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[Article Paris U] L’UEFA sous contrôle.

L’UEFA sous contrôle

Au lendemain de la fin du marché des transferts et du mercato parisien pharaonique, l’UEFA n’a pas attendu pour dégainer. L’instance européenne a annoncé immédiatement qu’une enquête allait être ouverte sur les moyens utilisés par le PSG pour se renforcer. Ce à quoi le club de la capitale a immédiatement réagi par le biais d’un communiqué, rappelant « qu’il a toujours opéré en toute transparence avec les instances européennes du football, avec lesquelles il a développé depuis six ans des relations de confiance, prouvant son plus grand respect pour l’Institution. »

En réalité, l’UEFA et son nouveau président, Aleksander Ceferin, se voyait obligé de réagir pour une question d’image. Il fallait calmer le public, et garder la face devant de telles montants. Quand un club dépense autant d’argent en un seul mercato, l’anomalie aurait été de ne pas réagir, du côté de l’UEFA, qui menace : « nous n’aurons pas peur de punir », quand on leur demande s’ils auront le cran de sanctionner le PSG. Il ne faut jamais perdre de vue que le dossier est éminemment politique – le PSG dispose de soutiens extrêmement influents, même si une source de l’UEFA disait ce matin dans une interview accordée au journal Le Monde que « la crédibilité du système est en jeu. Il faut que justice soit rendue sans qu’on attende deux ans. Il faut sauver la crédibilité de la Ligue des champions et on ne peut pas laisser le PSG faire deux saisons tranquillement », reniant donc les principes du FPF puisque Paris devait être auditionné en octobre 2018.

Le Barça montre les muscles

En réalité, nous pouvons vous affirmer que le principal protagoniste de l’enquête actuelle se nomme le FC Barcelone. Mécontent de s’être fait souffler Neymar sans négociations usuelles dans les transferts, le président catalan, Josep Maria Bartomeu, vit un été cauchemardesque puisqu’il fait actuellement l’objet d’une motion de censure. Le Barça a même proposé 180M d’euros à l’AS Monaco le 30 aout, tenant l’opération dans le plus grand secret. Sauf que Mbappé et sa famille, comme nous l’écrivions samedi sur Paris United, n’ont jamais cédé quant à leur choix de venir au Paris Saint-Germain, devenue la cible numéro 1 du club barcelonais. Contrairement aux rumeurs, et même si la non arrivée de l’attaquant français au Real gêne Florentino Perez, le Real Madrid n’a jamais demandé de sanction, ni d’enquête à l’UEFA. Le président du club merengue est même ami avec Nasser Al-Khelaifi, même si De Gaulle rétorquerait que ce genre de grande institution ne possède avant tout que des intérêts.

Si Paris a conclu un prêt avec option d’achat avec l’AS Monaco, c’est pour amortir le transfert sur six ans et non cinq. Les 145 millions (auxquels s’ajoutent 35M de bonus) seront payables en deux ans, ce qui arrange l’ASM, qui n’aura pas besoin de vendre nécessairement pour équilibrer ses comptes. En coulisses, les dirigeants parisiens expliquent qu’ils seront dans les clous du Fair-Play Financier, mais ne cachent pas le fait que l’UEFA veut à tout prix faire un exemple. Le club de la capitale ne sera pas exclu de la coupe d’Europe.  Une déduction de points en Ligue des Champions ou une restriction sur la liste de 25 joueurs est le plus probable à l’heure actuelle.

Vers une nouvelle réforme du FPF

Vu que Paris est dans son droit et devrait être en conformité, les dirigeants parisiens ne se laisseront pas faire comme en 2014 quand ils avaient signé un accord de sanction avec l’UEFA, notamment car le Qatar ne souhaitait pas salir son image. Les avocats du PSG sont désormais prêts à attaquer le Fair-Play Financier devant la commission européenne pour prouver son illégalité, si d’aventure Paris était sanctionné pour des raisons arbitraires. Même si, là aussi, l’UEFA sait que si Paris a gain de cause devant les tribunaux, il y aura un délai de latence avant que le cas soit statué. Ce qui est un avantage pour elle. Conscient néanmoins de ses carences, et instrumentalisé par les puissances du G14, l’UEFA planche dès à présent sur une nouvelle réforme du FPF (à base de salary cap notamment), qui viserait à garantir l’hégémonie des grands clubs historiques.

Dans les prochaines semaines/mois, toutes les équipes du PSG seront sur le pied de guerre pour augmenter les recettes du club (Paris prévoit une augmentation de 20 à 40% supplémentaires sur l’ensemble des leviers dont il dispose). Le club de la capitale vise notamment l’Indonésie, et est en négociations avancées avec Reliance pour l’Inde. De nombreux contrats de sponsoring régional sont à prévoir, outre la revalorisation du contrat Nike et du sponsor principal. Le prix des loges va également augmenter la saison prochaine, et les recettes billetterie du club devraient dépasser la barre des 100M d’euros. 

Alex C.