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Tuchel : Un management qui pose question

Paris a encore toutes les cartes en main pour accéder aux quarts de finale de la Ligue des champions. Le problème, c’est qu’entre certains joueurs et Thomas Tuchel, ça devient très tendu.

Quand on gagne, tout va bien, et les maux sont souvent cachés. Mais quand ça tourne mal, tous les petits problèmes ressortent d’un coup. Et c’est ce qui est en train de se passer au PSG.

Évidemment, quand on pense au management de l’entraineur allemand, on pense immédiatement à ce système sorti du chapeau sur un match de Ligue des champions. Ce 3-4-3, jamais travaillé quoi qu’il en dise, personne ne l’a vu venir. Il a envoyé un message négatif et il a mis les joueurs en difficulté. Huit mois de travail pour inventer un système d’un soir, c’est quand même étrange.

Comme symbole, il y a le deuxième but allemand. Sur le début de l’action, Marquinhos s’en va chasser côté gauche. A ce moment-là, il y a donc Kurzawa, Kimpembe, Marquinhos et Silva sur la partie gauche du terrain. Le ballon ressort, et Marqui s’en va se replacer dans sa partie de terrain côté droit. Sauf que Silva n’a pas avancé avec le bloc et Marqui se replace en oubliant de regarder ce qui se passe. Les Allemands trouvent alors une passe verticale qui va éliminer tout le monde. On connait la suite.

Tuchel, un problème de gestion humaine

Mais au-delà des considérations tactiques, Thomas Tuchel a perdu son vestiaire. Et ça fait un moment. Le coach parisien donne une importance démesurée aux joueurs qu’il considère comme indispensables et délaisse complètement les autres.

Oui, avec Neymar ça change tout, mais le répéter à chaque sortie envoie deux signaux négatifs. Le premier c’est que le joueur peut faire ce qu’il veut, il jouera puisqu’il est plus qu’indispensable. Le second, c’est que les autres ne comptent pas, ils sont là pour faire le nombre. On voit bien d’ailleurs que le PSG sans Neymar a plutôt un collectif, alors qu’en présence du brésilien, le style c’est de lui donner le ballon et qu’il fera la différence.

Quand Tuchel ne fait pas de coaching, c’est parce qu’il sait au fond de lui que les autres joueurs n’iront pas à la guerre pour lui. Il se retrouve donc coincé entre faire entrer un joueur qui ne donnera pas grand-chose ou rester avec son onze type.

Ce qu’oublie l’Allemand, c’est que les victoires se construisent avec un groupe et même souvent grâce aux remplaçants. Et on ne parle pas là de temps de jeu mais de considération. Klopp, à Liverpool, fait souvent jouer les mêmes douze joueurs, mais ça ne l’empêche pas de garder tout son groupe concerné. Origi en est le meilleur exemple puisque c’est lui qui va aider les Reds à se qualifier pour la finale. Zidane est également souvent cité en exemple. On a même entendu qu’il passait du temps avec troisième gardien qui est censé ne pas jouer de la saison. Ca parait anodin, mais ça ne l’est pas du tout. Montrer aux remplaçants qu’ils existent, qu’ils auront un rôle à jouer, ça permet de les garder investis.

Cavani mis à l’écart

Lorsque Cavani a informé le club de ses envies de départ, Thomas Tuchel n’a aucunement essayé de le retenir. Ça a même été plus loin, déjà qu’il avait peu de considération pour lui, le coach parisien a carrément coupé toute relation avec l’Uruguayen. Un comportement qui a marqué le joueur mais surtout de nombreux membres du vestiaire qui n’ont pas compris, notamment eu égard à tout ce que el matador a apporté au club et la marque qu’il laissera dans son histoire.

Des remplaçants méprisés

Dans le cas de Tuchel, les messages envoyés sont clairs. Sans Neymar, on n’existera pas. Les autres, vous êtes là pour faire le nombre mais c’est tout. C’est comme ça qu’il a par exemple perdu Draxler, Paredes, mais aussi des joueurs qui jouent régulièrement mais qu’il ne calcule pas comme Meunier ou Kimpembe.

Pour aller combattre, il faut un groupe soudé, investi d’une mission collective et pas une addition de pseudo-talentueux. Qui voudrait de Milner dans son équipe en tant que footballeur ? Personne. Mais Klopp peut le mettre titulaire, remplaçant, le faire entrer trente minutes ou seulement quatre, le mettre latéral, il donnera tout.

Les joueurs ne sont pas fous. Quand Gueye ou Mbappé passent complètement à travers à Dortmund et qu’ils jouent 90 minutes, les mecs sur le banc se disent : « OK, donc nous, on ne sert à rien ». Allez leur demander d’être à fond sur les matchs en bois et puis, si vous en avez besoin exceptionnellement sur un gros match, c’est juste impossible.  Il faut savoir que c’est un management classique en Allemagne, mais pas ailleurs.

Tuchel voulait un groupe avec un banc. Il l’a mais il ne s’en sert pas et l’a sans doute perdu. Il a maintenant trois semaines pour amener ses titulaires au niveau pour le match retour sinon, la saison risque une nouvelle fois de terminer dans l’indifférence générale.

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