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Leonardo – Tuchel : Cordiale mésentente

Leonardo n’est pas un supporter de Thomas Tuchel. Pas seulement parce qu’il ne l’a pas choisi, mais aussi parce qu’il n’est fan du jeu que fait pratiquer l’Allemand. Le passé d’entraineur du Brésilien nous offre une explication.

C’est une rumeur qui revient avec récurrence : Leonardo étudie des profils pour remplacer Thomas Tuchel. Le coach allemand était déjà présent quand le Brésilien est revenu en 2019 et on sait que ce dernier aime choisir et travailler avec ses hommes. Mais ce n’est pas la seule raison de cette divergence. Leonardo n’est pas emballé par le football pratiqué par le PSG sous les ordres de l’ancien coach de Dortmund.

Leonardo était un latéral offensif en sélection brésilienne lors de la Coupe du monde 94 et il en deviendra un milieu offensif quatre ans plus tard. Parce que Leo est un joueur polyvalent, avec une technique très au-dessus de la moyenne. Mais il est aussi Brésilien et il a été bercé par le Brésil de Télé Santana, équipe exceptionnelle lors de la Coupe du monde 1982, une des plus belles de l’histoire de ce pays. Ils vont travailler ensemble à Sao Paulo, remportant notamment la coupe intercontinentale, avec Raï également.

Le 4-2-fantaisie

Après sa carrière, Leo intègre le staff dirigeant de l’AC Milan. En 2009, quand Ancelotti quitte le club, c’est lui qui est choisi pour le remplacer. Après un début compliqué, l’équipe va trouver sa vitesse de croisière et obtenir des résultats marquants. Une victoire sur la pelouse du Real Madrid 2-3 puis une victoire 0-3 à la Juve marquent les esprits.

Avec cette équipe, le coach brésilien invente une tactique : le 4-2-fantaisie, sorte de 4-2-4 avec quatre offensifs totalement libres, comme l’expliqueront de nombreux joueurs de l’époque. Ronaldinho, Pirlo, Seedorf et Pato s’éclatent et le jeu pratiqué est spectaculaire. Il quittera le club à la fin de la saison malgré une belle troisième place.

Quelques mois après, il se retrouve, à la trêve hivernale, sur le banc de l’Inter en remplacement de Rafael Benitez. Là aussi, il fera pratiquer un football spectaculaire, redressera l’équipe jusqu’à terminer deuxième et remportant la Coupe d’Italie, et fera même mieux que Mourinho à la moyenne de points par match (2,5 contre 2,15 même si le portugais sera resté trois ans). Malgré l’envie du président de l’Inter de le conserver, il quittera le club pour devenir directeur sportif du PSG.

Pour Leonardo, le football est un spectacle, un jeu où la créativité est essentielle. C’est d’ailleurs le discours qu’il tenait à ses joueurs offensifs à l’AC Milan : « Prenez le ballon, faites ce que vous voulez, créez, inventez quelque chose, vous devez marquer des buts », dixit Pato. Pour lui, le football pratiqué par Tuchel n’est pas assez spectaculaire, presque trop organisé.

Une divergence de vue fatale à Tuchel

Alors c’est vrai, lorsqu’on entend que Leo aimerait attirer Massimiliano Allegri, on se dit que c’est paradoxal. Sauf que l’ex-entraineur Italien de la Juve a une image faussée. En Ligue des champions, c’est vrai qu’il a parfois fait des choix plutôt défensifs. Mais ça s’explique : il avait une équipe avec des défenseurs « à l’ancienne », faite pour subir, se battre. Mais on peut aussi voir qu’il a su proposer autre chose. Le match retour de la Juve à Madrid face au Real est un modèle de jeu offensif. Et en championnat, la Juve a souvent écrasé ses adversaires et n’hésitant pas à aligner plusieurs joueurs offensifs avec Dybala, Ronaldo, Higuain ou Mandzukic, et un milieu de terrain avec Pjanic en numéro 6.

La dernière expérience sur le banc de Leonardo se passera mal en Turquie à Antalyaspor. Mais même là-bas, dans son recrutement, on a senti ce que voulait faire le Brésilien en recrutant Nasri, Menez ou encore Eto’o, des joueurs techniques et spectaculaires.

En plus de ce désaccord sur le jeu, Leo pense que le vestiaire aurait pu être mieux géré, humainement. Thomas Tuchel a pour habitude de s’occuper surtout des titulaires et de délaisser les remplaçants. L’exemple de Cavani est parlant. Mis de côté, les deux hommes avaient très peu d’échanges, alors qu’Icardi faisait le job. En février, quand la roue a tourné, c’est l’Argentin qui fut délaissé, l’Allemand faisant alors preuve d’une plus grande communication envers l’Uruguayen. On peut ajouter le comportement du coach envers des joueurs comme Paredes ou Meunier, des joueurs à qui il ne pardonne aucune erreur.

Il n’y a pas de tensions réelles entre les deux hommes, mais ces quelques divergences, vont-elles mener le Brésilien à ne pas laisser Tuchel aller au bout de son contrat ? Réponse dans quelques semaines.

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