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La ligue 1, un faux problème

La facilité avec laquelle le PSG se balade en ligue 1 est souvent amenée comme une explication à certaines mauvaises performances européennes. Et si tout cela n’était qu’une fausse excuse.

« Le problème du PSG, c’est la ligue 1 », ou encore « le manque d’adversité et le style de jeu de la ligue 1 ne permettent pas au PSG d’être prêt en ligue des champions ». Combien de fois a-t-on entendu ces affirmations ?

À première vue, on peut aller dans ce sens. Oui, en Angleterre, le niveau et la concurrence sont plus relevés, avec un état d’esprit différent qui oblige les grands clubs à jouer tous les matchs à fond, ou presque. Oui, en Espagne, le Barça, le Réal et l’Atletico sont régulièrement au-dessus, mais ils doivent quand même lutter pour battre des équipes comme Villaréal, Getafe ou Séville, entre autres. Oui, en Allemagne, le Bayern écrase tout, mais lui aussi ne peut pas s’endormir sous peine d’être puni par une équipe venue jouer. Mais il serait trop simple de tout rejeter sur le championnat français.

Pour ne retenir que ce début de saison, le PSG a remporté ses cinq premiers matchs. Mais à chaque rencontre, l’adversaire a pu utiliser le ballon, se créer des situations et gêner les parisiens. Si on ne parle que du contenu, ce qui s’est passé à Bruges n’est donc pas une surprise. La seule différence, c’est que les belges ont été capables de le faire pendant plus de soixante-dix minutes.

L’exigence, c’est la clé

Il n’y a qu’une seule solution pour que le PSG passe réellement un cap : l’exigence. Quand le coach débriefe, il doit insister sur ce qui n’a pas fonctionné et pourquoi. Ensuite, il doit être exigeant et intransigeant avec ses joueurs. Vous avez gagné 2-0, 4-0, mais vous n’avez pas été capables de gérer telle situation, telle transition.

L’entraineur est responsable puisque c’est à lui que revient le fait de trouver les mots, les leviers et les ressorts pour amener cette exigence : remplacement, concurrence, discours, tout ça fait partie de son attirail.

Mais évidemment que les joueurs ne peuvent être exonérés des reproches. Quand vous ne faites pas la course de replacement, que vous n’empêchez pas la première relance, parce que vous vous dîtes que de toute façon, on est plus fort, on gagnera quand même, vous vous empêchez de progresser.

Si vous courez un 10 km en cinquante-cinq minutes, parce que vous le faites avec votre enfant de dix ans ou un ami qui n’a pas fait de sport depuis cinq ans, il n’y a que vous qui pouvez vous surpasser pour faire descendre le chrono. Si vous vous contentez de dire « je finis devant toi », effectivement, le jour où le niveau s’élève, vous ne serez pas prêts.

Désormais, les joueurs ne peuvent plus se contenter de jouer en marchant. Oui, les joueurs ne peuvent plus se contenter de dire « on a gagné, que voulez-vous de plus ? ». Ils doivent s’obliger à courir contre Marseille, Lyon, Clermont ou Lorient. Pour cel, ils peuvent se fixer des objectifs à chaque match : ne pas concéder de tirs, avoir une ligne de récupération au-delà de la ligne médiane, empêcher l’adversaire de passer la moitié de terrain.

Enfin, le PSG ne peut plus se reposer sur ses individualités et s’en contenter. Neymar, Messi, Mbappé ou Di Maria sont capables dur deux gestes de vous faire gagner un match de championnat. Mais désormais, les parisiens doivent gagner en équipe, faire les efforts ensemble, avoir un bloc équipe et pas une somme d’individualités éparpillées sur le terrain. C’est le travail de tous, du coach aux joueurs. Mais en ont-ils réellement envie ?

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