Article

Les hommes de l’ombre

Les hommes de l’ombre

“Officiel”. En période de transferts, voici le terme qui sonne généralement le glas de longs et interminables jours d’attente. Avant que ce mot n’inonde vos notifications, différents acteurs viennent se greffer à la transaction. Nous avons pris l’habitude lors des présentations des nouvelles recrues parisiennes de voir notre président avec le nouveau joueur sous le feu des projecteurs. Outre la presse, l’assemblée regorge pourtant des hommes de l’ombre. 

Pousse-toi de là que je m’y mette

Soyons clair, chaque cas est différent. Prenons l’exemple de Juan Foyth, pisté par le PSG et qui semble prendre la direction de Tottenham (encore que…) Il illustre parfaitement la complexité d’un dossier où tout semblait acquis. Antero Henrique mandate son ami, Marcelo Simonian, afin de faire venir le prometteur défenseur central argentin. L’agent de Javier Pastore entre directement en contact avec la famille du joueur, qui ne croit pas bon d’en référer à Daniel Bolotnicoff, l’agent officiel du joueur. Simonian fait même signer un papier à la famille mentionnant qu’il l’autorise à être l’intermédiaire dans la transaction ! Après accord avec l’entourage du joueur, Simonian se met rapidement d’accord avec Estudiantes pour une somme avoisinant les 12M€ hors bonus. Alors, pourquoi le joueur n’est pas Parisien ? Car dans le même temps, Bolotnicoff souhaite absolument placer Foyth à Tottenham (notamment car il drague Pochettino depuis de longues années) et que le contrat entre Foyth et Estudiantes mentionne l’avocat de Maradona comme seul habilité à négocier pour le joueur. Vous trouvez ça confus ? Et encore, Foyth appartient bien à son club et non à une tierce personne comme c’est le cas de nombreux sud-américains. 

Bien que les règles de la FIFA en matière de transfert soient clairs, la majorité des contacts initiaux se fait hors du cadre. Un club prend toujours la température auprès de l’entourage du joueur, via un intermédiaire, avant de se lancer corps et âmes dans la bataille. L’intermédiaire, qui n’est pas forcément l’agent, est celui qui va donner le feu vert pour débuter les négociations officielles. Les méthodes ne sont pas toutes recommandables et il faut savoir jouer des coudes, car il n’est pas rare que d’autres viennent se greffer en cours de route. Les intérêts extra sportifs ont souvent un rôle prépondérant dans ces affaires. Nous en parlerons plus en détail, en évoquant le dossier Aurier-Tottenham et le rôle joué par le désormais célèbre Pini Zahavi, qui jouit d’excellente relation avec Daniel Levy, le président des Spurs.  

Que c’est donc risible de voir un club dénoncer ces méthodes… encore plus quand ce club travaille avec Jorge Mendes… 

Henrique fait la différence

2 juin 2017. Le PSG est heureux d’annoncer l’arrivée d’Antero Henrique au poste de directeur sportif. Ah ! Enfin ! Ce fameux “DS” tant espéré par les supporters parisien depuis le départ de Leonardo. Quelle plus-value doit-il apporter dans cette période ? Il faut comprendre qu’un bon directeur sportif est, avant tout, une personne qui sait s’entourer et n’a pas peur de déléguer. Dans le cas d’Henrique, son homme de confiance se nomme Luis Ferrer. Parlons des contacts avec Mbappé. Paris cherche en vain à recruter le prodige français depuis 2 ans sous l’impulsion d’Olivier Létang. Le Manceau, bien que largement décrié, a pourtant tout fait pour convaincre la famille Mbappé de rejoindre Paris. Mais travaillant isolé, il n’a jamais réussi à mener à bien ce dossier sensible qui demandait une attention particulière. Ce que Henrique a bien compris. Lors de sa prise de fonction, il mandate Luis Ferrer pour être aux petits soins avec les parents Mbappé, et le scout du PSG maintient avec eux des contacts quotidiens. C’est également lui qui conseille Emery et Nasser de se rendre dans l’appartement familial de Bondy. Et ces éléments, qu’on pourrait estimer banals, feront clairement la différence lors du choix définitif de Kylian Mbappé.


Autre cas, celui de Neymar. Henrique sait que le clan du Brésilien a joué un vilain tour au club parisien à l’été 2016 (le capitaine du Brésil avait finalement prolongé au Barça avec une large revalorisation salariale). Pour être sûr de ne pas revivre tel mésaventure, Henrique souhaite verrouiller le choix du joueur (outre l’importance accordé à Maxwell) en introduisant dans le deal, son ami de longue date, Pini Zahavi. L’homme avec qui, justement, on ne change pas d’avis. Le réseau d’Henrique est incommensurable. Il sait à qui s’adresser pour mener à bien son projet. Nasser Al Khelaïfi l’a bien compris lorsqu’il a engagé le Portugais, qui s’avère pour l’instant une recrue de choix pour le club parisien.

Attention toutefois, car une grande part d’ombre demeure chez ces différents acteurs. Pour le meilleur et pour le pire…

D.U