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Mediapro: Le caillou dans la chaussure du foot français

Mediapro, détenteur de la majorité des droits TV, a demandé un report de paiement pour l’échéance du mois d’octobre. Une situation prévisible mais qui risque de faire très mal au football français.

Ce sera peut-être la goutte d’eau qui fera déborder le vase. En ces temps très compliqués liés à la crise sanitaire, Mediapro, détenteur de 80% des matchs de ligue 1, ne veut plus payer ce qui était prévu.

La LFP était heureuse d’avoir récupéré près de 1,3 milliards d’euros par saison pour les droits TV. Mediapro, l’un des détenteurs de ces droits, l’autre étant Canal+, devait débourser 750M€, plus 60M pour la ligue 2. Mais voilà qu’hier, on apprenait que le diffuseur demandait, dans un premier temps, un délai de paiement concernant l’échéance du 6 octobre. Puis, dans un entretien au journal L’Équipe, Jaume Roures, le patron du groupe, déclarait qu’il souhaitait même effectuer une renégociation.

Quand la LFP ne demande aucune garantie bancaire

Pour ceux qui connaissent l’histoire de ce groupe, rien de surprenant. Quand les droits de diffusion de la Série A avait été vendus, c’est eux qui les avaient remportés. Mais la Ligue italienne avait alors demandé des garanties bancaires qui ne sont jamais venus. Elle avait alors retoqué Mediapro et relancé un appel d’offre. En France, trop heureux d’avoir vu le montant grossir autant, personne n’a rien demandé.

Au départ, Médiapro avait une idée. Le groupe était persuadé qu’il réussirait à revendre les droits à Bein ou Canal + en misant sur le fait que ces deux chaînes perdaient gros en ne diffusant presque plus de matchs français. Première erreur. C’est pour cela que la chaine Téléfoot a été créée si tard.

Deuxième erreur du groupe, avoir pensé que les gens paieraient 25€ par mois pour huit matchs de ligue 1 et toute la ligue 2. Pour accélérer le processus d’abonnement, le média a même tout fait pour que PSG – OM soit calé au calendrier très tôt dans la saison, pensant que ce serait le déclencheur des abonnements. Il faut noter que le seuil de rentabilité est estimé à 3,5millions d’abonnés et que, même si on n’a pas les chiffres officiels (l’estimation est aujourd’hui d’environ 500 000 abonnés), on en en est encore très loin.

Avec la nouvelle somme obtenue, tout le monde s’est mis à rêver. Pourtant, quand on regarde la répartition, les clubs de Ligue 1 ne toucheront, en moyenne, qu’une vingtaine de millions d’euros supplémentaires. C’est bien, mais ce n’est pas non plus un bouleversement de budget.

Les clubs français pourraient perdre beaucoup

Pour en venir au PSG, l’estimation en tenant compte du fait que le PSG sera champion et diffusé lors des grosses affiches, le montant était d’environ 30 millions d’euros. Si le média décidait de renégocier ou, carrément, de ne plus payer, ces 30 millions manqueraient en fin de saison. Avec des pertes estimées à environ 120M€, on passerait alors à 150 pour le club de la capitale.

La LFP avait un partenaire fiable avec Canal+. Mais plutôt que de garder un partenaire qui paye, tout le monde a voulu celui qui promettait le plus d’argent. Évidemment, rien n’est définitif et Médiapro pourrait s’acquitter des sommes prévues.

Mais si ce n’était pas le cas, le football français pourrait plonger dans une crise sans précédent, surtout que certains clubs ont recruté en tenant compte des nouvelles rentrées d’argent. Pour être concret, si Canal+ était amené à récupérer les droits pour une somme équivalente aux saisons précédentes, entre le budget établi par le PSG et la nouvelle somme, le manque pourrait tourner autour de 60 millions d’euros en moins. Une catastrophe. Le feuilleton ne fait que commencer…

crédit photo: francefootball.fr

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