à la uneActualités du ClubArticleDirigeants & StaffL'équipeLe ClubLe mercatoLes recrues

Pochettino, le bon choix ?

Mauricio Pochettino devrait être le prochain entraineur du PSG. Ancien joueur du club, il a remis Tottenham dans le big four anglais et a atteint la finale de la Ligue des champions en 2019 avec les Spurs.

Sauf improbable retournement de situation, c’est Mauricio Pochettino qui devrait succéder à Thomas Tuchel sur le banc du PSG. Un parcours d’entraineur débuté à l’Espanyol Barcelone en 2009, un passage par Southampton puis Tottenham pour arriver au PSG.

Un changement de coach, c’est toujours une inconnue. Mais quand ça arrive en cours de saison, ça l’est encore plus. Comme dans un couple, quand on se sépare, on sait ce qu’on quitte mais on n’a aucune certitude sur ce qu’on va vivre après.

Pourtant, Pochettino a quelques avantages. Il a joué au PSG pendant deux ans et demi, recruté par Luis Fernandez, et en a été le capitaine lors de sa dernière saison en 2002 -2003. Il connait donc la maison, même si c’était un autre PSG, avec d’autres moyens. Comme entraineur, ce n’est pas un novice comme aurait pu l’être Thiago Motta et il a quand même atteint la finale de la Ligue des champions en 2019 avec Tottenham.

Un disciple de Bielsa

Dans le jeu, il s’inspire beaucoup de ce que fait Bielsa, comme Simeone, Guardiola ou Luis Enrique, mais avec un côté plus réfléchi, moins extrémiste que l’entraineur de Leeds. Il aime que ses équipes repartent de derrière, construisent intelligemment leurs attaques, mais il aime aussi le pressing (ou contre-pressing), l’intensité et les attaques rapides.

Au quotidien, c’est un entraineur exigeant, qui aime avoir beaucoup d’intensité pendant les séances, mais il est aussi très porté sur l’humain, n’hésitant pas à se renseigner sur l’homme autant que le joueur.

À l’Espanyol, il a laissé un excellent souvenir et a réussi de belles choses malgré un effectif limité. À Southampton aussi, où l’équipe pratiquait un très beau football et c’est d’ailleurs grâce à ses résultats et son style de jeu que Tottenham va l’engager.

À Londres, alors que les Spurs n’avaient atteint le Top 4 que deux fois en 22 ans, il va les amener en Ligue des champions quatre fois en cinq ans, n’hésitant pas à lancer des jeunes comme Harry Kane. Malgré son éviction l’année suivant la finale de la C1, il va laisser de très bons souvenirs au public et à ses joueurs.

Hugo Lloris disait qu’il « amenait l’équipe à ne pas avoir peur de l’adversaire, mais aussi à avoir le ballon, contrôler le match, mettre de l’intensité ». Schneiderlin ajoutait qu’il « aime voir son équipe récupérer le ballon très haut. C’est donc souvent un attaquant qui déclenche le pressing ». L’argentin est également un mordu de travail tactique, à en croire les déclarations de Lallana qui expliquait qu’il « faisait beaucoup de travail tactique. Comment se placer quand l’adversaire joue court ? Qui fait quoi ? Que font les milieux, quels défenseurs coulissent ? ». Ce travail ne se limite pas au terrain pur, puisque d’après Harry Kane, « Pocchetino aime tout filmer. Il veut de l’intensité, de la profondeur. Si quelque chose ne va pas, il n’hésite pas à te le montrer à la vidéo ».

Place au terrain

Tout cela, c’est de la théorie, ou en tout cas ce qu’il faisait dans ses clubs précédents. Sera-t-il capable d’imposer la même chose au PSG ? C’est la vraie question. Combien d’entraineurs sont arrivés au club avec des convictions, des idées, un parcours intéressant, et se sont finalement cassé les dents devant la géopolitique du vestiaire ?

L’ancien entraîneur des Spurs a un avantage sur l’allemand, il n’est pas homme de conflit. Il a connu, avec le Président Levy, un dirigeant qui décide de qui signe, qui joue, qui prolonge. Il s’en est accommodé sans aller au conflit. Il travaille avec les joueurs qu’il a à disposition sans se plaindre de ne pas avoir été écouté pour recruter tel ou tel joueur.

Pochettino va devoir aller au bout de ses idées, de son attitude, ne pas se renier devant le vestiaire, pour ne pas finir comme Emery ou Tuchel qui n’ont finalement jamais été eux-mêmes. Pour cela, il va falloir aussi que les dirigeants soutiennent enfin leur coach devant les joueurs, que ces derniers comprennent qu’avec les salaires qui leur sont versés, ils ont des devoirs envers le club et les supporters.

L’argentin devrait venir avec son staff. Comme l’explique Antonin Deslandes (rédacteur en chef de caviar magazine) sur Twitter, Jesus Perez devrait accompagner l’argentin. Dans les clubs précédents, il centralisait toutes les informations des départements techniques (analyse vidéo, médical…). Avec lui, Miguel D’Agostino, ancien partenaire du Pocchetino à Newell’s, qui préparait jusqu’alors l’analyse des adversaires. Toni Jimenez devrait aussi rejoindre la capitale en tant qu’entraineur des gardiens. Mais l’ancien entraineur de Tottenham avait aussi élargi son champ d’action en lui donnant des responsabilités sur le centre de formation. Ces quatre personnes travaillent en harmonie et ont réussi un vrai ensemble fiable, droit et compétent.

Si on se laissait aller, on irait jusqu’à dire que c’est la dernière chance. La dernière chance de montrer aux joueurs qu’ils ne font pas ce qu’ils veulent. La dernière chance de montrer que le patron, celui qui décide de qui joue, qui est remplacé en cours de match, c’est le coach. La dernière chance de franchir une étape dans la construction du club et son rêve de sommet.

Comme d’habitude, l’argentin ne va pas avoir six mois pour montrer ce qu’il vaut. Chaque match sera un test, un défi, parce que tout le monde jugera, comparera, à commencer par un explosif PSG–Barça, dans moins de deux mois, en huitième de finale de Ligue des champions. Même si l’exemple de Klopp, qui a galéré six mois à Liverpool avant d’en faire une machine qui a remporté la Ligue des champions 2019, doit amener de la mesure, celle-ci n’existe pas au PSG, malheureusement. Alors, au boulot.

Crédit photos: leparisien.fr, mercatofootanglais.com

Paris United

GRATUIT
VOIR