Interviews

[Interview Paris U] Daniel Bravo « Aujourd’hui, le PSG est au-dessus du Bayern »

 

Consultant pour BeIN Sports, diffuseur officiel de La ligue des champions, Daniel Bravo, 54 ans, a gardé une place à part dans le cœur des supporters du PSG. A quelques heures du match face au Bayern Munich, l’exmilieu Rouge et Bleu s’est confié à Paris United sur la double confrontation mythique de 1994 , analyse la rencontre de ce soir et dresse un tableau plutôt optimiste du Paris actuel. Confidences du petit prince du Parc.

 

Quelle image vous revient immédiatement à l’esprit lorsque vous repensez à la double confrontation en Ligue des champions  face au Bayern en 1994 ?

Daniel Bravo : La première chose à laquelle je pense, un peu égoïstement, c’est à mon but au match aller. Cette rencontre est restée gravée dans ma mémoire car il avait été un moment super important dans ma carrière. J’avais traversé des moments difficiles à Paris et en début de saison, Luis (Fernandez, l’entraineur de l’époque, ndlr) m’avait repositionné au poste de milieu défensif. Ce match face au Bayern avait été l’un de mes premiers matches à ce poste et j’avais été plutôt bon, j’avais marqué d’une belle reprise de volée. Quelque part, ce match marquait le début d’une nouvelle carrière pour moi. Il représente beaucoup.

A l’aller, vous l’emportez 2-0 après avoir été archi dominateur tout le match. Vous aviez été surpris par le scénario ? 

Honnêtement non, parce qu’on avait une grosse expérience en Coupe d’Europe. On était assez sûrs de nous sans se prendre pour d’autres. On avait conscience qu’au Parc, avec le magnifique soutien des supporters, on pouvait être redoutables. On était fiers de l’avoir fait mais on savait que c’était possible.

Le match retour (victoire 1-0 du PSG) est marqué par le but exceptionnel de Weah. Sur le terrain, vous avez eu conscience de son exploit individuel ?

Bien sûr ! Quel but fabuleux ! Bon, en même temps c’était Weah hein, un joueur immense. J’étais déçu qu’il ne reste pas plus longtemps (il aura fait 3 saisons à Paris, de 1992 à 1995, ndlr). Il avait même eu des problèmes avec le public qui considérait qu’il choisissait ses matchs. Mais je me répète, c’était vraiment un joueur hors-norme, l’un des plus forts que j’ai côtoyés. Et si on s’est retrouvés en demi cette année-là, c’est beaucoup grâce à lui.

Justement, vous échouez une nouvelle fois aux portes de la finale face au Milan AC. Des regrets avec le recul ?

Pas vraiment car il faut admettre que sur la double confrontation, ils ont été meilleurs que nous. Au match aller (défaite 1-0), on avait été plutôt bons mais on se prend un but en contre. Au retour, on avait été clairement surclassés (défaite 2-0).

Parlons désormais de ce nouveau PSG. Tout d’abord, comment sentez-vous le match de ce soir face au Bayern ?

Le Bayern reste une grande équipe, habituée à ces matchs là. Même si l’on peut penser qu’ils sont moins forts sans Lahm, Xabi Alonso ou Neuer, ca reste le Bayern. Mais Paris a une grande équipe cette saison et se présente pour moi comme l’une des rares équipes favorites pour aller au bout. Ils ont tout à fait les moyens de s’imposer face au Bayern.

Pour beaucoup d’observateurs, c’est la première saison où le PSG a un effectif qui fait de lui l’égal du club allemand. C’est votre sentiment ?

Oui et je dirais même qu’il est au-dessus du club allemand. Encore une fois, il faut respecter cet adversaire de prestige mais je trouve Paris supérieur. Avec Neymar, Mbappé et Alves, le PSG est aujourd’hui meilleur que le Bayern.

Un pronostic ?

Je sens un match ouvert. Le Bayern n’a pas l’habitude de fermer le jeu, ils vont venir pour gagner mais je vois quand même Paris l’emporter.

Faites-vous parti du camp des pros ou anti Emery ?

J’aime bien Emery, je trouve que c’est un grand professionnel. Mais c’est cette saison qu’on attend de voir le meilleur de lui. Il est condamné à faire de grandes choses mais je ne suis pas inquiet. L’an dernier, il a mis un peu de temps à prendre ses marques. Et bien sûr, sa saison a été entachée par le cauchemar de Barcelone même s’il  ne faut pas oublier le match aller, ce que beaucoup font.

Faut-il s’inquiéter selon vous de «l’affaire » des coups de pieds arrêtés entre Neymar et Cavani ? Est-elle un danger pour l’unité du groupe ?

Alors là, je ne pense pas du tout. Vous savez, aujourd’hui, avec des joueurs de ce niveau, d’une telle aura médiatique, tout est relayé, commenté et amplifié. De tous temps, ces petits accrochages ont existé. Franchement, ce n’est rien. C’est un peu comme une rentrée des classes : Neymar a peut-être voulu un peu rouler des mécaniques pour marquer son territoire mais il s’est vite rendu compte de son erreur. C’est de bonne guerre tout ça ! Ca ne restera qu’un épisode.

Sur quel aspect du jeu quoi Paris doit-il encore progresser ?

C’est encore un peu tôt pour le dire, sachant qu’ils sont déjà très forts. J’avoue que sur certains matchs, j’ai été impressionné. J’ai commenté la rencontre contre le Celtic et même s’il n’y avait pas grand chose en face, j’ai vu un grand PSG.

Finalement, le principal danger qui guette Paris n’est-il pas les blessures, notamment au milieu de terrain. Si un Motta ou un Rabiot se blesse…

Oui et non. Pour ma part, j’aurais préféré que Matuidi reste. Paris aurait pu avoir besoin de lui cette saison. Après, il existe des solutions de rechange.  Lo Celso notamment est un joueur qui va compter je pense. Pour moi, c’est un futur très grand. Et Rabiot, même s’il n’aime pas ça, peut aussi jouer en sentinelle

Pour conclure, pourriez-vous, à l’instar de Luis Fernandez, revenir dans le giron du club ?

Non, je ne pense pas. C’est toujours bien d’avoir un rôle dans un club, surtout à Paris mais encore faut-il proposer un vrai service.

Avec tous les matchs que vous voyez, vous pourriez faire un très bon scout !

Franchement, je préfère être consultant à BeiN que scout au PSG (Il rit). Sans dénigrer ce métier bien sûr !

Merci à Guillaume Botton de nous avoir aidés et à Daniel Bravo pour sa gentillesse et sa disponibilité