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Thomas Tuchel : « J’ai dit à Neymar, maintenant tu vas avoir affaire à moi »

Dans les colonnes du quotidien britannique The Guardian, Tuchel se livre sur l’épisode estival compliqué pour sa star brésilienne, Neymar. On se rappelle du désir de l’attaquant de retrouver le Barca, transfert finalement avorté. Les deux parties se retrouveront plutôt au tribunal pour régler une affaire de prime non-perçue lors de sa dernière prolongation.

Le feuilleton a duré tout l’été et s’est enfin terminé lors du retour tardif du Brésilien en Ligue 1, le 14 septembre. Un dossier qui n’a pas manqué de faire de l’ombre au début de saison du PSG, sans parler de l’embrasement qu’il a créé auprès des supporters parisiens. Ce ressenti, Thomas Tuchel, le comprend et l’a fait comprendre à son joueur. « Ils sont fiers de leur club et ce n’est pas plaisant d’entendre son joueur dire pendant des semaines qu’il souhaite partir. Je l’ai dit à Neymar, parfois c’est comme ça dans la vie – tu dois faire face à la réalité et accepter les conséquences » déclare le coach.

C’est à lui désormais de réintégrer sa star dans la dynamique de l’équipe. Si les relations avec les supporters s’améliorent de match en match, c’est bien auprès de son entraineur que Neymar doit continuer à faire ses preuves. « Je lui ai dit: « Tu penses que la partie la plus dure est passée mais désormais tu as affaire à moi et je vais te pousser au maximum. La partie la plus difficile est encore à venir », une manière pour Tuchel de remettre les points sur les i. Mais ne vous méprenez pas, le coach ne manque pas de souligner son affection pour son attaquant. Il insiste « Neymar a un bon coeur, c’est un mec bien ». Le coaching de l’Allemand semble porter ses fruits. En 5 matchs, le Brésilien a marqué 4 buts (contre Angers, Lyon, Bordeaux et Strasbourg), avant de se rendre indisponible pendant un mois suite à une blessure avec la sélection brésilienne, encore une fois.

Le rêve de Ligue des champions 

Le moment de vérité est encore à venir pour le joueur. Rappelons bien que si le PSG l’a recruté, c’est en grande partie pour évoluer en Ligue des Champions, véritable point noir dans le tableau du club parisien. Pas de recette secrète, pour l’entraîneur parisien, gagner la Champions League est un tout : « Les points comptent, c’est sûr, les titres aussi si tu vas dans un club tel que le PSG, c’est la réalité. Mais il y a aussi la relation entre les joueurs, la connexion entre eux, parfois aider un joueur lors d’une période compliquée de sa carrière, c’est ça aussi le succès, non ? ». Et la patte Tuchel c’est aussi ça, construire et maintenir une excellente cohésion au sein de son effectif. Ces petites victoires si importantes mais qui passent trop souvent inaperçues aux yeux du grand public. « Toutes les petites choses que tu réussis chaque jour sont comme des petites récompenses pour moi. De l’extérieur, c’est bien plus simple et il s’agit juste de gagner » confie-t-il.

Malgré un des effectifs les plus compétitifs du football européen, voire mondial, Tuchel n’a jamais eu son match parfait. Bien conscient que le football est imprévisible et soumis sans cesse à des erreurs, sa force est justement son habilité à gérer ces imprévus. « Il y a des périodes où tu penses « ça y est, c’est le moment », mais la tension est tellement forte dans ces matchs que tu ne profites pas vraiment ». Le coach n’hésite pas à comparer ces situations au mythe grec de Sisyphe, connu pour son châtiment, consistant à pousser une pierre au sommet d’une montagne, d’où elle finit toujours par tomber…

Enfin, interrogé sur sa vie à Paris, il est bien conscient qu’il ne peut désormais plus sortir incognito avec ses deux petites filles. « Ce n’est pas pareil de regarder une peinture dans une galerie quand tu sens d’autres regards portés sur toi » confie-t-il. S’il tente parfois de se faufiler quand il fait nuit noire, le coach allemand admet que son temps libre est très limité. Alors, « doit-on être un peu fou pour être entraineur ? Oui, il le faut. » conclut-il.

@Y_Muffoletto

Source : The Guardian

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