Le centre de formation sera l'un des chantiers de l'été pour Leonardo. Crédit : Icon Sport
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Jeunesse parisienne : Vers un nouvel exode

Depuis cet été, le PSG n’a plus d’équipe réserve en championnat de National 2. De plus, il a vendu un certains nombres de jeunes joueurs formés au club. Pourquoi cette nouvelle stratégie ?

 

Nkunku, Zagre, Weah, Nsoki, tous ces jeunes joueurs formés au PSG ont quitté le club cet été. Pas au niveau pour évoluer régulièrement en équipe première, ils ont subi la disparition de l’équipe réserve qui évoluait en championnat de National 2. Avant d’aller plus loin, il faut comprendre pourquoi cette réserve n’avait plus d’intérêt.

Tout d’abord, parce que ce n’était ni formateur ni significatif. Un jeune qui marque 30 buts en National 2, cela a-t-il une réelle signification sur son niveau pour atteindre le haut niveau ? Non. Faire jouer des joueurs qui s’entraînent toute la semaine dans le groupe pro en équipe réserve, c’est très compliqué. Agressivité décuplée, terrain limite, le joueur pro est plus en danger qu’autre chose. De plus, faire signer professionnel et offrir des salaires de 20 000 à 30 000€ par mois à des joueurs pour jouer en 4èmedivision, c’est un coût inutile. Enfin, participer à un championnat dans lequel tu ne peux pas monter au niveau supérieur même si tu termines premier, quel est l’intérêt sportif et en terme de compétitivité ? Aucun. D’ailleurs, il faut regarder le nombre d’équipes réserves qui descendent chaque saison de National 2 à National 3.

 

Une stratégie façon Madrid

Cet été, le PSG a donc vendu tous ses jeunes qui ne pouvaient plus jouer en U19 et donc pas participer à la Youth League. Pour des raisons de budget, notamment dans le cadre du fair-play financier, mais aussi parce qu’il n’y avait aucun intérêt à garder des joueurs condamnés à passer la saison en tribunes. Le club qui possède le plus grand nombre de joueurs à jouer ou ayant joué dans les cinq grands championnats, sur les vingt dernières années, c’est le Real Madrid. Et beaucoup ne sont jamais passés par la case équipe première. Paris prend cette direction.

Le club de la capitale forme et vend. Il vend pour récupérer de l’argent, mais il vend aussi pour donner aux joueurs du temps de jeu ailleurs. Si le joueur explose et qu’il est vendu, Paris récupérera l’indemnité de formation FIFA. Et si Paris a eu la bonne idée d’inclure dans le contrat une clause « rachat prioritaire » avec un prix fixé à l’avance, il récupérera le joueur, soit pour le faire jouer, soit pour le revendre plus cher. L’exemple le plus connu est celui de Morata avec Madrid. Barré en équipe première, il est vendu 20M€ et se révèle à la Juventus Turin ! Le Real fait jouer son droit de rachat à 30M€ puis le revend la saison suivante pour  66M€ à Chelsea. Le PSG a déjà mis en place cette stratégie avec Zagre, qui possède une clause de rachat prioritaire dans son contrat à l’AS Monaco.

 

Des départs lors des prochains mercatos

Entre le mercato hivernal et celui de l’été prochain, le PSG se prépare à de nouveaux départs. Mais il y a plusieurs cas différents. Il y a ceux, comme Mbe Soh, qui sont sous contrat professionnel. Au club, la tendance est de se dire qu’il n’a pas le niveau et qu’il faudra le vendre. Est-ce que lui aura droit à sa clause rachat ? Rien n’est encore décidé. Il y a ensuite les cas des joueurs à fort potentiel mais qui ne pourront pas encore avoir du temps de jeu en Ligue 1. Aouchiche est de ceux-là. La différence, c’est que lui est en fin de contrat en juin. Sans signer professionnel, il partira libre. S’il signe pro, il ne se contentera pas de s’entraîner avec le groupe, lui qui est suivi par un grand nombre de clubs après deux compétitions avec l’équipe de France dans lesquelles il a fortement brillé. Le joueur est en position de force.

Autre cas, Xavi Simons. Gros salaire pour un joueur de son âge (16 ans), il possède un contrat professionnel. Mais il regretterait déjà son départ du Barça. Sauf qu’il est sous contrat jusqu’en juin 2022. De plus, il est sous contrat avec Nike et possède déjà plus de deux millions de « followers » sur instagram. Quand on connaît la valeur des réseaux sociaux dans les négociations aujourd’hui, ce joueur a donc déjà une vraie valeur. Mais que se passera-t-il s’il ne joue aucune minute avec les pros ? Ça va être un autre problème à gérer, même s’il est sous contrat. Par la suite, des questions vont rapidement se poser sur les situations de Sissako, Kapo, Ruiz, Fadiga, autant de joueurs suivis par des clubs européens.

En France, cette stratégie peut surprendre. Mais en réalité, quels sont les clubs niveau Ligue des champions qui utilisent leurs joueurs formés au club ? Très peu. Au Barça, Ansu Faty est sorti cette année, mais qui d’autres ces dernières années ? D’ailleurs Xavi Simons a bien quitté le club catalan pour le club parisien cet été, tant les jeunes barcelonais ne jouent plus en équipe première. Le Real ? Aucun. Le Bayern ? Aucun, le cas de Kimmich est différent car arrivé à 20 ans après être passé par Stuttgart et Leipzig. City ? Aucun. La Juve ? Aucun. Liverpool ? AlexanderArnold et c’est tout, parce que contrairement aux idées reçues, Henderson, le capitaine a été formé à Sunderland et Robertson à Queen’s Park Rangers.

Les gros clubs veulent désormais des joueurs confirmés et n’ont plus le temps de donner du temps de jeu en post-formation. Les jeunes parisiens sont-ils donc condamnés à partir pour réussir ?

Paris United

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