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L’Allemagne et Paris : entre amour et désamour

Depuis 2015, le contingent allemand parisien ne cesse de s’agrandir. Pourtant, il aura fallu attendre 1998 pour voir le premier joueur de la Mannschaft porter le maillot rouge et bleu. Mais d’un autre côté, Paris aime bien les clubs allemands, enfin seulement sur le terrain.

 

Kevin Trapp arrivé 2015, Julian Draxler en 2017 et enfin Thilo Kehrer depuis 2018. Voilà à quoi ressemble le contingent allemand au PSG cette année (Kevin Trapp est prêté à Francfort pour la saison). Au fil des saisons, il ne cesse de s’étoffer, et à eux trois, ils comptabilisent 177 matchs sous les couleurs parisiennes (toutes compétitions confondues, série en cours). Pourtant, si Paris commence à se mettre à l’allemand depuis 3 ans, ce n’était pas vraiment le cas avant.

 

Wörns, le pionnier

C’est Christian Wörns qui a ouvert la voie en devenant le premier joueur germanique à porter les couleurs parisiennes. Solide défenseur qui compte 66 sélections avec la Mannschaft, il est arrivé en 1998 à Paris lors de la prise de pouvoir de Charles Biétry. Une année marquée par un grand chamboulement de l’effectif et avec une arrivée clinquante, celle de Jay-Jay Okocha.

Christian Wörns arrive lui du Bayer Leverkusen. Durant son unique saison dans la capitale, il jouera 32 matchs (pour 2 buts) et formera la charnière rouge et bleu avec Alain Goma. Il remportera même le Trophée des champions 1998 face à Lens sous les ordres d’Alain Giresse (victoire 1-0 grâce à Lachuer). Mais cette saison du renouveau s’avèrera beaucoup plus difficile que prévue. Paris connaîtra 3 entraîneurs, 2 présidents et bouclera sa saison dans l’anonymat (9èmeplace). La seule satisfaction de cette année 1998-1999 aura été d’enlever le titre à Marseille (en perdant la dernière journée face à Bordeaux, au Parc). Ainsi, le 19 avril 1999, Christian Wörns sera transféré pour 6 millions d’euros au Borussia Dortmund. L’aventure parisienne n’aura duré qu’un an pour ce solide défenseur. Et ce pionnier aura attendu 16 ans pour voir des compatriotes reporter la tunique parisienne. Depuis 2015, c’est donc 3 joueurs de la Mannschaft qui sont arrivés dans la capitale. Et Thomas Tuchel est devenu le premier coach allemand à prendre les rênes du PSG.

 

Sur le terrain, tout roule

Alors même si Paris ne commence que très récemment à voir plusieurs joueurs allemands porter sa tunique, son histoire avec les clubs outre-Rhin date depuis plus longtemps. Les clubs allemands sont même les adversaires préférés du Paris SG parmi le Big Four, avec 28 confrontations toutes compétitions confondues. Le club de la capitale présente même un bilan positif 54% de victoires (15 victoires pour 4 nuls et 9 défaites), qui monte à 60% en compétitions officielles. Les Rouges et Bleus ont affronté au cours de leur histoire 11 clubs allemands : le Bayern Munich, Cologne, Dortmund, Francfort, Hambourg, le Hertha Berlin, Kaiserslautern, le Bayer Leverkusen, le RB Leipzig, Schalke 04 et Wolfsburg.

 

Bayern, relation orageuse

Le Bayern est le club allemand que Paris a le plus affronté, mais aussi celui avec qui les relations sont les plus orageuses. Depuis l’arrivée de QSI, Uli Hoenees et Karl-Heinz Rummenigge multiplient les attaques verbales envers le club de la capitale. Fervents défenseurs du fair-play financier, les dirigeants bavarois n’ont en effet jamais caché leur aversion pour les modèles économiques de ces « nouveaux riches ». Juste avant le match de poule de Ligue des champions, le 27 septembre 2017, Karl-Heinz Rummenigge déclarait que « les clubs qui dépensent de l’argent, comme Paris ou Manchester City, n’ont encore rien gagné. Je ne suis donc pas inquiet, l’argent ne fait pas gagner de trophées à la fin ».

Mais les dirigeants n’en étaient pas à leur premier coup d’essai. En 2014, soit un an après la sanction reçue par l’UEFA (amende et restriction de joueurs en Ligue des champions), le Bavarois avait affirmé que Paris« avait disparu dans l’obscurité depuis 20 ans jusqu’à ce qu’il soit repris par un cheikh », avant d’ajouter que « le Paris Saint-Germain a une immense entreprise derrière lui, avec de l’argent presque disponible à l’infini. Nous pensons que ce n’est pas juste ».

Ces attaques permanentes sur le club de la capitale ne connaissent pas de trêve et les Bavarois sautent ainsi sur la moindre occasion y aller de leur petit mot. Après le transfert de Neymar, le président du Bayern Munich a parlé d’un « signe de faiblesse »de la part du PSG.

Et le feuilleton Jérôme Boateng n’a pas servi à arranger les relations entre les deux clubs. Ainsi Uli Hoenees avait, lors d’en entretient à Kicker, directement attaqué Antero Henrique, et conseiller « au Paris Saint-Germain de changer de directeur sportif ».

Si sur le terrain les joueurs allemands et le coach apportent satisfaction, les relations avec le Bayern Munich sont tendues, et rien ne laisse apercevoir une trêve. Allemagne, je t’aime moi non plus.

 

Arnaud de La Taille