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Leonardo : « Neymar ou pas, le club est une institution à respecter.»

À 48 ans, il est le nouvel entraîneur d’Antalyaspor. Leonardo Nascimento do Araújo a reçu les équipes de Canal+ et Raphaël Domenach et revient sur cette nouvelle aventure en Turquie. L’occasion aussi d’évoquer le nouveau visage du Paris Saint-Germain, un club qu’il connaît bien.

 

Leonardo, on t’a quitté il y a quatre ans directeur sportif du PSG. C’est une surprise pour nous de te voir entraîneur à Antalyaspor.

« Pour moi aussi ça fait bizarre. Construire un peu de zéro, c’est un pari. Et après un mois, je me sens vraiment bien, motivé. Et même si tu joues un match de Coupe de Turquie face à une équipe de troisième division, sur un terrain synthétique avec personne, je suis motivé. Alors c’est le bon choix. »

Le président d’Antalyaspor veut jouer la gagne en Ligue des Champions dans les 5 ans. C’est pas trop ambitieux?

« Peut-être que si tu veux atteindre la Lune, même si tu arrives à la moitié du chemin, c’est déjà pas mal. C’est réaliste de vouloir arriver en Europe. »

De quoi tu es le plus fier concernant tes années parisiennes?

« Le Paris Saint-Germain m’a donné 100% de confiance et carte blanche pour gérer le club. Quand j’ai parlé la première fois avec le propriétaire du PSG, je pouvais même venir comme entraîneur. Mais dans les réunions, on est arrivé à la conclusion que c’était mieux d’avoir un rôle dans la direction, car le Paris Saint-Germain avait besoin de tout. Avec Nasser, j’avais une complicité totale. On parlait 24h par jour, on pensait à chaque détail et à chaque chose pour construire une base et ça fait plaisir. »

Est-ce que c’est vrai que le Cheick Tamim avait repéré Marco Verratti et qu’il a contribué à ce que Marco soit recruté par le PSG ?

« Oui, c’est vrai. Il a eu une importance dans la décision. Il connaît le football, et là on a parlé et à ce moment là, pour dire 100% de la vérité, on essayait de signer Luka Modric. Ce n’était pas possible, on avait déjà pris Thiago Silva et Zlatan, et Modric c’était un peu trop. Alors on a viré vers quelque chose de plus faisable. Tout le monde était convaincu de Verratti et donc on l’a fait signer. »

Ton regard sur Neymar Jr au PSG ?

« C’est formidable. On parle d’un joueur charismatique, très bon. Il incarne la joie de jouer. Complètement irrévérencieux. Un peu comme une star de cinéma. Après, je pense que la gestion de tout ça elle est très importante, et pas seulement les égos. Quand la structure évolue et grandit, le club doit quand même rester le plus fort. Neymar ou pas, le club, c’est une institution à respecter. C’est elle qui va guider un projet, c’est pas Neymar. »

Tu avais essayé de faire venir Neymar déjà à ton époque ?

« Oui. On a parlé avec lui en 2011 (lorsqu’il évoluait à Santos, ndlr). Tu voyais déjà qu’il pouvait devenir le Neymar de maintenant. Mais le projet pour lui c’était de rester au Brésil jusqu’en 2013. »

Beaucoup de personnes critiquent l’arbitrage français. Est-ce que tu penses qu’il est aux ambitions de la Ligue 1 et du PSG ?

« Je pense que l’arbitre français, il a besoin de montrer que c’est lui qui commande et ça c’est un symbole de fragilité. Les arbitres anglais, je ne dis pas que ce sont les mieux mais quand ils arrivent dans le stade, ils te saluent, ils font partie du jeu. Ils sourit, ils disent bonjour. C’est une relation normal. En France… (Leonardo imite alors les arbitres). Ça lui donne déjà la difficulté de la décision. Bien sûr qu’il peut rater, c’est évident. Mais si tu es dans une situation où tu veux monter que tu commandes, c’est plus compliqué pour l’arbitre. »

Maxwell, c’est ton successeur ?

« Ça me fait plaisir (rires) ! Quand il a commencé à jouer au Brésil, tout le monde le comparait déjà à moi, et ça me faisait déjà plaisir. C’est presque normal cette reconversion. Avec Antero Henrique, ça fait un duo très fort. Il y a une personne expérimentée et une autre qui a vécu le terrain au Paris Saint-Germain. Maxwell a toutes les qualités pour être un bon directeur sportif. »

 

Un entretien mené par Raphael Domenach pour Canal+.

Antoine Bourlon (@AntoineBourlon)