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[Article Paris U] Emery doit trouver le juste « milieu ».

Emery devra trouver le bon milieu
 
Mercredi soir, le Paris Saint-Germain a signé une remarquable victoire contre le Bayern (3-0), qu’il avait déjà battu au Parc des Princes lors de ses trois dernières confrontations. Il s’est assuré du même coup cinq mois de tranquillité, sauf catastrophe improbable, avant le début des matches décisifs en février prochain. Si le trio offensif parisien fut particulièrement explosif face aux Munichois, et qu’on évitera de surinterpréter sur la relation CavaniNeymar qui intéresse beaucoup d’autres personnes – ce qui n’est pas vraiment notre cas, même si ce serait un tort de tout minimiser – il y a beaucoup à dire ce matin sur la performance du milieu parisien, en nette difficulté contre les Allemands. Le plan de jeu d’Unai Emery n’était pas de concéder plus de 15 corners dans un match à domicile, même si le Basque répète souvent à juste titre qu’il faut être performant en transition pour remporter la Ligue des champions. Si en championnat, la tactique du contre est impossible à utiliser, le club de la capitale devra en être capable  en C1, à la manière du match contre le Barça, le 14 février (4-0).
 
Trouver des solutions
 
Mais il y a contre et contre, et le PSG fut par moment trop débordé par le milieu munichois pour se réjouir de la large victoire parisienne, qui aurait pu être encore plus nette si Neymar avait été plus en réussite dans la finition. Le PSG va causer des problèmes à n’importe quelle équipe européenne, et c’est déjà une victoire. Mais un constat doit s’imposer : Paris n’aura que très peu de chances de soulever le titre absolu avec son milieu actuel, MottaVerrattiRabiot. Les trois hommes sont complémentaires, brillants et parfaitement capables d’évoluer en contre-attaque autant qu’en jeu placé. Mais ce milieu manque d’impact, globalement, et semble surtout trop lent dans son approche technique. Avec Thiago Alcantara et Vidal, le Bayern Munich possède ce qui se fait de mieux en Europe (avec le Real Madrid), et le PSG a vu l’écart – même petit – qui le séparait dans ce domaine de l’une des deux meilleures équipes mondiales. Unai Emery va donc devoir trouver des solutions. C’est lui qui devra faire LA différence dans ce secteur de jeu, si c’est possible (ce qui n’est pas certain, chacun en conviendra)
 
Le coach espagnol a globalement fait une première saison convaincante, dans un contexte impossible après le départ de Zlatan Ibrahimovic, et la saison stratosphérique de l’AS Monaco (95 points en L1). Mais le deuxième volet de son aventure parisienne sera observé avec beaucoup moins d’indulgence, et c’est parfaitement logique. Au Basque de trouver des solutions contre des blocs resserrés en Ligue 1 et de préparer sa formation aux grandes échéances européennes, avec un milieu de terrain en capacité de lutter contre les meilleures équipes. Si la venue de Fabinho aurait pu solutionné le problème, l’équipe parisienne connaîtra forcément des désillusions si des joueurs ne sont pas testés à des postes différents.
 
Essayer Meunier au milieu
 
Guardiola a su réinventer de nombreux joueurs, De Bruyne et David Silva étant les derniers en date à Manchester City, et Emery doit effectuer la même chose. Sans quoi on pourra considérer que l’échec en Ligue des champions lui sera déjà en partie imputable, si jamais il devait arriver au printemps avec ce milieu MottaVerrattiRabiot, sans plan B. Plusieurs solutions sont possibles. Le repositionnement de l’international français en 6 en est une. Il refuse de jouer à ce poste car il préfère s’amuser dans le jeu offensif ? Certes, mais ce n’est pas la même chose de le faire jouer dans cette position 60 matches par an, et 10 rencontres – les plus importantes – dans l’année. Le recrutement d’un grand milieu est possible en janvier, mais Emery va plutôt devoir composer avec son effectif actuel. Quand on voit la métamorphose de Fabinho au milieu, pourquoi ne pas tester Meunier dans cette position ? Le Belge est un coureur infatigable, et semble avoir toutes les qualités pour jouer milieu défensif. Essayer serait déjà un premier pas, même si des douleurs à la cheville l’empêche pour l’instant de jouer plus régulièrement. On peut également imaginer Di Maria en relayeur, la position dans laquelle il a le plus brillé avec le Real Madrid et la sélection argentine, lors de la Coupe du monde 2014. Ou tout simplement faire confiance à Lo Celso, qui marque les esprits lors de chaque entrée en jeu. Mais ce serait une faute de l’entraîneur parisien que de ne pas tenter des expérimentations, alors que le PSG va passer les cinq prochains mois de son existence à se trouver des challenges. Dans l’intérêt du club parisien, il faut que le coach espagnol prenne le problème du milieu à bras le corps, et cherche des solutions originales. Le temps est, pour une fois, un allié de Paris. À Unai d’y arriver. Un long parcours en Ligue des champions est à ce prix.
A.C