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Paris Saint-Germain, la puissance financière

13 février 2020 : le club de la capitale a été décrété « plus grande puissance financière au monde » parmi les plus grands clubs de football. C’est en tout cas ce qui ressort du rapport de Soccerex, un organisme footballistique londonien, qui réalise notamment des études économiques de cette industrie – tout comme Football Benchmark de chez KPMG par exemple.

Bien que cela soit une excellente nouvelle pour le PSG, qu’est-ce que ce résultat signifie ? Qu’est-ce que cela implique ? Sur quoi sont basés ces calculs ? Décryptage.

Une hégémonie financière

Le Paris Saint-Germain vient de détrôner l’ogre qu’est Manchester City sur le plan financier selon le rapport de 2020 de Soccerex, avec un score indicatif de 5,318 contre 5,197 pour les Citizens. En troisième position, nous retrouvons le Bayern de Munich avec un score de 3,888.

Dans ce top 100 des clubs, nous retrouvons l’Olympique Lyonnais à la 26ème place et un score de 1,197 puis l’Olympique de Marseille à la 53ème place et un score de 0,630. Si l’on s’en tient à cet indicateur, ces écarts sont très importants, ne serait-ce que sur le podium du top 3. Il va sans dire que les deux premiers au classement doivent leur place à leurs principaux propriétaires : QSI (Qatar Sports Investments) pour le PSG et ADUG (Abu Dhabi United Group) pour City, dont les capacités financières sont illimitées comparées aux autres investisseurs.

Tout cela, comme indiqué en introduction, est une très bonne nouvelle pour le Paris Saint-Germain qui, une fois de plus, rayonne sur la scène du football mondial d’un point de vue financier mais également d’image de marque. Mais fondamentalement, ce résultat de Soccerex n’en reste pas moins qu’un résultat d’indicateurs sélectionnés. En d’autres termes, d’autres études sur le même thème peuvent potentiellement amener à des résultats différents. Tout n’est donc qu’une question de calculs.

Un résultat donné par cinq indicateurs

L’étude est disponible et téléchargeable gratuitement, nous allons donc tenter une explication de ces résultats. Afin que cela soit le plus simple à comprendre.

Tout d’abord, quels sont ces indicateurs ? Nous avons donc ce qu’ils appellent le « potentiel financier des joueurs et des infrastructures ». Pour le dire autrement, ils se basent sur des valeurs estimées des joueurs et des installations (stade, centre de formation, académies etc …) et vont utiliser des données financières qui permettent de déterminer la valeur future de ces « assets ». Pour faire simple en comptabilité, il est possible via plusieurs méthodes de calculs de déterminer une valeur « potentielle » d’un actif (contrat de joueur, bâtiments etc …). Ces deux premiers indicateurs sont fondamentaux et ce pour la valorisation de n’importe quel type de société.

Nous avons également le « Cash in bank », littéralement la trésorerie du club. Cette donnée peut être trouvée lors de l’élaboration du bilan comptable, mais celle-ci est généralement confidentielle et n’est confiée qu’aux investisseurs et aux commissaires aux comptes mandatés. Soccerex a donc soit accès à ce type d’information, soit il s’agit de conjectures basées sur des données croisées.

Ensuite, quatrième indicateur, le « owner potential investment », littéralement le « potentiel d’investissement du propriétaire ». Qu’est-ce que cela veut dire ? Dans son rapport, Soccerex indique qu’il s’agit d’un indicateur qui a été créé à partir d’évaluations basées sur des critères de temps, des critères micro et macroéconomiques – à l’échelle du club seul et à l’échelle de l’ensemble des clubs du paysage économique à une date donnée –, la structure financière du propriétaire, le fair-play financier et les restrictions des ligues nationales. En soi, cet indicateur n’est pas tout à fait clair car il se base sur des interprétations de données bien précises sans prendre en compte par exemple le contexte géopolitique.

Enfin, le dernier indicateur est celui de l’endettement net du club. Celui-ci est mesurable de manière plus fiable si l’on s’en tient aux données issues du bilan comptable du club.

Vous l’aurez compris : ce classement se base sur un ensemble de calculs complexes, issus de la réalité économique lorsque cela est possible et de l’interprétation (voire de l’extrapolation) de données. D’après celles-ci : tout va bien pour le club de la capitale. Mais comme toutes données, elles peuvent être manipulées comme on le souhaite.

Source et crédits images : Soccerex

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