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[Interview] Romain Molina : « Cavani sacralise le terme d’amitié. »

Après Galère Football Club et Unai Emery El Maestro, Romain Molina publie un nouvel ouvrage aux éditions Hugo Sport. Un chemin du fin fond de l’Uruguay jusqu’à la surface de réparation du Parc des Princes. Cavani, de l’Interior, Cavani, El Matador. Pour Paris United, Romain Molina nous parle de son livre et du Paris Saint-Germain.

Est-ce que tu peux nous parler du livre? Pourquoi Edi?

A la base c’est une idée de mon éditeur. Je ne savais pas si il rigolait, et je n’avais pas spécialement envie au début. Encore Paris, ça me gênait un peu, j’avais d’autres projets mais bon je me suis dit Edi c’est l’Uruguay quand même. Diego Lugano, Carlos Bueno, Cristian Rodriguez ‘Cebolla’. J’ai réfléchi et c’est vrai que j’ai un petit faible pour les petits pays. J’ai habité en Ecosse, champion de basket de Gibraltar !!!!! J’ai commencé à prendre des renseignements pour voir si Cavani était un imbécile ou pas, parce que je ne voulais pas faire un truc sur un mec qui humainement ne me plaisait pas. Puis finalement je me suis dit allez. Et du coup je n’ai pas fait un livre sur Cavani mais autour de Cavani. J’essaye de me servir de la carrière d’Edi. Elle est assez linéaire au final, il arrive tard dans le football professionnel mais il progresse chaque année quasiment. Il n’a pas fait beaucoup de clubs et même si son transfert à Palerme est folklorique, le reste c’est linéaire. Donc je me suis dit, si tu te sers de chaque étape de sa vie pour parler de quelque chose en particulier. Qu’est-ce que Danubio par exemple? Qu’est-ce que l’Uruguay? Qu’est-ce que le football en Uruguay? La première partie c’est uniquement l’Uruguay. Après sur Paris, je me suis dit qu’il fallait parler d’Edinson mais pas que de lui. Faut rappeler un peu le contexte. Que ce soit sur Laurent Blanc, sur Zlatan, avec des faits nouveaux.

Le livre sur Unai, il y a beaucoup de témoignages? Celui d’Edi?

Presque 100 témoignages. Je ne suis pas au milieu des choses, ce n’est pas moi qui détient la vérité donc je laisse la parole aux gens. Et là ce que j’ai essayé de faire, c’est d’interroger ceux qui ont été proches de lui et ceux qui ne l’étaient pas forcément. J’ai été surpris parce que tout le monde, à part les français, m’a répondu. Que ce soit à Palerme, à Naples ou en Uruguay. En France je pense que ça s’explique par la scission entre les mondes médiatique et footballistique. Je ne dis pas que l’un ou l’autre est coupable, mais il y a vraiment un problème, avec une paranoïa des deux côtés. Des mecs comme Chantôme, Bahebeck ou Ongenda ne m’ont pas répondu. C’est pour cela que j’ai pris quelqu’un comme Khalifa Traoré par exemple. On ne le connaît pas trop, il n’a pas forcément été proche d’Edinson, mais je me suis dit que c’était intéressant d’avoir son avis, car ce sont eux qui ont la vérité. Moi j’essaye juste d’écouter les gens.

Qu’est-ce que tu as appris sur Edinson Cavani?

Dans le livre il y a quelques critiques sur lui, le fait qu’à l’entraînement il bougonne parfois, qu’il soit susceptible ou individualiste. C’est intéressant de le montrer mais en dehors du terrain, je n’ai pas trouvé un seul mec pour m’en dire du mal. Il est décalé c’est vrai, il fait un peu mercenaire parce qu’il ne participe pas trop à la vie de groupe mais il participe à sa manière. Dans tous les clubs où il est passé, il est adoré par les petits employés. Ca veut dire beaucoup je trouve. Quand tu vois les intendants, les femmes de ménage, les kinés, tous ces gens qui vivent au quotidien dans le club. Et bien eux, ils veulent parler de ce joueur là parce que c’est un être humain génial. Tu découvres ça et tu découvres que c’est aussi le cas pour Javier Pastore par exemple. A Palerme il est adoré par les petits employés. A Paris pareil. Les deux sont amis et c’est assez logique. Je me suis intéressé à tout ce qu’il y avait autour. Concernant Paris, il y a aussi sur Lavezzi, Di Maria, Zlatan, Motta. Il y a une anecdote par exemple qui m’a fait rire. Edi adore la pêche. Il part à Rambouillet à l’étang avec un des intendants du PSG, il paye son forfait journalier et il est venu comme un pêcheur, pas en prince. Et là l’intendant me dit « On s’est posé au bout de l’étang, il y avait des poissons chats. » Et moi je m’imagine un des meilleurs buteurs d’Europe qui se pose à l’étang de Rambouillet et qui sort deux poissons chats avec l’intendant qui roule en 406. Et surtout, le week-end, il met deux buts. Le lundi, il arrive et il dit à l’intendant : « Deux poissons, deux buts ! » Ce côté simple de Cavani, il adore aller dans l’Aveyron par exemple. Il connaît mieux la France que ses coéquipiers ou même que moi. Apparement, il veut faire la Bourgogne maintenant… Tu te dis putain, il n’y a pas tout le monde qui fait ça.

Donc pas forcément motivé au début, puis finalement…

J’y ai vraiment mis mon coeur. Quand tu récoltes plus de 100 témoignages… Et puis j’ai découvert aussi Walter (frère de Cavani et représentant). Ah Walter ! C’est l’ésotérisme, c’est la philosophie. Il me tord de rire. On a eu des discussions qui n’ont rien à voir avec le football. On a dérivé sur la place des personnes âgées dans la société par exemple et dans les transports en commun. Il n’y a a rien de contrôlé avec lui. Quand j’ai réussi à avoir la confiance des Cavani, ce qui n’est pas facile, c’était simple. Il n’a pas cherché à voir le moindre mot du livre. C’est à l’ancienne. Et ça j’ai aimé. J’ai pu bosser comme je le voulais et j’ai pu faire le rêve que j’avais, faire un bouquin qui mélange un peu de culture, de société ou même autre chose. Par exemple Palerme, on entend toujours qu’ils recrutent bien, mais pourquoi? Donc j’ai eu le recruteur en chef, le directeur sportif qui ont donné en détail comment cela se passait. Et pas uniquement sur Cavani, mais sur tout le reste. Je suis super content. J’ai fait le livre que j’avais envie de faire.

Tu disais un peu la même chose pour Unai Emery.

Exactement. Il y a beaucoup de similitudes. C’est pas étonnant que l’entourage de Cavani s’entend avec l’entourage d’Emery. Ou même celui de Pastore, de Di Maria, de Maxwell. C’est une question d’éducation. Même avec Aréola, Cavani s’entend super bien. Les deux partagent des valeurs d’éducation ou comme je disais envers les petits employés. Je pense qu’avec l’entourage d’Unai Emery et celui de Cavani, il y a d’abord ce côté discret. Il y a aussi le fait qu’ils ne trahiront jamais le secret du vestiaire devant la presse. Ils te répondent mais ils ne trahiront jamais, contrairement à beaucoup (cités dans le livre). Ce ne sont pas non plus des mecs qui vont chercher l’image ou autre. Ils ne courent pas après la gloire. Ils courent après le fait d’être heureux, de s’accomplir et font ce qu’ils font avec passion. Il y a beaucoup de points communs. Quand Cavani prolonge d’ailleurs, c’est en partie pour l’entraîneur. Pas que pour ça évidemment, il y a Nasser qui joue un grand rôle et plein de choses, mais ça joue. Walter, au club, il s’entend aussi beaucoup avec Maxwell. Des gens avec une politesse terrible, qui ont un mot pour tout le monde et sincères. Certains joueurs vont t’appeler frérot de suite, pas Cavani. Si il partage le maté avec toi déjà, c’est important. Il sacralise le terme d’amitié. Cette chose, on la retrouve notamment chez Maxwell ou chez Unai Emery.

Le début de saison du Paris Saint-Germain. Unai Emery essuye beaucoup de critiques. Qu’est-ce tu en penses?

Je ne suis pas d’accord sur toute sa gestion. Néanmoins il arrive avec un effectif composé par Antero Henrique et Maxwell. Il est mal équilibré, il y a trop de joueurs offensifs, donc il y a forcément des mecs qui ne vont pas jouer. Certains me disent : « Pourquoi il ne fait pas jouer lui, lui ou lui? » Mais tu n’as que onze joueurs sur le terrain ! Tu ne peux pas mettre dix offensifs. Et ça c’est un premier problème. Un problème de riche, mais ça peut être compliqué si c’est mal géré par le coach et par le club. Sur le terrain, je vois quand même une amélioration. Anderlecht, Dijon et Marseille, c’était une catastrophe. Mais il y a eu du changement. Les projections des milieux de terrain ont été énormes. J’ai eu l’impression que Rabiot a eu envie de jouer numéro 6. Faut lui reconnaître un mérite à Unai Emery, c’est qu’il pense que Marco Verratti est un joueur unique et il l’a toujours soutenu. La clé du PSG pour lui, c’est pas Neymar c’est Verratti. Tout Neymar qu’il est, et je ne dis pas qu’il n’est pas bon ou quoi que ce soit, au contraire pas de problème, ou même Cavani, ce sont des supers joueurs. Mais la clé c’est Verratti. Au milieu, c’est le seul droitier déjà. C’est con mais Draxler n’aime pas jouer axe droit par exemple. Verratti, pour sortir d’un pressing, je ne sais pas s’il y a meilleur au monde. Et en plus, il a une variété de jeu qui dicte le rythme. Et Unai Emery l’a beaucoup soutenu parce qu’il pense que c’est un crack quand il est à son niveau. Alors oui il a une hygiène de vie… Mais tout le monde le sait que Marco Verratti il est comme ça. Mais on ne peut pas lui reprocher de ne pas sortir les tripes sur le terrain. Il accompagnait Cavani au pressing sur les derniers matchs. Et derrière tu as Rabiot qui monte avec Draxler. Sur d’autres phases, Verratti prend aussi la place de Rabiot, et là on voit l’influence de Motta ou d’Ancelotti. Ça permet à Rabiot d’être dans un rôle totalement hybride. Si n’importe quel autre coach arrive à faire ça, on crie au génie.

Tactiquement, tu as Draxler face au jeu maintenant, qui pour moi est bien meilleur. Une défense et un milieu qui joue différemment. Et évidemment l’attaque. Ton avis?

Je trouve que c’est une bonne idée ce milieu de terrain. Draxler, je le préfère aussi face au jeu que dos au but. Il accélère vraiment le jeu car il joue plus simplement que les autres. C’est pour ça aussi que Di Maria ne joue pas milieu de terrain. Il a besoin de toucher du ballon. Draxler, lui, est capable de l’envoyer ici et là. Tactiquement, il y a un vrai travail qui est recherché. Evidemment, il y a eu des matchs abominables. Mais collectivement, il y a eu de l’amélioration avec de la variété de jeu. Paris est aujourd’hui capable de jouer à la fois le contre et aussi sur attaque placée. Maintenant, sur attaque placée, il y a évidemment la spéciale pour Edinson avec les centres des latéraux. Ils ont aussi la possibilité avec Neymar et Mbappé, et ça c’est LE chantier du staff, c’est de mieux les intégrer dans le jeu de position sur attaque placée. Emery veut varier et éviter d’abuser des circuits préférentiels de déplacement. Et ça vient car les milieux prennent l’espace, que tu as Dani Alves qui fournit du caviar et parce que la défense centrale joue plus haute. Marquinhos, Kimpembe et Silva sont encouragés à jouer plus haut. Ils osent plus. Il y a une vraie évolution dans l’équipe par rapport à l’année dernière. Même les entrées des joueurs. Di Maria est remplaçant à Anderlecht, Emery reste dans sa gestion avec Mbappé, et finalement Di Maria rentre avec envie alors qu’on s’attend à ce qu’il fasse la gueule. Ça prouve aussi qu’Emery doit pas gérer le groupe si mal que cela. Après, quand il ne fait pas jouer Javier Pastore… Il a peur Javier, il met pas le pied ni rien. Mais… Sur Kurzawa, je ne comprends pas non plus. Et Neymar et Mbappé, c’est compliqué. Tu les mets sur le banc, il se passe quoi? Entraîneur, c’est un métier de chien et ce n’est pas évident. Je ne suis pas d’accord sur tout mais franchement je trouve ça très bien. Ca coulisse bien, ça permute. Il y a une volonté de jouer plus vite. Ça prend du temps.

Aussi faire comprendre aux deux de devant qu’il faut rentrer dans le moule.

C’est peut-être ça le plus dur. Je ne pense pas que Neymar soit difficile à gérer, mais plutôt son père. On le laisse tout faire. C’est aux dirigeants d’épauler. Depuis le début de sa carrière à Santos c’est comme cela. Si Chelsea ne le fait pas, c’est parce qu’ils savent que c’est dangereux. Mais si le club est fort, si le club arrive à faire comprendre au père de Neymar que l’objectif numéro 1 c’est la Ligue des Champions, alors là… Si il veut son ballon d’or, son club doit gagner. Et pour que le PSG gagne, il a besoin de comprendre qu’il doit autant s’adapter à l’équipe que l’inverse. Je pense qu’il a plus à gagner en s’adaptant vraiment à cette équipe. Le match à Angers, collectivement c’est le top. Et si en plus de cela tu rajoutes Neymar, tu as vraiment une énorme plus-value. Et plus encore, si Rabiot comprend qu’il peut exploser en 6, Paris a peut-être LE successeur de Motta. C’est la lutte d’Unai Emery, comme il l’a fait avec Jordi Alba, qui ne voulait pas jouer latéral.

On a beaucoup parlé de vidéo dans les médias récemment.

Bien sûr qu’Emery les fait chier avec la vidéo. Mais Guardiola il fait pareil, plein de grands coachs font pareil. Sarri à Naples il fait quoi? Les mecs se plaignent des séances vidéos, mais c’est peut-être parce qu’on n’est pas habitué culturellement. Sur Neymar par exemple, c’est pas pour le faire chier. C’est juste pour l’aider à améliorer son positionnement et optimiser ses qualités en donnant de la variété à son jeu.

Celui dont on parle peut également, c’est Javi Garcia, le nouvel entraîneur des gardiens. On parle de la forme d’Areola, mais jamais de l’influence de Garcia.

En Espagne il est très réputé. C’est lui le plus réputé avec Luis Llopis, entraîneur des gardiens du Real qui était à Levante avant. Javi Garcia c’est une méthode qui s’inscrit dans le staff d’Unai Emery. Avec des vidéos etc… Aréola disait qu’il n’avait jamais eu d’informations sur les attaquants avec des clés USB. C’est l’idée d’aller dans le perfectionnement, d’aller plus loin. Areola l’an dernier, il était clairement numéro 1. Emery a insisté mais il a eu une blessure et à un moment donné ce n’était pas lui rendre service. Cette année, il a jugé qu’il était LE numéro 1. Areola lui a rendu ça, il s’est confirmé, notamment en Ligue des Champions et il est beaucoup plus sûr, beaucoup plus autoritaire. Avec Javi Garcia, ils insistent beaucoup sur la prise de décision par exemple. C’est un entraîneur avant-gardiste. Il y a 10 ans, il était déjà sur les tests cognitifs un peu comme Christophe Lollichon le faisait à Chelsea. Mais oui en Espagne il est très très réputé. Areola est un bosseur et il ne peut trouver que son bonheur avec un mec comme Javi Garcia. Le staff d’Unai en général est comme ça d’ailleurs. Ce sont des types simples. Tu prends l’adjoint Juan Carlos Cardedo, qu’on entend beaucoup sur la touche, personne ne parle de lui mais au niveau tactique ou coups de pied arrêtés, il pense. Pour revenir à Garcia, c’est une très bonne chose pour Paris. Il y a corrélation entre la philosophie de l’entraîneur des gardiens et le profil du portier. Et puis Aréola, c’est un titi. C’est bien. Il ne peut que progresser. Il fera des boulettes mais il s’est relevé de sa période noire de l’année dernière. Ça prouve qu’il est là mentalement et en plus il bosse. Avec Javi Garcia, ça ne peut qu’aller.

Une autre arrivée cet été, Antero Henrique.

C’est l’homme des gros dossiers. Mais il a une part d’ombre que les gens oublient, aveuglés par tout ce qu’il se passe. Tout ce qu’il s’est fait de moralement condamnable s’est fait à Porto. Il ne faut pas l’oublier. Mais maintenant il est dans un autre club et il ne peut pas faire ce qu’il a fait à Porto. Même si ce cas de Gustavo Hebling, je me pose des questions quand même. Maintenant Antero, il a deux qualités. Il ne se prend pas pour un Olivier Létang qui veut tout faire et surtout il délègue. Il a l’intelligence de dire, « je ne vais pas m’occuper de ça. » Donc Maxwell a des dossiers, Luis Ferrer a des dossiers. C’est l’intelligence et il y avait besoin de ça. Autre truc, j’attend de voir au milieu de terrain. Il y a besoin d’un milieu et quand je vois l’effectif, je me dis vraiment qu’il est mal équilibré. La priorité d’Antero aussi, ça va être de péréniser la formation parce que tu ne peux plus te permettre de perdre des Zagadou. Aujourd’hui, Zagadou ça devrait être le quatrième défenseur central. Kluivert et Létang, ils ont chié le dossier. Antero c’est un expert pour vendre ou autre parce qu’il a un réseau. Moralement après il ne travaille pas avec des types forcément nets, mais il a une confiance totale en eux. Il va falloir trouver des portes de sortie à certains joueurs, et peut-être qu’il va utiliser ce réseau là. Maintenant, il ne faut pas oublier ce qu’il a fait ni que c’est un professionnel. Il peut beaucoup apporter à Paris en remodelant sa cellule de recrutement, et notamment la présence de recruteurs dans les tournois de jeunes (Henrique a envoyé des recruteurs en Inde pour le Mondial U17, ndlr). C’est très intéressant mais il ne faut pas qu’il oublie qu’il n’est pas à Porto. Il y avait besoin d’un vrai pro à Paris. Henrique l’est.

Pour finir, un joueur?

Niveau basket, Steve Nash. C’est une légende. Immortel. En football, tu vas te foutre de ma gueule, mais c’est purement affectif. Fan de foot écossais, j’avais adoré ce joueur au début de carrière. Il a une super vision de jeu. Steven Fletcher. J’adore. A Burnley, y a des mecs qui le comparaient à Ronaldinho. J’ajoute aussi deux amis à moi, Maxime Blanchard et Anthony Andreu.

Un entraîneur?

Greg Popovich, même si j’aime bien Phil Jackson. Et en foot, Sir Alex Ferguson.

Un club?

Queens Park FC.

Les prochains projets?

On m’a proposé de faire Zinédine Zidane coach. Et sinon, j’aimerais faire des trucs foot culture sur le football espagnol et britannique. J’aimerais faire un truc sur l’Asie aussi, un peu géopolitique. La Premier League se prostitue pour l’Asie du Sud-Est, c’est très intéressant. Et si quelqu’un a les couilles un jour, faudra faire House of Zahavi. En série ou en tout ce que tu veux.

Pour revenir sur Cavani, El Matador, un dernier mot?

Il n’y a pas besoin d’être fan du PSG pour le lire. Souvent on se plaint des médias, de ce qu’il se passe et là c’est un traitement où j’ai essayé de rendre le livre dynamique et accessible. Je pense qu’il est écrit convenablement, dans le sens où je ne me regarde pas écrire. Il y a beaucoup de témoignages, ça parle vraiment de jeu, de foot, d’histoire et d’humain. On lit de moins en moins, alors pourquoi pas voir ce que c’est la lecture. Le lecteur sera peut-être un peu moins con. Je l’ai fait avec le coeur. Si des gens ont envie de soutenir ce que je fais, la meilleure preuve est dans ce livre. Pour les autres qui aiment Cavani et qui s’intéressent au football, c’est aussi ouvert. Le livre, c’est le support qui n’est pas du tout en vogue, mais qui te permet de prendre du recul. Je ne donne aucune leçon, je laisse parler les gens, je suis un metteur en scène. Et si les gens ont cette envie de soutenir cette philosophie là, je les en remercie d’avance.

Entretien réalisé par Antoine Bourlon (@AntoineBourlon).