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Pochettino, Une communication très floue

Les conférences de presse, ce n’est pas qu’expliquer le match, c’est également s’adresser aux supporters et renvoyer une image du club. Celles de Mauricio Pochettino deviennent de plus en plus en voie de Tuchelisation.

La conférence de presse, c’est un exercice compliqué, périlleux, mais important et indispensable. Avant d’aller plus loin, évidemment que les questions posées donnent le ton des réponses. Mais c’est aussi un exercice qui sert à faire passer des messages.

Lors des premiers mois de Thomas Tuchel, les conférences de presse sentaient le football. Ça y parlait jeu, concurrence, stratégie, vision du foot. Puis, après l’élimination face à United en 2019, premier changement : l’entraineur parisien était devenu agressif, peu enclin à parler jeu.

Deuxième changement, un peu après l’arrivée de Leonardo. Thomas Tuchel s’est mis en mode rébellion. À chacune de ses interventions, il y avait une attaque envers le club, le recrutement, les prolongations de contrats. Ça sentait la fin dans une sorte de « lui ou moi (Leonardo) ».

Avec Pochettino, changement de ton. Dès le début, il a été dans la langue de bois, tout en expliquant qu’il faudrait le juger dans six mois, que le PSG ne pouvait pas seulement gagner mais qu’il devait aussi proposer du jeu. Six mois plus tard, on est toujours dans la langue de bois, mais avec une évolution : le PSG doit juste gagner, peu importe le contenu.

En changeant de discours, l’entraineur argentin acte qu’il n’y a ni jeu, ni contenu et que seule la victoire compte. Le problème, c’est que le reste de son message est illisible. Depuis septembre, il répète qu’il faut du temps alors qu’il est là depuis onze mois. Il déclare que l’équipe progresse alors qu’on ne voir rien, qu’elle court de moins en moins et que certains joueurs sont de plus en plus perdus.

En conférence de presse, on s’adresse aux journalistes mais, à travers eux, c’est aux supporters du club qu’on parle. Quand, après la défaite à City 2-1, il explique qu’il est content de la seconde période, que ce qu’il voulait voir dans un grand match, on se demande s’il se moque des supporters. Quand, après Nice, il dit que Paris méritait de l’emporter, on se pince pour y croire.

Mais la déclaration la plus lunaire, c’est sur Messi. À la question, « qu’avez-vous pensé du match de Messi ? », il a répondu :  » Avec mon œil, c’est un joueur qui a gagné 7 ballons d’or et c’est toujours un plaisir de le voir jouer ».

Mourir avec ses idées ou mourir tout court ?

Évidemment, on ne demande pas à Pochettino de dire que ses joueurs sont nuls ou que Messi est une arnaque. Mais aujourd’hui, et contrairement aux années 80 ou 90, tous les matchs sont diffusés et on ne peut plus mentir aux gens. Dire, je ne suis pas satisfait du contenu, est-ce un drame ? Dire j’attends plus de mes joueurs dans l’utilisation du ballon, est-ce un drame ? Dire, je veux plus d’intensité dans le contre-pressing, est-ce un drame ?

Dans ses non-réponses, on retrouve une partie de Tuchel sur la forme. On a l’impression d’un entraineur qui a abandonné, qui laisse le temps s’écouler en attendant un licenciement. Expliquer, dans certains entretiens, qu’il est compliqué de ne pas aligner tel ou tel ou joueur, qu’on doit s’adapter à la mentalité des joueurs (en comparaison à Tottenham par exemple), l’entraineur admet ne pas être maitre de ses décisions.

Aujourd’hui, on nous explique sans cesse qu’il ne faut pas se mettre les joueurs à dos, qu’il faut faire sans cesse de la politique. Pourquoi pas. Le problème, c’est que quand les joueurs vont le lâcher parce qu’ils en auront marre, ou que le club va le licencier pour manque de résultat, comment l’expliquera-t-il ?

Être entraineur de haut niveau, c’est prendre des décisions. Les joueurs sont comme des enfants, ils vous testent. Vous ne courez pas mais vous restez sur le terrain quatre-vingt-dix minutes ? Pourquoi vous mettre à courir ? Parfois, il vaut mieux prendre une décision forte, que ça pète un bon coup, mais que la prise de conscience arrive. Et si elle n’arrive, l’issue sera finalement la même : le licenciement. Mourir avec ses idées ou mourir tout court, à Pochettino de décider.

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