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Le changement, c’est pour tous

Paris s’apprête donc à reprendre la deuxième partie de saison avec un nouvel entraineur sur le banc. Mais pour avancer, pour progresser, il ne suffira pas de juste changer de coach, mais que les dirigeants soutiennent enfin et complètement l’entraineur en place.

Après Kombouaré, Ancelotti, Blanc, Emery puis Tuchel, le PSG version QSI s’apprête à accueillir son sixième entraineur en dix ans. Le changement était sûrement nécessaire pour donner un nouveau souffle à l’équipe, mais cela ne suffira pas.

Passons sur Kombouaré qui n’aura passé que six mois sur le banc parisien après le rachat du club et dont les jours étaient comptés dès le départ, mais dès le passage d’Ancelotti, les problèmes avec les dirigeants vont se faire sentir.

Ancelotti s’en va après seulement 18 mois

L’italien est arrivé avec un vrai CV, peut-être celui qui était le plus proche de cocher toutes les cases du fameux grand coach. Lors de la saison 2012 – 2013, Ancelotti va vivre deux périodes décisives qui vont l’amener à ne pas poursuivre l’aventure plus loin que juin 2013.

Lors de la première partie de saison, Paris s’apprête à vivre un match décisif contre Porto en Ligue des champions. Les compétences de l’ancien entraineur de l’AC Milan sont déjà remises en cause, au club et dans les médias. Ces derniers s’interrogent sur le fameux sapin de Noël, les dirigeants sur sa capacité à emmener ce groupe très haut. Avant le match de coupe d’Europe, Paris va s’incliner à Nice. On est à deux doigts de la crise alors que le projet n’en est qu’à son début. Face aux portugais, le coach joue déjà gros. Il réorganise alors son équipe en 4-4-2 pour la première fois de la saison et Paris s’impose 2-1. Il terminera premier de sa poule.

Quelques semaines plus tard, alors qu’il vient de s’imposer à Valence en huitième de finale aller de la Ligue des champions, le PSG se rend à Reims. Les partenaires d’Ibrahimovic vont s’incliner 1-0 et la tension va remonter. Ancelotti va alors le vivre comme un affront. Alors qu’on lui a présenté le projet en lui expliquant qu’il y avait le temps, qu’il y avait des étapes à passer, l’entraîneur se rend compte que tout peut être remis en cause après une simple défaite à Reims. C’en est trop.

Même si Paris sera champion et sortira de la Ligue des champions éliminé par le Barça sans avoir perdu une la moindre rencontre (2-2, 1-1), Ancelotti va profiter de l’offre du Real pour quitter la capitale. Il en voudra même à Leonardo, par qui il avait pourtant été recruté, de ne pas l’avoir soutenu.

Blanc et l’affaire Aurier

Avec Laurent Blanc, le PSG entre dans l’ère de la possession, du beau jeu. Paris remporte toutes les compétitions nationales et rejoint trois fois de suite les quarts de finale de la Ligue des champions, sorti par Chelsea, le Barça et Manchester City. Mais la dernière saison, le coach parisien va aussi faire l’expérience du manque de soutien de ses responsables.

Serge Aurier a insulté son coach et quelques-uns de ses partenaires sur une vidéo en direct diffusée sur Périscope. L’ivoirien va alors être logiquement suspendu par son club pour une durée de deux mois. Le problème, c’est que pendant cette suspension, Nasser Al Khelaïfi va aller voir le joueur évoluer avec la réserve, comme pour montrer devant tout le monde son soutien au joueur. Et face à City, après deux mois d’absence, le joueur va être aligné coûtant même un penalty.

Que ce soit dans les déclarations ou le comportement, le président parisien a montré plus de soutien, d’empathie à son joueur qu’à son entraineur. L’autorité de Blanc est salie et, avec l’élimination face aux anglais, le champion du monde 98 voit son contrat rompu avec le club.

Emery, seul face au vestiaire

Place à Unaï Emery, qui arrive auréolé de trois victoires consécutives en Ligue Europa à la tête du FC Séville. L’espagnol essaie d’imposer son jeu de transition et de verticalité. Mais les résultats du début de saison ne sont pas bons. Le vestiaire demande au coach de revoir sa stratégie et de revenir à ce que les parisiens ont fait depuis trois ans : la possession.

Personne ne va venir dire aux joueurs que le choix d’Emery découle justement d’une volonté de changement de style.

Paris va vivre le remontada qui aurait pu (dû ?) sceller le sort de l’entraineur. Mais il va poursuivre et c’est ensuite le penaltygate avec Cavani. Mais là encore, personne au club ne va désamorcer et Emery va devoir s’expliquer seul. Mais ce n’est pas fini.

Neymar, arrivé six mois plus tôt, se blesse gravement face à l’OM à quelques jours du match retour de huitième de finale de Ligue des champions face au Real. Pendant plusieurs jours, personne au club ne va prendre la peine de communiquer laissant place à toutes les rumeurs mais aussi à Emery le calvaire de devoir répondre aux questions. Il faut rappeler qu’à ce moment-là, la blessure du brésilien est une catastrophe. Pour le PSG, qui l’a recruté l’été précédent pour, enfin, passer un cap. Pour le joueur, qui va manquer la partie de la saison où les vrais matchs commencent. Pour le joueur et la sélection brésilienne puisque nous sommes à trois mois de la coupe du monde en Russie.

Éliminé en huitième de finale par le Real, Emery quittera le club sur un titre de champion de France et les deux coupes nationales dans l’armoire à trophée.

Tuchel, abandonné par ses dirigeants

Depuis deux saisons et demie, c’était donc Thomas Tuchel qui devait se battre seul. Avec Antero Henrique, la première saison, il avait un directeur sportif absent, qui ne prenait jamais la parole dans les médias. L’allemand devait donc répondre à toutes les questions, que ce soit sur le jeu, mais ça, c’était son travail, mais aussi les blessures, les contrats, la mise à l’écart de Rabiot.

La deuxième saison, c’est avec Leonardo, qui a remplacé le portugais, qu’il devait cohabiter. Le brésilien est un animal médiatique et il est intervenu régulièrement. Mais dans son discours, on n’a jamais senti un soutien plein et total au coach. Et même si Leo a désamorcé quelques moments de tension, comme avant la double confrontation face à Dortmund, quand Paris essayait de sortir de la malédiction de l’élimination en huitième de finale et qu’il était venu dédramatiser.

En revanche, il ne va rien dire sur la sortie de Mbappé face à Montpellier. À la 60ème minute, Paris mène déjà 4-0, le français a marqué, Paris prépare son match aller face à Dortmund et Tuchel veut donc protéger certains joueurs. Il décide donc de remplacer le numéro 7 parisien. Mais quand il va sortir, il va montrer ostensiblement et publiquement son mécontentement. Le coach va passer plus d’une minute à lui parler, le prendre dans ses bras.

Thomas Tuchel aurait dû le laisser s’énerver et rester concentré sur son équipe. Mais en plus, personne au club ne va prendre la parole pour dire qu’une telle attitude est anormale. À partir de ce match, on sait une chose : Mbappé ne sera plus jamais remplacé, sauf blessure. L’allemand vient de perdre son autorité et, désormais, il sait qu’il y a des joueurs qui sont sûrs d’être alignés dès qu’ils sont disponibles.

Après avoir atteint la finale de la Ligue des champions, avoir remporté tous les titres nationaux, le début de saison chaotique ajouté à une communication agressive envers le club sur le mercato, l’allemand a donc été remercié.

Un club, c’est un ensemble

Si l’arrivée de Pocchetino se confirme, et si le PSG veut réellement franchir un cap, il va falloir que tout le monde se remette en question et joue son rôle pleinement.

Pour que l’argentin puisse réaliser les séances d’entrainement intenses qu’il aime, le vestiaire ne peut plus avoir le pouvoir. Un Thiago Silva qui ne faisait pas tous les exercices prévus par Emery, cela ne doit plus arriver.

Pour que l’argentin puisse aligner une équipe compétitive et faire un coaching réfléchi, il va falloir qu’il soit soutenu par le club. Si Mbappé ou Neymar ne sont pas dans le coup, ou que le brésilien semble proche d’une expulsion et qu’il faille le sortir pour éviter de jouer à dix, il va falloir que le club soutienne le coach, peu importe la situation contractuelle des deux joueurs.

Leonardo pouvait se cacher derrière sa mésentente avec Tuchel, qu’il n’avait pas choisi, mais il ne pourra pas le faire avec Pocchetino. Que ce soit son choix ou celui de Doha, le brésilien est en place lors de cette nomination. S’il ne l’apprécie pas, il peut quitter le club. S’il reste, c’est qu’il l’accepte.

À l’image d’un Rummenigge qui recadre Leroy Sané dans les médias, les dirigeants doivent reprendre le pouvoir et placer le club et le coach au-dessus des joueurs. Sans cela, les joueurs s’engouffreront de nouveau dans la brèche. On reparlera des manques de l’entraineur en place. On le licenciera, on en fera venir un septième, qu’on virera et ainsi de suite… Le changement, c’est pour tout le monde.

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