Le Club

À la recherche du temps perdu

Seulement deuxième de L1 au terme des matchs allers, le PSG a connu une première partie de saison chaotique. Rien de rédhibitoire cependant pour un groupe qui veut se relancer et briller sous les ordres de Mauricio Pochettino.

Une saison pas comme les autres. Plus personne ne peut en douter à l’heure d’honorer le champion d’automne de cet exercice 2020-21. Pour la troisième fois en dix ans et l’arrivée de QSI à Paris, ce titre honorifique ne revient pas au PSG. Après Marseille en 2015 et Nice en 2017, c’est Lyon qui a basculé en tête au terme des matchs allers en L1. Un petit évènement alors que Paris avait souvent pris l’habitude de tuer tout suspense les années précédentes.

 

Pour les plus pessimistes, cet acte I du championnat n’augure rien de bon pour la suite de la saison. Il faut dire que presque tous les témoins ont clignoté au rouge depuis cet été : absence de préparation foncière, coupure trop brève au retour du Final 8, cas de COVID-19 après les vacances polémiques à Ibiza, blessures à répétition (près de sept absences par match depuis septembre, un record en Europe), fond de jeu au mieux médiocre, individualités décevantes, conflits internes et limogeage de Tuchel (une première depuis 2012)…

Et c’est bien là tout le paradoxe de cette première moitié de saison. Un PSG qui perd comme jamais sous l’ère QSI, qui offre des moments de gloire à des adversaires habituellement laminés au Parc des Princes et qui pratique un football qui nous ramène dix ans en arrière. Mais également un PSG qui n’était pas loin de reprendre la tête de la L1 samedi soir, qui a remporté sa poule de Ligue des champions et qui reste le grandissime favori pour la plupart de ses adversaires nationaux.

La morosité de ces dernières semaines ne s’est évidemment pas volatilisée. Pas plus que les lacunes collectives ou le déficit physique récurent de cet effectif. Mais l’arrivée de Mauricio Pochettino est porteuse d’espoir dans les rangs parisiens. Nouveau staff, nouvelles méthodes d’entraînement, nouveau projet de jeu : on attend un nouvel élan pour le PSG, qui n’aura pourtant guère le temps de rattraper le temps perdu.

Le calendrier ne permettra pas un travail foncier efficace. Ni de longues séquences tactiques pour donner une identité de jeu plus forte à une équipe prisonnière de préceptes minimalistes. Mais les premiers ajustements de Pochettino et son travail passé à Tottenham laissent imaginer une volonté d’émancipation. La tâche du coach argentin ne sera pas simple : mettre un terme à la Neymar dépendance tout en s’appuyant sur le talent et l’apport du numéro 10 brésilien.

L’autre chantier sera évidemment de modifier l’ADN d’une formation avare en courses et en replis défensifs. De faire accepter l’idée d’un collectif fort sublimé par des individualités moins portées par les stats et les exploits égoïstes. Là encore, la jurisprudence Tottenham plaide en faveur de Pochettino. Ainsi que quelques bonnes séquences aperçues lors des matchs face à Saint-Etienne et Brest. Un PSG qui joue plus haut, plus vite et qui étouffe son adversaire. Reste à savoir si ces phases de 25-30 minutes pourront rapidement être répétées plus longuement.

En attendant, le PSG aura l’occasion de remettre les pendules à l’heure mercredi soir lors du trophée des champions. Quoi de mieux en effet qu’une victoire sur l’OM, avec un nouveau titre à la clé, pour bien débuter la nouvelle année ? Il sera ensuite temps de se tourner vers le prochain très grand rendez-vous européen tout en essayant de reprendre les commandes de la L1. On vous l’a dit, cette saison ne sera définitivement pas comme les autres.

Un article de Nicolas Puiravau pour Paris United

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