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Outre-Manche, Paris a impressionné

Entre retour sur terre et admiration pour le niveau de jeu affiché par le Paris Saint-Germain, la presse anglaise a froidement disséqué le retard qui sépare encore Manchester United du top niveau européen. Ce match aller fut également une nouvelle occasion pour les observateurs britanniques de s’émerveiller du talent de Kylian Mbappé.

 

« A mountain to climb »

« Reality check », voilà l’expression qui revenait le plus souvent sur les sites des médias anglais dès le coup de sifflet final de ce huitième de finale aller entre Manchester United et le Paris SG. Le Guardian titre sur un PSG simplement « trop bon » qui « a même eu les occasions pour gagner de façon encore plus convaincante ». Imité par The Telegraph qui place lui aussi d’emblée l’équipe parisienne dans « une classe supérieure », et qui rappelle que le club mancunien « revient de loin » après presque six ans passés à « nommer les mauvais entraîneurs et à acheter souvent les mauvais joueurs ».

Le Daily Mail invite lui d’ores et déjà les supporters des Red Devils à « regarder ailleurs », rappelant « qu’aucune équipe dans l’histoire de la compétition n’a pu franchir un tour après avoir concédé une défaite par au moins deux buts » à domicile. Et la performance de l’équipe locale hier soir n’est pas de nature à inciter à l’optimisme : « décrire la performance de United par un 6 sur 10 serait généreux » assène le journaliste du Guardian.

Un constat d’échec dans lequel « le plus alarmant pour Solskjear est le manque de créativité de United ». En repoussant sans grande difficulté les assauts mancunien, jusqu’à mettre Buffon au chômage technique, le match « a ressemblé à une formalité pour une équipe du PSG dominatrice même en l’absence de Neymar et Cavani » lit-on encore. Au point de se demander si « les joueurs du leader de Ligue 1 ne se sont pas sentis offensés par l’affirmation selon laquelle (leurs absences) seraient un obstacle écrasant. »

 

Di María et Mbappé encensés

Le ton est bien plus positif quand les analystes évoquent les performances individuelles des joueurs parisiens. The Telegraph met ainsi en lumière le match de « Dani Alves qui a apporté toute son expérience pour contrôler la partie. Marco Verratti a dicté sa loi au milieu jusqu’à son remplacement en fin de match. Marquinhos a éteint la menace Pogba. » Avant de conclure en référence à une phrase de Patrice Evra restée célèbre : « c’est le football de Champions League joué par des adultes et, quand ils ont accompli leur part du travail, il y a encore l’incroyable vitesse de Mbappé. »

Le jeune attaquant français et Angel di Maria ont en effet particulièrement impressionné nos voisins anglais. L’Argentin, qui obtient de façon quasi-unanime la note de 8 sur 10, et « qui fut en son temps le transfert record de United » a étonné par sa réaction face au traitement qui lui a été réservé par les supporters de Manchester United et par certains de ses anciens coéquipiers. « Plus il a été sifflé, mieux il a joué » relève le Telegraph alors que Miguel Delaney note dans l’Independent que la charge de Young sur el Fideo pourrait bien avoir eu l’effet inverse de celui escompté « car même s’il est une âme sensible, vous ne pouvez pousser une personnalité que jusqu’à un certain point. Particulièrement lorsque cette personnalité a réussi dans une culture du football aussi macho (sic) que celle de l’Argentine. »

Mbappé est lui placé sur un piédestal. Dans le Guardian, où on le crédite d’un 9 sur 10, sa vitesse fascine au point qu’il y est décrit comme une sorte d’extraterrestre qui « semble avoir une sorte d’appareil de téléportation dans ses chaussettes, une relation supérieure au temps et à l’espace qui vient de sa coordination parfaite et de son élasticité peu commune. » Pour le Telegraph, il est, tout comme Messi, dans la catégorie des joueurs qui « font exploser votre vision de ce qui est possible de faire sur un terrain ». Et le journaliste de conclure: « quand Mbappé commence à courir, il ira toujours plus vite sur le terrain que ce à quoi vous vous attendiez. Peu importe combien de fois vous l’aviez vu avant. »

 

Lawrence Elvidge