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Ricardo : « Le PSG, ce club a marqué ma vie »

Avant d’affronter son club de cœur avec son équipe des Girondins de Bordeaux (ce dimanche soir 21h au Matmut Atlantique), Ricardo s’est entretenu longuement dans une interview pour le Parisien. Son retour en France et à Bordeaux (entraîneur de 2005 à 2007) est plutôt discret, le manager brésilien prend son temps, car il revient de très loin après son accident vasculaire cérébral en 2011. L’homme demeure attachant, il se confie, Ricardo c’est un monument. Confidences.

 

L’homme Ricardo

 A 54 ans, Ricardo est de retour, et il est resté le même. Cet homme plein d’humour, sensible et profondément marqué par son histoire avec le PSG : « J’ai passé 6 ans à Paris, aujourd’hui c’est un adversaire comme un autre pour moi ». Mais … il y a le poids de ces années magiques sous les couleurs du club de la capitale, ces rencontres, et ces épopées européennes qui ont laissé une trace indélébile : « Il me reste tous ces souvenirs, j’ai passé quatre saisons fantastiques avec de très grands joueurs. Surtout en attaque avec Weah, Ginola, Valdo, et Rai. Mais aujourd’hui le PSG est plus fort ». Le technicien « auriverde » a gardé de multiples contacts de son passage à Paris, et discute souvent avec Paul Le Guen, Antoine Kombouaré, Vincent Guérin, entre autres : « Depuis que je suis devenu manager, je suis encore plus proche de Michel Denisot. Jean-Michel Moutier est un ami. J’ai travaillé six ans avec tous ces gens, que je n’oublie pas, comme Bernard Brochand ou Charles Talar. Ce club a marqué ma vie et celle de tous ceux que je viens de citer. »

L’émotion est palpable, quand Ricardo évoque dans le détail cette période, le terrain, l’ambiance parisienne : « On est tous arrivés en 1991, au moment du rachat du club par Canal+. On a vécu des moments inoubliables, avec des titres, des matches incroyables contre Marseille qu’il fallait battre à tout prix. J’ai adoré vivre cela. Le vestiaire était très fort.Quand le vestiaire est fort, l’équipe donne tout sur le terrain. »

 

L’entraîneur Ricardo

 En 1996, Ricardo endosse le costume d’entraîneur du PSG, il a alors seulement 31 ans. Pas un cadeau, mais un vrai pari, qui sera plutôt réussi : 2 saisons, 51% de victoires, 28% de défaites.

« Je n’étais pas seul, il y avait Joël Bats à mes côtés. Mais c’est vrai qu’à 31 ans, on est pas prêts pour diriger un vestiaire comme le PSG. Pierre Lescure (alors PDG de Canal+), Denisot et Moutier m’ont choisi car ils ont pensé que j’en étais capable. J’avais un atout principal : arrivé en 1991, je connaissais bien le club et le groupe. J’avais des repères. Ailleurs qu’au PSG, cela aurait été impossible. »

Ricardo aime se souvenir de cette expérience à ses débuts avec Paris, et admet qu’elle lui sert toujours aujourd’hui : « A Paris, j’ai appris mon métier. La première saison, on perd contre Barcelone en finale de Coupe des Coupes. Au milieu ils avaient Guardiola, Luis Enrique. En attaque, Figo, Ronaldo et Stoitchkov. Derrière, Fernando Couto. Cette saison là, j’ai beaucoup appris ! Et puis auparavant, j’ai été entraîné par Sven-Goran Eriksson, qui a débuté à Benfica à 34 ans. Il travaille encore. » A chacun son histoire, et ses modèles.

Ricardo, sous les couleurs de Sao Paulo en 2016, en tant que manager

L’accident

 En 2011, Ricardo est foudroyé par un accident vasculaire cérébral. Fort heureusement, le natif de Rio de Janeiro sera plus fort que cette fatalité, il se relèvera. L’homme est indestructible, son passé au Brésil le rattrape, comme une lumière qui rejaillit : « Je ne m’attendais pas à pouvoir revenir et coacher dans le football. En 2015, le premier club que j’ai supporté dans ma vie, Botafogo, me fait une proposition. J’avais du mal à parler, et à marcher.J’ai demandé conseil à mon médecin, qui m’a dit de foncer. »

Une leçon de vie, suite à un accident qui avait touché également son père, au même âge à 2 ans près…ce que Ricardo avec beaucoup d’humour appelle « un défaut de fabrication », et résume en disant « souffrir plus de son genou que de son AVC. »

Il le sait plus que quiconque, Ricardo revient de loin et savoure chaque instant : « Pendant 2 ans, on est tout le temps fatigué, on dort. J’ai passé 12 jours dans le coma. Cela m’a rendu encore plus humble. Je fais plus attention aux autres, et à moi-même. Aujourd’hui j’ai cette joie de vivre au quotidien, et je suis encore plus heureux d’entraîner. Dans la vie, il faut garder du temps pour soi et rester un bon être humain, aimer les autres. »

Ricardo se considère encore aujourd’hui comme quelqu’un qui apprend, et il a pour objectif de toujours s’améliorer, a son rythme : « Mon objectif est d’être mieux chaque jour. C’est très rare de tout récupérer, mais j’essaie. Je suis aujourd’hui à 80% de mes capacités. »

Ricardo, un des « monuments » de l’histoire du PSG

Le PSG aujourd’hui

Ricardo a connu Ginola, Weah, Rai. Des joueurs hors-normes. Pour lui, ces joueurs-là sont techniquement du niveau des stars parisiennes actuelles, mais la différence réside principalement dans la qualité globale de l’effectif du PSG : « Il y avait une différence entre ces artistes comme Georges, David et Rai et nous. On travaillait pour eux. Le PSG d’aujourd’hui possède des top-players dans toutes ses lignes. Verratti est un très grand joueur, Thiago Silva et Marquinhos aussi. Ils sont beaucoup plus forts que moi, soyons sérieux. »

Le coach bordelais constate également avec grand plaisir que le PSG a su conserver sa filière brésilienne, très présente en France par ailleurs.

Sur l’arrivée de Neymar à Paris, Ricardo sait de quoi il parle : « Certains disent qu’il voulait sortir de l’ombre de Messi. C’est faux. Il a fait le bon choix à mon avis. Je ne me compare pas à Neymar, mais ce que je peux vous dire, c’est que j’ai connu une situation similaire, quand j’ai quitté Benfica pour le PSG. On m’a posé la même question, pourquoi ce choix ? Je quittais un club où j’avais atteint deux fois la finale de la Ligue des champions, en 1988 et 1990. On me proposait un contrat plus important et construire un grand club à Paris. C’est exactement ce qui arrive à Neymar. »

 

Mbappé

Ricardo compare la nouvelle pépite française à plusieurs joueurs brésiliens qu’il a croisé : « J’ai vu Ronaldo commencer en équipe du Brésil à 17 ans, en 1994. J’ai joué avec Romario et quand j’étais coach à Sao Paulo, j’ai vu Neymar gagner des matches à lui tout seul avec Santos. Il me rappelle ces trois joueurs là. »

Rien que ça.

Ce soir à l’occasion de la 15ème journée de Ligue 1, le PSG de Thomas Tuchel croisera sur sa route « Ricardo le compétiteur », et devra s’en méfier. Il y aura énormément de respect entre l’emblématique manager brésilien et son ancien club, mais pendant ces 90 minutes à venir, Ricardo sera bordelais. Le PSG, voudra repousser les limites de son invincibilité, et assommer le championnat : en cas de victoire ce soir, les parisiens compteraient 16 points d’avance sur leur dauphin Montpellier, 17 sur Lyon, et au moins autant sur Marseille.

De plus, avant de jouer, Paris est déjà champion d’automne.

 

Rédaction pour Paris United , Fredi

Sources infos Le Parisien, images footmercato.net, eurosport.fr