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Laurent Blanc, une ère contrastée

Chahuté après une difficile période en tant que sélectionneur de l’équipe de France, Laurent Blanc devient entraîneur du Paris Saint-Germain au mois de juin 2013. Pendant prés de trois années, le champion du monde 1998 aura réellement compté dans l’histoire récente du club de la capitale.

Une arrivée et des titres

Débarqué au camp des loges avec son fidèle et précieux compère, Jean-Louis Gasset, Laurent Blanc compte bien imposer son propre style de jeu. Malgré la présence de nombreuses stars dans l’effectif, le nouveau coach parisien s’adapte et prône un idéal de jeu basé sur la possession du ballon et de rapides attaques placées. Avec les arrivées successives de Marquinhos et Edinson Cavani, Blanc construit un onze solide et parfaitement équilibré. On retient souvent l’hégémonie du milieu formé de Blaise Matuidi, Thiago Motta et Marco Verratti. En effet, déjà très performants sous Carlo Ancelotti, les trois hommes se subliment et s’adaptent parfaitement aux idéaux de jeu de leur nouvel entraîneur.

Au sein de son 4-3-3, ce nouveau Paris Saint-Germain glane ses premiers titres nationaux. Avec une Coupe de la Ligue remportée face à l’Olympique Lyonnais et un sacre de champion de France, acquis dés le début du mois de mai 2014. Toutefois, certains points viennent obscurcir cette première année pour l’ancien coach des Girondins de Bordeaux. Si les statistiques sont là, avec notamment un record de points en Ligue 1 (89), des échecs sont à ne pas oublier. Outre une élimination dés les seizièmes de finale de Coupe de France face à Montpellier, le PSG échoue une nouvelle fois en quarts de finale de Ligue des Champions.

Tous les supporters parisiens se souviennent de ce merveilleux match aller au Parc des Princes face à Chelsea. Un succès acquis sur le score de 3 buts à 1, conclu par un superbe but du Flaco, Javier Pastore.

Sans doute trop confiants, les hommes de Blanc sont crucifiés à Stamford Bridge après un but dans les ultimes minutes de Demba Ba.

Entre renaissance et mauvais choix…

Quand on évoque les années « Blanc », il est nécessaire de parler de sa gestion des hommes. Tout d’abord sur le front de l’attaque, le Paris Saint-Germain possède dans ses rangs, l’un des meilleurs attaquants de cette période. En provenance du Napoli, Edinson Cavani est un buteur exceptionnel dont les performances en Italie ont fait le tour de l’Europe. Toutefois, à la pointe de l’attaque parisienne, Zlatan Ibrahimovic semble inamovible et notamment dans l’esprit de son entraîneur. Cette décision condamne le buteur uruguayen à s’exiler sur le côté offensif gauche, orphelin de son poste axial de prédilection.

Concernant le mercato estival, le club enregistre les arrivées de Serge Aurier et David Luiz. Débarqué de Chelsea, le stoppeur brésilien ambitionne clairement à une place de titulaire en défense central aux côtés de son compatriote, Thiago Silva. Cependant, le jeune Marquinhos montre de très belles choses et manifeste un grand potentiel dans les années à venir. Un autre cas assez complexe de gestion pour le coach parisien qu’il tente de pallier par une alternance entre les deux hommes. A tous ces choix de gestion peut venir s’ajouter une tendance manifeste à vouloir recruter des joueurs français ainsi que certains éléments de Ligue 1.

Une initiative tout à fait honorable mais les hommes visés ne sont pas clairement viables dans un projet comme celui qui est prôné par QSI, mise à part le choix de Aurier, auteur d’une très bonne saison à Toulouse. On peut tout de même citer l’incompréhensible arrivée de l’ex-montpelliérain, Benjamin Stambouli, lors de l’été 2015 mais aussi celle de Yohan Cabaye en 2014.

Sur le plan du jeu et comptable, les dernières années de Laurent Blanc sont très contrastées. C’est notamment sur le plan européen que le coach français se fragilise. Car oui, la suprématie nationale est incontestable et ce notamment, avec l’obtention d’un quadruplé historique. Mais la Ligue des Champions reste l’élément de référence pour les dirigeants parisiens.

Les deux nuits anglaises

Eliminé à Stamford Bridge lors de sa première année, Laurent Blanc tient sa revanche sur les Blues dés la saison suivante. Après un match nul (1-1) concédé au Parc des Princes, les Parisiens se déplacent à nouveau en Angleterre afin d’y vivre, la soirée la plus importante du PSG version qatarie. Le scénario s’y prête totalement avec l’expulsion d’Ibrahimovic très tôt dans la rencontre après un tacle mal maîtrisé sur Oscar. Tous les voyants semblent être au rouge pour les hommes de Laurent Blanc mais c’était sans compter sur la hargne de ses joueurs. C’est après 120 minutes réduits à dix, que les Rouge et Bleu arrachent leur qualification après un but magnifique de Thiago Silva. La liesse est alors totale, Laurent Blanc est salué par ses dirigeants. Ce dernier déclare même : « Le PSG entre réellement dans une nouvelle ère ce soir » .

Toutefois une nuit anglaise peut en cacher une autre. La saison 2015-2016 est marquée par des affaires extra sportives terribles. L’épisode de la vidéo de Serge Aurier en est évidemment le point d’orgue. Très mal géré par le club, cet épisode pose également un tas de questions vis-à-vis du match ayant clairement mis fin à l’aventure parisienne de Laurent Blanc. Réussissant à rallier les quarts de finale de la Ligue des Champions, le PSG affronte Manchester City au Parc des Princes (2-2). Sans grande réussite offensive, tout reste possible à l’Etihad Stadium face à des Citizens qui ne sont pas transcendants cette année là. Malheureusement, c’était sans compter sur le 3-5-2 mis en place par Blanc. Un choix terrible, avec des inventions tactiques et la titularisation surprise de Serge Aurier en défense centrale. Aucun miracle n’aura lieu, le PSG est défait (1-0) et dit adieu à la compétition.

La communication des dirigeants parisiens restent assez lisse devant les médias mais le sort du coach parisien est déjà scellé. Après trois saisons, le Paris Saint-Germain se sépare de son entraîneur français. Empochant 22 millions d’euros au passage, le champion du monde quitte le club de la capitale avec un bilan contrasté. Malgré une réelle volonté de jeu, la Ligue des Champions et les mauvais choix effectués ont eu raison de l’aventure parisienne de Laurent Blanc.

Sources des images : Eurosport.Fr, paris-canalhistorique.com

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