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Le CV, ça ne dure qu’un temps

Christophe Galtier arrive donc au PSG avec pour seule référence un titre de champion de France avec Lille. Mais un entraîneur avec un CV plus important, ce n’est pas gage de réussite non plus.

Quand on attend la nomination de l’entraîneur du PSG, on attend souvent un nom. Quand on dit nom, ça veut dire qui a déjà gagné des choses importantes. Ce n’est pas pour rabaisser la Ligue 1, mais remporter le championnat reste moins prestigieux que remporter la Série A, la Liga ou la Premier League. Avec Galtier sur le banc, beaucoup s’interrogent.

Pourtant, un entraîneur avec un CV, ça ne fait pas tout. Carlo Ancelotti l’explique très bien dans différents ouvrages et interviews. Pour l’italien, les joueurs vous accueillent avec de la bienveillance quand vous avez un palmarès important, mais ça ne dure que quelques semaines. Ensuite, c’est ce que vous allez leur apporter sur le terrain, votre comportement au quotidien qui font que l’idylle dure ou pas.

Il suffit de regarder comment ça s’est passé pour Benitez, vainqueur de la Ligue des champions avec Liverpool, lors de ses passages au Real, à Newcastle ou à Everton. À l’inverse, Klopp, qui n’avait presque rien gagné avant d’arriver à Liverpool, a su emmener les joueurs vers un projet commun, avec son attitude, son discours et ses compétences footballistiques. On pourrait ajouter Di Matteo, vainqueur de la Ligue des champions avec Chelsea. Même avec ce palmarès, aurait-ce été un meilleur choix ?

Pour un entraîneur sans CV, ou presque, arriver sur le banc du PSG ou de Liverpool, c’est compliqué mais pas insurmontable. Mais à la différence des grands coachs, vous n’avez pas de période d’adaptation : il faut séduire les joueurs immédiatement.

Le CV n’existe que quelques semaines

Quand on parle de séduire, ce n’est pas par les câlins ou par les mots d’amour, mais par le travail. La cohérence de vos exercices ou du chemin que vous voulez prendre. Mais aussi de la cohérence entre les paroles et les actes. Si vous arrivez avec un grand discours mais qu’à la moindre remarque d’un joueur, vous faites machine arrière, vous perdez le peu de crédibilité que vous avez à cet instant.

L’autre effet qui peut s’avérer positif, c’est qu’un entraîneur sans palmarès va, normalement, avoir encore plus envie de prouver, de travailler. Non seulement pour faire taire les sceptiques, mais aussi parce qu’il sait la chance d’être là à ce moment précis alors qu’il n’était pas forcément le choix de départ.

Là-aussi, à l’inverse, un entraîneur qui a déjà prouvé pourrait se dire : j’ai gagné comme ça, ce ne sont pas les joueurs qui vont m’imposer autre chose. On en revient au comportement de Benitez au Real, mais on peut citer Capello qui a eu du mal à se renouveler sur la fin et n’était plus en osmose avec la nouvelle génération. On peut même parler d’Ancelotti à Everton où ça ne s’est pas super bien passé. Comme quoi, le CV, ça ne fait pas tout.

Christophe Galtier arrive donc avec une certaine défiance des observateurs, peut-être même de certains joueurs. Mais s’il travaille, qu’il arrive à faire adhérer ses joueurs à son projet et qu’il montre de la cohérence, il peut très bien devenir le Klopp du PSG.

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