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FC Value France 2020 : un Paris stratosphérique

L’Observatoire du Sport Business – que vous connaissez sans doute au travers du fondateur Vincent Chaudel, qui nous accompagne dans « Le Parc et au-delà » – a lancé le 21 août dernier la première édition de « FC Value », avec l’ambitieux projet de proposer une méthode de valorisation des clubs de football professionnels. Cette première étude propose un classement, selon plusieurs critères, des clubs de Ligue 1. Sans suspense, c’est le Paris Saint-Germain qui est en tête, et de très loin.

« Valoriser ces clubs à leur juste prix »

Il n’est pas évident de se mettre d’accord avec l’ensemble des études de valorisations tant elles sont variées et basées sur des critères différents. Cependant, des similitudes et schémas identiques se retrouvent d’un dossier à l’autre. Il est d’autant plus difficile de donner une réelle juste valeur lorsque l’on doit se baser sur des données publiques.

Pour cet examen des clubs de football professionnels de Ligue 1, plusieurs critères ont été pris en compte afin de donner une valorisation aussi précise que possible : des critères sportifs (autrement dit, les résultats dans les différentes compétitions), financiers, économiques (à ne pas confondre avec « financier »), de potentiel commercial (pour le dire autrement, la capacité d’un club à pénétrer des marchés et/ou des segments de consommation), les actifs immobiliers (tout ce qui va concerner les bâtiments et infrastructures, comme les stades) et enfin l’endettement des clubs.

 

Dans le top 3 de cette étude, on retrouve évidemment le Paris Saint-Germain en tête – et de très loin – du classement, avec une valorisation (en euros) de près d’1,84 milliards. Ce chiffre, à mettre en perspective avec le reste du championnat, est vertigineux puisqu’il est supérieur de presque 3,5 fois la valeur de l’Olympique Lyonnais (deuxième avec quasiment 526 millions), 8 fois celle de l’Olympique de Marseille (troisième) ou encore 107,5 fois supérieur à celle du Nîmes Olympique (dernier au classement). Nous y reviendrons.

Analyse critique et des résultats

L’un des bons points à souligner dans cette étude est le fait qu’elle prend en compte l’ensemble des résultats sportifs toutes compétitions confondues sur les cinq dernières années. Cela permet d’avoir une image plus fidèle de ce qu’a pu représenter l’évolution de chaque club et, à fortiori, du championnat de Ligue 1. Comptablement il n’est absolument pas pertinent – pour ne pas dire « sans intérêt » – de ne se baser que sur l’année en cours ou sur « la meilleure année ». Cela peut donner une tendance d’évolution mais toujours à mettre en perspective avec d’autres années.

Un exemple simple : vous conviendrez qu’il est bien plus pertinent de constater l’évolution de la valeur du PSG sur 2016, 2017 et 2018 (avec l’arrivée de Neymar Jr et Kylian Mbappé) plutôt que de se focaliser uniquement sur l’année 2017 ? Premièrement, car la deuxième solution ne présente aucun intérêt d’analyse, si ce n’est de dire que le PSG a recruté deux joueurs à valeur élevée. On ne parle donc pas ici d’évolution. Plus la plage de comparaison des années est importante, plus les résultats seront pertinents. En l’occurrence, choisir une période de cinq ans est un bon choix de la part de l’Observatoire.

Concernant les résultats vus en première partie et selon les critères de l’étude, cela démontre plusieurs choses. Premièrement, la Ligue 1 est un championnat plus ou moins équilibré si l’on fait abstraction des quatre premiers au classement. Comme la réalité est bien plus pertinente que la théorie, alors il va sans dire que la Ligue 1 est finalement totalement déséquilibrée. L’écart de valorisation entre les différents clubs de Ligue 1 est littéralement stratosphérique. Une simple addition vous mettra en évidence que, toujours selon l’étude, la somme des valeurs des 19 autres clubs de Ligue 1 est inférieure d’un peu plus de 100 millions d’euros de la valeur du Paris Saint-Germain à elle seule. « Paris est un club hors-ligue » et l’étude ne peut en aucun cas dire le contraire.

QSI semble avoir rempli sa part de contrat. Presque dix ans après leur arrivée, dirigeants qataris ont réussi à faire du PSG un club puissant (financièrement et sportivement), une marque et un bastion du football français, sans qui le championnat de Ligue 1 serait bien fade. « Si par bonheur, le PSG venait à gagner dimanche, il ne serait pas impossible de le voir passer la barre des 2 milliards d’euros dans la prochaine édition en mars 2021 » selon Vincent Chaudel. Quoiqu’il en soit, les dés sont jetés pour cette finale PSG – Bayern. Fluctuat nec mergitur.

Retrouvez cette étude et d’autres sujets passionnants sur le football chez l’Observatoire du Sport Business.

Étude réalisée par Aurélie Lienhart pour l’Observatoire du Sport Business.

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