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Javier Pastore « Je suis fier d’avoir été autant aimé par le public parisien. »

L’ex numéro 10 parisien, auteur de 45 buts et 56 passes décisives, a accordé un long entretien à France Football dans lequel il évoque notamment son passage à Paris. Voici une sélection de quelques passages.

Lorsqu’on lui demande s’il sait qu’il a symbolisé un peu un côté romantique en France, il répond s’être « toujours senti compris chez vous. Parce qu’il y a cet amour du beau jeu en France. J’ai été et resterai à jamais marqué par mes années Paris Saint-Germain ( de 2011 à 2018). Je suis fier d’avoir été autant aimé par le public parisien. »

Concernant son rapport aux statistiques dans le football et s’il s’en préoccupe, il dit sans détour qu’il « s’en fout. Ça ne change rien à mon jeu. L’entraîneur ne se fie pas à 100% aux statistiques non ? »

Il poursuit « Non, (il ne prête pas attention aux stats) mais les gens du club les ont. A Paris, le lendemain des matchs, on avait une feuille avec le détail de nos kilomètres courus, le nombres de passes réussies ou manquées, les passes vers l’avant, vers l’arrière, offensivement, défensivement.. Moi, je sais ce que j’ai fait pendant un match. Parfois, tu peux avoir 99% de passes réussies mais aucune n’a crée un décalage ou une occasion de but. J’en parlais beaucoup avec ceux qui s’occupaient des stats au PSG. Ils voulaient à tout prix que j’augmente mon ratio de passes réussies. Je préfère louper sept passes mais que les trois autres nous offrent une occase.»

Même si l’on sait que nous sommes de plus en plus dans l’ère des statistiques, c’est intéressant de découvrir cette obsession de la part du staff parisien, et la vision différente de Javier Pastore. Il sait qu’il a du déchet dans son jeu mais il préfère tenter des passes compliqués, des passes vers l’avant qui cassent des lignes et qui peuvent amenées à des situations de buts, même si ces passes sont plus compliquées à réaliser et que l’adversaire a plus de chance d’intercepter, de contrer ou de récupérer le ballon, plutôt que d’assurer des passes tranquilles à deux mètres ou dans son camp mais qui n’apportent pas le danger.

Javier Pastore sait qu’il est sujet à controverse, mais est-ce qu’il comprend les critiques qui peuvent lui être adressées ? « J’ai toujours été un joueur qu’on se plaît à critiquer les premiers mois. A Huracan, on me critiquait parce que je ne courais pas assez pour défendre. A Palerme, pareil. A Paris, c’était différent. Dès le premier jour j’ai ressenti beaucoup d’amour. Mais j’ai eu des moments difficiles pendant mes sept ns et c’est normal. (on peut penser à ses nombreuses blessures notamment au mollet).Mon style de jeu, soit tu l’aimes, soit tu le détestes. Et quand je ne me sens pas bien physiquement ou que je ne fais pas un bon match, c’est plus facile me pointer du doigt et de m’insulter. A l’inverse, quand tout se passe bien, tout peut aller très vite. Je peux passer du pire joueur au meilleur joueur en quelques instants. Ça s’est toujours passé comme ça.« 

Il a conscience de son talent et de ses limites. Ses pépins physiques ont causé beaucoup de problèmes et il le sait. Cependant, il est très autocritique, il essaye toujours de donner le maximum pour l’équipe et il sait que lorsqu’il a de bonnes sensations sur le terrain, qu’il joue libéré, sans appréhensions, c’est un joueur de génie qui peut te faire basculer un match. Ce n’est pas étonnant qu’il est été rapidement un chouchou du Parc et que bon nombre de supporters soient tombés amoureux de ce joueur.

Le milieu offensif argentin a une belle carrière mais il aurait sans doute pu aller encore plus haut. N’éprouve-t-il pas de regrets sur sa carrière ? « Non, je suis très heureux de ma carrière. Surtout pour mes années au PSG. J’ai eu la chance d’arriver à Paris la première année et de me sentir un joueur très important. Il y avait Ménez, Nenê…Et puis, il y a eu des joueurs comme Ibrahimovic, Cavani, Di Maria, Beckham qui sont arrivés. Des joueurs qui étaient déjà très haut. Donc moi, j’ai pris la place que l’équipe me donnait. On a gagné des titres, on a pratiqué un beau jeu, l’un des meilleurs en Europe parfois, même si on n’a pas gagné la Ligue des Champions.« 

L’homme au 269 matchs officiels sous la tunique parisienne poursuit lorsqu’on lui demande s’il n’est pas fatigué qu’on lui répète qu’il aurait pu faire mieux: « Non, je fais un métier que j’aime. J’adore m’entraîner, je m’amuse. Je suis heureux et fier de ma carrière. J’ai pu jouer un Mondial, arriver en finale de Coupe d’Italie. J’ai gagné dix-neuf titres avec Paris. ( 5 Ligue 1 en 2013, 2014, 2015, 2016 et 2018; 4 Coupe de France de 2015 à 2018 ; 5 Coupe de la Ligue de 2014 à 2018 et 5 Trophée des Champions de 2014 à 2018) J’ai eu la chance de jouer avec Messi, Neymar, Mbappé,  Ibrahimovic, Beckham, Thiago Silva, Cavani.. Ce sont des légendes. Qui peut me dire que ça ne compte pas ?« 

Retrouvez l’ensemble de l’interview de Javier Pastore sur France Football 

Yanis Boudjenane pour Paris United

Paris United

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