus longtemps possible. C’est un autre football. Il faudrait alors, pour le PSG, passer par les côtés, mettre de la vitesse dans les transmissions, multiplier les échanges aux abords de la surface, tout ça en mettant de l’intensité.

Le problème, c’est que les joueurs savent que neuf fois sur dix, leur talent fera la différence. Ils jouent alors tranquillement, sans intensité, et attendent le coup de patte d’un des joueurs offensifs pour remporter le match. On voit bien que les Parisiens, si on enlève le match face à United, sont plus à l’aise en Ligue des champions, face à des équipes qui jouent.

United, un vrai tournant

L’élimination face aux Anglais, après avoir remporté l’aller avec une telle maitrise, fut un vrai tournant pour Thomas Tuchel. En 2019, Paris a perdu huit rencontres de championnat, une rencontre de Ligue des champions, une demi-finale de Coupe de la ligue et la finale de la Coupe de France.

Sur les trois derniers entraineurs parisiens, Blanc perdait une fois toutes les onze rencontres en moyenne, Emery une sur dix et Tuchel une sur six. Ca fait beaucoup, surtout avec l’effectif dont il dispose. Les supporters parisiens sont même devenus de moins en moins exigeants. Après chaque défaite, on les entend dire « on s’en fout, on sera quand même champion ». Et alors ? A-t-on le droit d’être exigeant avec le PSG ?

Ce match face aux Anglais a marqué un vrai changement que ce soit dans l’attitude Tuchel sur le banc et en conférence de presse, mais aussi dans celle des joueurs qui avaient complètement laissé filer la fin de saison. Avant United, il changeait régulièrement de système, il maitrisait la situation. Cette saison, 90% du temps c’est le 4-3-3, comme s’il voulait absolument tout sécuriser.

On entend souvent que la Ligue 1 est un frein pour le PSG en Ligue des champions. Ce n’est pas faux, mais si Paris faisait au moins l’effort de mettre de l’intensité dans toutes les rencontres, ce serait un moindre problème. L’intensité, ça se travaille en prenant l’habitude, ça ne se décrète pas un jour, avant un match comme par enchantement. On voit bien que Tuchel le répète très souvent mais il n’est pas écouté. C’est là qu’on peut se poser des questions sur sa relation avec son groupe.

L’entraineur a de multiples outils pour maintenir la motivation de son groupe quelque soit l’importance de la rencontre. Tuchel doit évidemment s’en servir mais ses joueurs l’écoutent-ils ? Quand on regarde les adversaires qui ont battu Paris depuis un an, apparemment non.

Le mental, c’est quelque chose qui se travaille au quotidien, à l’entrainement, à tous les matchs. La défaite contre United, les conditions dans lesquelles elle est intervenue, montre que les joueurs n’ont pas cette exigence. On n’invente rien puisque ce sont les joueurs eux-mêmes qui avaient justifié leur élimination par un manque de concentration, pensant que le match retour serait une simple formalité.

Enfin, les choix de Tuchel dans sa rotation sont étranges. Pourquoi Sarabia a disparu subitement alors qu’il commençait à être bon ? Pourquoi Insister avec Kurzawa ? Pourquoi avoir autant de milieu si c’est pour y faire jouer Bernat de temps en temps ? Pourquoi balader Marquinhos d’un match à l’autre mais aussi dans une même rencontre, quand il décide, par exemple, de passer à une défense à trois ?

L’an dernier, ce fut la même chose : Bernat parfois au milieu, insister avec avec Kehrer et Draxler qui étaient en difficulté. L’attitude de Leonardo à la fin de la rencontre à Dijon n’est pas anecdotique. Carlo Ancelotti, qui avait un autre cv que l’Allemand, avait d’ailleurs subi la pression du directeur sportif parisien après une défaite à Reims. Pourtant, avec l’Italien, Paris avait été champion et était allé en quarts de finale de Ligue des champions, éliminé par le Barça à la seule faveur des buts inscrits à l’extérieur.

Tuchel est-il en danger ? Aujourd’hui, non, mais les semaines à venir vont être cruciales pour l’entraineur parisien.

Paris United

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