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En quoi consiste le décret du 1er août 2018 concernant les droits d’image des athlètes et entraîneurs ?

La volonté de ce décret est d’instaurer une meilleure éthique, meilleure transparence et meilleure régulation sur les revenus d’image des athlètes et entraîneurs en France. La question est de savoir en quoi ce décret va améliorer la compétitivité entre les clubs de football professionnels et leur permettre de conserver leurs jeunes talents.

Un rapide topo de ce que sont les droits d’image

Dans les « droits d’image » on parlera de l’exploitation commerciale – dans le but de générer du bénéfice – de l’image, du nom et de la voix des sportifs ou entraîneurs. Pour faire simple, lorsqu’un joueur participe au tournage d’un spot publicitaire pour une marque comme Nike, il va percevoir une rémunération pour l’utilisation de son image, sa voix et son nom.

Qu’est-ce que ce décret va changer pour les clubs ?

Les clubs peuvent, depuis le 1er mars 2017, avoir des contrats de partenariat commercial avec leurs joueurs et coaches. Concrètement pour résumer, le décret du 1er août 2018 va permettre aux clubs de générer des revenus supplémentaires grâce aux droits à l’image. Autrement dit, c’est le Ministère des Sports (l’Etat donc) qui va verser des redevances aux personnes concernées. Ces revenus ne seront pas considérés comme du salaire et seront donc bien moins taxés que le salaire de base ou les revenus publicitaires.

Cela concernera tous les clubs de football professionnels. Cependant, ils ne seront éligibles uniquement si le club utilise l’image de l’un ou plusieurs joueurs et/ou coach soit pour des campagnes publicitaires (pour des publicités pour le club, des partenariats avec des marques et/ou des fondations/associations) soit pour la commercialisation de produits dérivés (des maillots aux peluches, en passant par les pins et les agendas). Dans les deux cas, cela doit être fait à titre individuel. Par exemple, une écharpe sur laquelle est écrit « ICI C’EST PARIS » n’est pas éligible puisque c’est impersonnel. Par contre, une écharpe « DANI ALVES 13 » sera éligible. Daniel Alves va donc percevoir une redevance sur la vente d’écharpes à son nom.

Quid de la compétitivité et de l’attractivité pour les « titis » et jeunes ?

A priori cela devrait aider les clubs et la Ligue 1 à devenir plus compétitifs sur le marché. C’est l’Etat français lui-même quiva subventionner la publicité et le merchandising. Cela devrait également inciter les clubs déjà éligibles à conclure plus de partenariats et faire découvrir le sponsoring pour les nouveaux entrants. Il s’agit là, sur le papier, d’un cercle vertueux où les clubs engrangeront plus de recettes avec leurs produits dérivés. Il s’agit également d’une opportunité pour attirer de nouveaux sponsors et d’améliorer leur image de marque. Quelle que soit la hauteur de cette rémunération – que l’on imagine naturellement en pourcentage de chiffre d’affaires –, il va de soi que cela va inciter des jeunes joueurs à signer et rester dans leurs clubs formateurs. Pour la simple et bonne raison que, comme dit précédemment, ces redevances seront à priori bien moins taxées que les revenus classiques. Cela va permettre aux clubs et joueurs plus modestes de jouir également de revenus liés à la publicité.

Dans le cadre du Paris Saint-Germain, outre les contrats de sponsoring colossaux que possèdent des joueurs comme Neymar Jr, les jeunes du centre de formation pourront profiter de l’image de leur club. La récente collaboration avec Jordan– dont le contrat pourrait potentiellement rapporter plus de 200 millions d’euros par an, avec le cumul des produits Nike (source : AFP) pourrait encourager des investisseurs étrangers à venir déposer leur marque sur notre territoire.

Loukman